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le PIFFF 2011, compte-rendu (1ere partie)

posté le 28/11/2011 FredP

VoilĂ , le Paris International Fantastic Film Festival (mais on prĂ©fère l’appeler par son petit nom : PIFFF) vient de prendre fin. L’heure est donc au bilan. Sur les 14 films prĂ©sentĂ©s, nous en avons vu 10. Voici donc dans une première partie, notre ressenti sur : Malveillance, A Lonely Place to Die, Extraterrestre, Retreat et  The Dead.

Pour ouvrir ce premier PIFFF, les présentations du jury étaient indispensable. Ce sont donc Christophe Gans, Jaume Balaguero, Roger Avary et Lucile Hadzihalilovic qui auront la lourde tâche de désigner le film qui remportera le prix. Et la programmation annonce du lourd.

Après le court-mĂ©trage choc de Julien Mokrani, Welcome to Hoxford, d’après le graphic novel de Ben Templesmith (30 Jours de Nuit) et la nouvelle bande-annonce attendue de [REC]3 (qui s’annonce donc particulièrement dingue), le festival s’ouvre donc sur le nouveau film de Jaume Balaguero Ă  qui l’on doit dĂ©jĂ  La Secte sans Nom, Darkness ou encore les [REC] avec son compère Paco Plaza.

Malveillance affiche

Malveillance raconte donc l’histoire d’un concierge malheureux qui ne trouve rien d’autre pour s’occuper et retrouver le sourire que d’aller visiter les appartements des locataires. Il s’attache en particulier Ă  gâcher la vie d’une jeune femme, toujours joyeuse, Ă  son insu. Avec une rĂ©alisation somme toute classique mais classieuse, Balaguero arrive ici, malgrĂ© quelque longueurs, Ă  dĂ©velopper une ambiance qui se rĂ©vèle de plus en plus malsaine. Et si le jeu est au dĂ©part amusant, on se prend malgrĂ© tout d’affection pour ce gardien malheureux, mĂŞme si il est capable des pires atrocitĂ©.
En cela, le film repose beaucoup sur la performance impressionnante de Luis Tosar (dĂ©couvert chez nous dans le très efficace Cell 211), impeccable dans l’horreur comme dans le pathĂ©tique de son personnage. Encore une fois, Balaguero montre avec Malveillance qu’il est bien l’un des chefs de file du nouveau cinĂ©ma espagnol, qui ne sacrifie jamais le fond sur l’horreur et ne privilĂ©gie jamais le gore au dĂ©triment du suspens. Un chose est sĂ»re, après ça, on ne regarde plus son gardien d’immeuble du mĂŞme Ĺ“il. Le film est Ă  dĂ©couvrir en salles le 28 dĂ©cembre.

Premier film de la compĂ©tition du festival, A Lonely Place to Die Ă©tait plutĂ´t attendu, surtout après les premiers Ă©chos venant d’autres festivals Ă©trangers. Mais si le film commence sous les meilleurs auspices comme un survival bien troussĂ©, il se rĂ©vèle vite profondĂ©ment maladroit. En effet, filmĂ© dans les highlands Ă©cossais, A Lonely Place to Die nous offre des paysages de toute beautĂ© très vite contrebalancĂ©s par une violence choc et des coups rudes.
Mais rapidement, l’identitĂ© et le but des ennemis est rĂ©vĂ©lĂ©, Ă©vacuant toute trace de suspens et de mystère propre au genre. A lĂ  place nous aurons droit Ă  une banale histoire de kidnapping qui se termine de manière trop prĂ©visible et forçant trop sur les ralentis. On retiendra donc tout de mĂŞme un bon sens du rythme et surtout une Melissa George qui n’a aucun mal Ă  porter le film sur ses Ă©paules. A noter que le film sortira en salles sous le titre de Poursuite Mortelle.

