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Culte du dimanche : la Belle et la Bête (Disney)

posté le 16/02/2014 FredP

Avec la sortie de la nouvelle version de la Belle et la Bête par Christophe Gans, retrouvons la vision animée de Disney devenue culte et qui a confirmé la nouvelle fraicheur du studio au début des années 90.

Dans la foulée de Blanche-Neige, la Belle au Bois Dormant ou Cendrillon, le grand Walt Disney souhaitait adapter le conte de la Belle et la Bête en film d’animation. Hélas, malgré plusieurs tentatives, il n’y arrivera pas de son vivant, ce qui a laissé le champ libre à la vision de Jean Cocteau pour s’installer dans l’imaginaire du public (au moins en France). Il faudra attendre près de 60 ans après les premières idées avant de voir cette vision se concrétiser. Dans les années 80, le studio est très mal en point, avec un changement de management, une fuite des talent artistiques et les échecs successifs des sombres Rox et Roucky, Taram et le Chaudron Magique, Basil détective privé et Oliver et compagnie (période trouble formidablement racontée dans le documentaire Waking Sleeping Beauty).

Mais en 1989, le succès inespéré de la Petite Sirène avec son retour au conte de princesse plus traditionnel, redonne de l’espoir au studio qui ressort alors le projet de la Belle et la Bête des cartons. Pour l’occasion, Disney change de méthode de travail. D’une part, après avoir appris de nouvelles techniques sur Bernard et Bianca au pays des Kangourous qui voyait pour la première fois l’ordinateur se mêler aux dessins, ils vont continuer à expérimenter ce nouvel outil pour apporter plus d’ampleur au récit.
Et d’un autre côté, au lieu de partir de storyboards, les réalisateurs Gary Trousdale et Kirk Wise vont surtout partir d’un scénario finalisé pour commencer l’animation, permettant ainsi de réduire les frais de production. Et dès le début, le compositeur Alan Menken et l’auteur Howard Ashman (qui venaient de la comédie musicale de Broadway La Petite boutique des horreurs et avaient justement été récompensés sur la Petite Sirène) sont impliqués pour écrire les chansons qui animeront l’histoire et les personnages en faisant avancer le récit.

Comme tous les contes adaptés par les studios Disney, l’histoire originale sera évidemment remaniée pour faire place à un film familial, à la musique et aux bons sentiments, tout en l’ancrant dans une certaine modernité. Ainsi, sans sacrifier certains aspects sombres de l’histoire et sans verser dans le pathos ou le divertissement facile, les objets animés tenant compagnie à la bête seront un apport considérable pour l’histoire. Le duo Lumière & Big Ben amusant à la fois petits et grands est de bon conseil pour faire avancer les deux personnages principaux.
Très inspiré par les origines françaises de l’histoire
, le décor s’inspirera alors de châteaux et campagnes de nos contrées rêvées mais c’est aussi notre culture gastronomique qui sera mise à l’honneur le temps de « c’est la fête» , véritable chanson de cabaret qui ne peut qu’emporter les foules.

Il faut aussi noter que le film possède un couple de personnages forts. Contrairement aux contes précédents où la princesse n’était qu’une rêveuse et où le prince n’était qu’un objectif généralement muet, ici Belle est une jeune fille de la campagne rêveuse mais aussi cultivée, désirant découvrir le monde par la lecture et refusant le cliché de l’amour pour l’homme fort du village.
De son côté le prince transformé en bête doit apprendre à calmer ses ardeurs, à voir plus loin que le bout de son nez pour apprendre à aimer. Alors lorsque les deux se retrouvent ensemble de manière un peu forcée et se rendent compte de ce qu’ils apportent l’un à l’autre, ils nous offrent une formidable histoire d’amour intemporelle, éternelle comme le dit la chanson.

Car en plus de la beauté technique du film, de son animation fluide, de ses personnages forts, il faut aussi saluer le formidable travail d’Ashman et Menken qui enchaînent les chansons mémorables. De l’ouverture avec la chanson de Belle nous livrant dès les cinq premières minutes tous les enjeu de l’héroïne, à l’histoire éternelle en passant par la chanson de Gaston aux airs paillards et l’inoubliable fête chantonnée par Lumière, c’est une comédie musicale enlevée qui est offerte.

Le résultat sera au delà des espérances de Disney puisque même les projections du film non terminé seront accueillies avec un grand enthousiasme. Précédé d’un excellent bouche-à-oreille et d’une critique convaincue, le film sera un véritable succès qui lui permettra d’arriver tout de suite dans les grands classiques du studio. La Belle et la bête pourra même se targuer d’être le premier film d’animation du studio à postuler dans la catégorie « meilleur film»  aux Oscars en plus de repartir avec les statuettes de meilleure musique et chanson (et le Golden Globe de la meilleure comédie musicale).
Le triomphe est tel qu’une comédie musicale pour Broadway sera mise en route et connaitra un succès pendant près de 20 ans. Mais le succès du film a aussi redonné confiance aux artistes Disney qui vont enchaîner les réussites avec Aladdin et surtout le triomphal Roi Lion.

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