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Culte du dimanche : Trainspotting

posté le 20/02/2011 FredP

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Alors que Danny Boyle sort cette semaine un 127 Heures hallucinĂ© et coup de point, retour sur le film qui a lancĂ© sa carrière mais a aussi dynamitĂ© le cinĂ© british au milieu des 90′s : Trainspotting.

Après un bon succès d’estime pour son premier film Petits Meurtres entre Amis, Danny Boyle et son scĂ©nariste John Hodge s’attaquent Ă  l’adaptation du livre d’Irvine Welsh, Trainspotting. Ici, plus de problèmes de collocation mais une dĂ©monstration des dĂ©rives des addictions (drogues bien sĂ»r mais aussi la violence) sur la jeunesse anglaise. Trainspotting est le cĹ“ur mĂŞme de la trilogie Bag of Money (dĂ©butĂ©e avec Petits meutres … et terminĂ©e avec Une vie moins ordinaire … bien que Millions puisse Ă©galement en faire partie) dont le sujet est justement le manque d’argent de jeunes anglais dĂ©sorientĂ©s.

Normal de traiter d’un tel sujet lorsque, dans les annĂ©es 90, l’Angleterre sort d’une pĂ©riode difficile et voit enfin la jeunesse qu’elle a sacrifiĂ©, livrĂ©e Ă  elle-mĂŞme. Dans Trainspotting, le seul refuge des jeunes est donc l’hĂ©roĂŻne, seul moyen qui leur permet de vivre, de ressentir quelque chose. trainspotting ewan mcgregorFace Ă  une vie d’adulte toute tracĂ©e et frustrante ennuyeuse Ă  souhait, ils prĂ©fèrent se faire plusieurs fix dans la journĂ©e. Mais il ne faut pas croire cependant que le film soit une apologie de la drogue. Au contraire, mĂŞme si le discours du film n’est pas de la dĂ©noncer pleinement, elle n’est pas saluĂ©e et on en voit mĂŞme clairement les travers. C’est pour justement dĂ©dramatiser les ravages crĂ©Ă©s sur la jeunesse que Danny Boyle utilise l’humour noir et un style dĂ©complexĂ©.

En effet, alors qu’on le compare souvent avec Requiem for a Dream arrivĂ© 5 ans plus tard, le rĂ©alisateur ne fait pas de son film un film choc sur les ravages de la drogue. Il ne fait qu’illustrer avec dĂ©tachement l’autodestruction de la jeunesse anglaise avec un style coup de poing mais sans s’apitoyer sur son sort. trainspotting ewan mcgregorSon style, Danny Boyle commence d’ailleurs Ă  le mettre en place dans Trainspotting, avec quelques sĂ©quences clipesques et un travail sur le son et le cadre bien foutu et qui vont s’amplifier dans ses films suivants. Ce travail sur le son, c’est aussi l’utilisation d’une bande-originale qui a marquĂ© les spectateurs bousculĂ©s entre technos, classique et punk, rock et atmosphĂ©rique (Lou Reed, Iggy Pop, Brian Eno, …). A noter Ă©galement un paquet de rĂ©fĂ©rences Ă  la culture british comme les Beatles (la mère supĂ©rieure) ou Orange MĂ©canique (le bar).

PrĂ©sentĂ© hors-compĂ©tition lors du festival de Cannes, le film rencontra un grand succès critique mais aussi public. En Angleterre, le film est devenu un vĂ©ritable phĂ©nomène et mĂŞme le film d’une gĂ©nĂ©ration qui s’y est complètement identifiĂ©. Le film a mĂŞme très bien fonctionnĂ© aux Etats-Unis avec un peu plus de 16 millions dollars de recettes, ce qui est assez exceptionnels pour les films Ă©trangers chez l’Oncle Sam Ă  l’Ă©poque. trainspotting bandMais surtout, au delĂ  du succès et de son aura culte aujourd’hui, Trainspotting a aussi lancĂ© la carrière de toute son Ă©quipe, de Danny Boyle (oscarisĂ© 12 ans plus tard pour Slumdog Millionaire) Ă  Ewan McGregor (qui poursuivra avec des petits films europĂ©ens ou des grosses machines hollywoodiennes, de Star Wars Ă  Ghost Writer, en passant par Moulin Rouge …), sans oublier Robert Carlyle (Full Monty, 28 Semaines plus tard), Jonny Lee Miller (Eli Stone, Dexter saison 5) ou Kelly MacDonald (Boardwalk Empire). DĂ©finitivement, Trainspotting a donc bien shootĂ© le cinĂ©ma anglais dans les annĂ©es 90 et du coup, on en reprendrait bien une autre dose.

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