Pour le 3e jour, 2 films nous attendent et c’est avec Extraterrestre de Nacho Vigalondo que nous commençons. Alors que nous n’attendions rien de particulier de cette comĂ©die romantique de SF, c’est un bon moment que nous avons passĂ©. Julio se rĂ©veille chez Julia et, alors que la ville est dĂ©serte après l’apparition d’une soucoupe volante, ils commencent Ă  tomber amoureux. Entre quiproquos et situations complètement absurdes, le rĂ©alisateur tire parti des expressions des comĂ©diens pour dĂ©livrer un bon moment d’humour.
Inutile d’attendre de voir des extraterrestres qui ne sont qu’un prĂ©texte pour avoir un film est presque tournĂ© en huis-clos mais vu que les personnages sont touchants et que l’Ă©criture est bien travaillĂ©e malgrĂ© quelque longueurs, on passe un moment très agrĂ©able qui change vraiment de ce que nous offre le paysage fantastique habituel. Il n’y a plus qu’Ă  espĂ©rer qu’un distributeur accroche sur le film.

Retreat Ă©tait sans doute l’un des films que nous attendions le plus dans ce festival. Avec Cillian Murphy et Jamie Bell au casting, on Ă©tait en droit d’attendre un thriller en huis-clos bien menĂ©. Malheureusement, il y a aussi Thandie Newton dans le film et ça, c’est moins bon signe. Et dès le dĂ©part, on sent pointer la dĂ©ception. Les clichĂ©s s’empilent (le couple qui a des problèmes pour s’entendre … et qui va se rabibocher pendant le film, l’Ă©crivain qui a besoin de s’isoler sur une Ă®le pour trouver l’inspiration…), le film traine en longueur avec quelques rĂ©vĂ©lations qui ne font pas effet et sĂ©quences de suspens sans tension car dĂ©jĂ  vues mille fois dans le genre.
Ce qui sauve le film de la dĂ©bâcle totale c’est le jusqu’au boutisme du rĂ©alisateur qui n’Ă©pargnera finalement personne (heureusement !) et le jeu de Jamie Bell qui impressionne, mĂŞme s’il peut en faire un peu trop, par son intensitĂ© et son ambiguĂŻtĂ©. Si vous avez le courage, le film est sera Ă  dĂ©couvrir en direct-to-video en janvier

The Dead c’Ă©tait le film qui Ă©tait sensĂ© nous rabibocher avec les zombies. Il faut le dire, ça fait 10 ans qu’ils subissent le mĂŞme mauvais traitement qu’Indy dans Indiana Jones 4. Les frères Ford, rĂ©alisateurs de The Dead, transportent donc le genre au-delĂ  de ses frontières habituelles en plantant leur fabuleux dĂ©cor en Afrique et en faisant l’impasse sur pas mal de codes du zombie, les deux Ă©tant usĂ©s jusqu’Ă  la moelle.
De plus, imaginez Terrence Malick ou Sergio Leone nous narrer le pĂ©riple très Lawrence d’Arabie d’un ingĂ©nieur amĂ©ricain perdu, qui devra traverser dĂ©serts et contrĂ©es hostiles au cĂ´tĂ© d’un soldat africain recherchant son fils. Si le dĂ©roulement de l’histoire n’est pas rĂ©volutionnaire, la  rĂ©alisation est quant Ă  elle Ă©poustouflante : des dĂ©cors sublimes, des couleurs chaudes et morbides, une bande-son envoĂ»tante, une camĂ©ra très inspirĂ©e… Peut-ĂŞtre trop inspirĂ©e d’ailleurs. Le rĂ©sultat est assez long, voire ennuyeux et le parti-pris de la mise en scène fait qu’il n’y aura pas trop de rebondissements dans ce The Dead, pourtant excellent au niveau atmosphĂ©rique.

A suivre : The Innkeepers, The Ward, Cassadaga, 4:44 Last Day on Earth et Detention.

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