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Culte du dimanche : Blanche-Neige et les Sept Nains

posté le 15/04/2012 FredP

A l’heure oĂą Hollywood se met Ă  piller dans les contes de fĂ©es pour en faire des blockbusters ou des sĂ©ries tv, il Ă©tait temps de revenir aux basiques, c’est Ă  dire aux adaptations des contes par le grand Walt Disney. Retour donc sur son premier chef d’œuvre : Blanche-Neige et les Sept Nains.

Contrairement Ă  la lĂ©gende qui est toujours racontĂ©e, Blanche-Neige et les Sept Nains n’est pas le premier long-mĂ©trage d’animation. D’autres ont devancĂ© Walt Disney juste avant mais jamais avec la mĂŞme portĂ©e populaire et la mĂŞme rĂ©volution technique. Car Blanche Neige est tout de mĂŞme le premier long-mĂ©trage d’animation parlant et en couleur, deux critères qui font toute la diffĂ©rence. Mais avant d’en arriver Ă  cette rĂ©ussite, le crĂ©ateur de Mickey Mouse aura surmontĂ© bien des obstacles.

Alors qu’il souhaitait Ă  l’origine rĂ©aliser un Ă©pisode long de ses Silly Symphonies (Ă  ce titre, Walt Disney a toujours Ă©tĂ© un amoureux de la musique, ce qu’il prouvera avec Fantasia), il se tourne finalement vers le conte des frères Grimm, Blanche Neige. DĂ©sireux d’offrir au public un film innovant, il rĂ´de ses designs et ses nouvelles techniques d’animation sur la sĂ©rie musicale.
Avec une prĂ©production qui s’est Ă©talĂ©e sur 3 ans pour que tout soit parfait, il faudra ensuite un an pour animer le film et le monter. Mais le budget s’avère bientĂ´t trop serrĂ© pour terminer le film. Alors le rĂ©alisateur et son Ă©quipe vont montrer des images des travaux en cours Ă  la Bank of America pour obtenir une rallonge. Le budget initial de 250 000 dollars passe alors Ă  près de 1.5 million, soit un record pour l’Ă©poque.

Bien en a pris Ă  la banque d’avoir accordĂ© des crĂ©dits Ă  Disney puisque le rĂ©sultat Ă  l’Ă©cran est Ă©poustouflant. Blanche-Neige et les Sept Nains reprend Ă©videmment la trame du contes des frères Grimm universellement connu. Une princesse fuit sa belle-mère qui veut la tuer car elle est bien trop belle. Elle trouve alors refuge au milieu de la forĂŞt, parmi une communautĂ© de nains avant que la reine ne la retrouve pour lui donner une pomme empoisonnĂ©e.
Walt Disney reste globalement fidèle au conte
, en l’Ă©toffant tout en retirant toute rĂ©fĂ©rence Ă  la mère de Blanche-Neige et en amoindrissant le rĂ´le du chasseur. Mais il conserve tout de mĂŞme  une certaine noirceur dans son final (le film sera mĂŞme censurĂ© dans certains pays).
Surtout, il n’hĂ©site pas Ă  apporter sa marque de fabrique que l’on retrouvera ensuite dans la majoritĂ© des longs-mĂ©trages du studios. Ainsi, il importe l’idĂ©e des chansons qui agrĂ©menteront le rĂ©cit et lui donneront un supplĂ©ment de poĂ©sie mais il apporte Ă©galement un rĂ´le particulier aux personnages secondaires. En l’occurrence, il octroi une vraie personnalitĂ© aux nains et accorde une importance particulière aux animaux.

Lorsque l’on Ă©voque Blanche-Neige, il y a bien sĂ»r cette morale datĂ©e de la jeune fille attendant son prince charmant en faisant le mĂ©nage, reflet d’une Ă©poque oĂą la rĂ©volution sexuelle et la libertĂ© de la femme n’avaient pas encore raisonnĂ©, mais il y a aussi nombre de scènes inoubliables, de la poursuite dans les bois Ă  la transformation de la reine en passant par la mine des nains. MĂŞme la mort de Blanche Neige est mise en scène de manière particulièrement ingĂ©nieuse, Ă  travers les mots de la sorcière et ne montant ensuite qu’une main Ă  terre lâchant la pomme croquĂ©e.
La plupart de ces sĂ©quences sont d’ailleurs portĂ©es par des innovations techniques majeures pour le cinĂ©ma d’animation qui permettent au film de traverser les âges sans encombre. En effet, si l’on passe sur l’histoire qui peut paraitre niaise de nos jours, l’animation est tellement fluide et les dĂ©cors et personnages travaillĂ©s de telle manière que le film se regarde encore avec plaisir de nos jours.

Le rĂ©sultat devant une telle rĂ©ussite est sans appel. La première projection Ă  Hollywood sera conclue par une standing-ovation du public qui lui fera un triomphe au box-office. L’investissement est finalement bien vite rentabilisĂ© (d’autant plus via ses multiples ressorties cinĂ©ma et vidĂ©o) et les critiques qui criaient au naufrage quelques mois auparavant sont ravis.
Dans la profession, c’est aussi l’enthousiasme, si bien que ses pairs l’on rĂ©compensĂ© avec un Oscar d’honneur bien particulier. En effet, pour « Innovation indiscutable dans le domaine de la cinĂ©matographie ayant charmĂ© des millions de spectateurs et ayant ouvert au cinĂ©ma de vastes perspectives»  l’oscar qui lui sera remis est composĂ© de 8 statuettes (une grande et sept petites). La machine Disney est alors lancĂ©e et il sera alors impossible ne pas associer le nom du crĂ©ateur au film d’animation.

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