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Ready Player One, Spielberg toujours le patron du divertissement

posté le 23/03/2018

Tout juste 2 mois après la sortie de l’excellent Pentagon Papers, Steven Spielberg revient avec Ready Player One. L’occasion de rappeler Ă  tout le monde qui est le patron de l’entertainement avec un film fou mais aussi très personnel. Attention, attendez-vous Ă  vous perdre dans l’Oasis !

Cela fait dĂ©jĂ  7 ans que Steven Spielberg n’Ă©tait pas revenu sur le terrain de l’aventure. En effet, il s’est dĂ©jĂ  Ă©coulĂ© du temps depuis son adaptation de Tintin et son immersion dans le cinĂ©ma virtuel. Il Ă©tait donc temps pour le rĂŞveur qui nous a surtout abreuvĂ© ces derniers temps de films plus sĂ©rieux (Cheval de Guerre, Lincoln, le Pont des Espions, Pentagon Papers et mĂŞme le Bon Gros GĂ©ant qui est un conte relativement mĂ©lancolique) de revenir dans le jeu du divertissement et de remettre les pendules Ă  l’heure.

Et c’est Ready Player One d’Ernest Cline qu’il choisit d’adapter. Un choix audacieux puisque le roman est surtout une histoire servant de prĂ©texte Ă  son auteur pour aligner les rĂ©fĂ©rences geek jusqu’au plus obscures. Un trop plein parfois indigeste pour une histoire prenante mais nĂ©anmoins superficielle.

Une aventure plus grande que la réalité

Steven Spielberg voit tout de mĂŞme dans le roman de quoi faire pour en faire un film personnel et une grande aventure ne reposant pas seulement sur les bases de la pop-culture mais dĂ©livrant de manière aussi ludique que subtile et touchante un message sur l’aventure de la rĂ©alitĂ©.

 

Dans la sociĂ©tĂ© de 2045, les classes moyennes vivent dans des taudis et tout le monde se rĂ©fugie dans un monde virtuel, l’Oasis. A la mort de son fondateur, une immense chasse au trĂ©sor est lancĂ©e et celui qui trouvera l’œuf de pâques sera alors son hĂ©ritier. Après plusieurs annĂ©es sans avancĂ©e dans la quĂŞte, celle-ci reprend quand Parzival rĂ©ussi Ă  trouver la première clĂ©. Poursuivi par la sociĂ©tĂ© concurrente, le voilĂ  embarquĂ© dans une aventure virtuelle qui ne sera pas sans impact sur sa vie rĂ©elle.

Steven Spielberg le créateur qui transmet

Une aventure qui permet Ă  Spielberg de mĂŞler le rĂ©el et le virtuel tout en revisitant un genre de cinĂ©ma qu’il a presque imposĂ© malgrĂ© lui. Mais surtout de parler des diffĂ©rentes facette de sa personnalitĂ© et de sa carrière.

A travers la figure de Halliday, le crĂ©ateur de l’Oasis (avec son avatar Mark Rylance qui Ă©tait dĂ©jĂ  le portrait de Spielberg dans le Pont des Espions et le BGG), il montre son point de vue et sa pensĂ©e actuelle. Nous avons ici le coeur du film, Ă  savoir un retour du maĂ®tre sur sa crĂ©ation et sur l’apprentissage qu’il a fait de la vie, les erreurs qu’il regrette et dont il veut faire part, en guise d’avertissement, Ă  la nouvelle gĂ©nĂ©ration.

A cette nouvelle gĂ©nĂ©ration, il transmet aussi de nouvelles rĂ©fĂ©rences. Pas seulement celles du livre, mais les siennes, celles qui ont construit son cinĂ©ma. Ce n’est pas un hasard si le dĂ©fi central sera une Ă©tonnante revisite de Kubrick avec une audace particulière.

Mais de manière gĂ©nĂ©rale, Ă  travers ces yeux, les diffĂ©rentes rĂ©fĂ©rences passĂ©es du film deviennent donc superficielles (d’ailleurs au dĂ©but du film lorsque l’un des personnages dĂ©crit la moto du film Akira, le hĂ©ros lui dit clairement d’oublier la moto mais plutĂ´t de prĂŞter attention Ă  qui la conduit). Le rĂ©alisateur montre avec humilitĂ© qu’il vaut mieux les balayer pour se concentrer sur l’essentiel, la vie rĂ©elle et les personnes auxquelles on tient. Une leçon que Parzival va apprendre dans une aventure hors du commun.

Steven Spielberg l’aventurier qui s’Ă©clate

Et Ă  travers Parzival (Tye Sheridan, portrait crachĂ© du rĂ©alisateur jeune), c’est justement l’autre facette de Spielberg qui transparait. Celle d’un jeune homme embarquĂ© dans cette aventure incroyable, enfant perdu typique du cinĂ©ma Spielbergien qui va se crĂ©er une nouvelle famille et qui souhaite partager cela avec un entrain irrĂ©pressible.

En le suivant dans l’Oasis, Spielberg s’engouffre dans une rĂ©alisation qui mĂŞle adroitement rĂ©el et virtuel avec une virtuositĂ© qui a de quoi nous scotcher Ă  notre fauteuil. Il n’y a qu’Ă  voir la première Ă©preuve de la course automobile pour se rendre compte Ă  quel point Spielberg maitrise l’action de manière lisible et percutante. Un morceau de bravoure dingue qui donne le ton et nous plonge dans un rythme effrĂ©nĂ© pendant 2h20 avec poursuites, espionnage et grande bataille avec l’appui d’effets visuels bluffant qui rendent l’univers visuellement incroyable et bien plus crĂ©atif que les rĂŞves de Christopher Nolan, bref, une somme de genres revisitĂ©s avec une fluiditĂ© dĂ©sarmante.

Spielberg Player One

Ready Player One est donc un film somme, d’une simplicitĂ© enfantine, d’une fouge adolescente folle, d’une maĂ®trise adulte impeccable et d’une maturitĂ© naturelle au propos bien plus riche qu’il n’y parait. Car le rĂ©alisateur, en plus de ses enfants sans perdus, de son action trĂ©pident et de son crĂ©ateur qui a dĂ©pensĂ© sans compter pour son Oasis n’oublie pas sa charge contre le capitalisme Ă  tout va et qui se sert d’une fausse nostalgie pour rameuter les foules (coucou le système hollywoodien actuel).

Si il y a par contre un petit dĂ©faut, ce serait celui de l’Ă©motion, parfois lĂ©gèrement superficielle Ă  la fin et en mĂŞme temps pas assez prĂ©sente, la faute Ă  des situations qui font courir les personnages attachants (le casting est impeccable) sans s’y pencher pleinement. Et malgrĂ© la partition d’un Alan Silverstri en pleine forme, la larme ne coulera pas.

Mais ce n’est toutefois pas ça qui nous empĂŞchera d’apprĂ©cier le spectacle Ă©norme qui nous est offert par Spielberg qui reste dĂ©finitivement l’entertainer d’Hollywood number 1.

 

 

 

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