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L’Etrange Festival 2013, 2e partie

posté le 12/09/2013 FredP

Après un premier weekend qui nous a rappelĂ© pourquoi l’Etrange Festival mĂ©ritait autant son nom que sa bonne rĂ©putation, on continue la semaine de manière encore plus barrĂ©e.

Lundi c’est donc sous le signe de films complètement fous que le Festival que commençait la semaine. Le premier marquait le retour de Ben Wheatley pour la 3e annĂ©e consĂ©cutive (après Kill List et Touristes) pour prĂ©senter son English Revolution (A Field in England) qui sort directement en VOD chez nous dans les prochains jours. Le rĂ©alisateur remonte alors Ă  la guerre civile oĂą des soldats se retrouvent dans un champs, Ă  la recherche d’un trĂ©sor mais la quĂŞte tourne vite au trip hallucinogène (il faut dire que manger des champignons n’aide pas Ă  avoir l’esprit sain). Le rĂ©alisateur nous place alors dans un huis-clos en plein air et en noir et blanc complètement barrĂ©, auquel il est difficile de comprendre grand chose. En ce sens, c’est peut-ĂŞtre son film le moins accessible et pourtant il reste intĂ©ressant par l’ambiance qu’il dĂ©livre avec des images souvent assez puissantes. Avec un savoir-faire multiple, on attend bien le jour oĂą il aura un vrai budget et un script plus organisĂ©. Il pourrait alors nous offrir de grandes choses.

Le second film du lundi est Ă©galement bien secouĂ© mais pour d’autre raisons. Après une pĂ©riode plus dramatique sur les rĂ©percussions de Fukushima Le japonais Sono Sion revient Ă  un cinĂ©ma plus dĂ©jantĂ© avec Why don’t you play in Hell ? Au programme : deux clans yakusa en guerre, une gamine qui veut devenir star après avoir fait une pub pour dentifrices et un petit rĂ©alisateur amateur loser qui attend qu’un projet de film lui tombe sur la tĂŞte. A l’image d’un manga complètement fou, le rĂ©sultat est hyper gĂ©nĂ©reux, surjouĂ© Ă  tous les instants avec une violence graphique rĂ©jouissante dans son dernier acte qui nous fait aisĂ©ment pardonner les longueurs qui prĂ©cèdent pour finir en gros plaisir coupable.

Mardi, place Ă  un peu d’inconnu avec le petit film de SF Europa Report. Peu de budget, un dĂ©cors unique pour cette aventure d’une Ă©quipe d’astronautes se rendant sur Europe, le satellite de Jupiter, pour dĂ©couvrir ce qu’il se cache sous la glace. Le principe de l’histoire est plutĂ´t intĂ©ressant avec des personnages certes stĂ©rĂ©otypĂ©s mais qui font nĂ©anmoins leur job. Mais ce sont surtout les bons effets visuels qui rendent crĂ©dible cette petite histoire sans trop de prĂ©tention. Car Ă  cause de sa rĂ©alisation figĂ©e dans les codes du found footage, impossible de voir une quelconque ambition dans Europa Report et c’est dommage, surtout quand on s’entoure de comĂ©diens du calibre de Sharlto Copley. IntĂ©ressant, pas dĂ©sagrĂ©able mais assez vain.
Toujours dans l’inconnu, on pouvait poursuivre avec le documentaire de Richard Stanley, l’Autre Monde, s’intĂ©ressant aux mystères du pays cathare, Ă  savoir les sensations qui peuvent ĂŞtre ressenties Ă  MontsĂ©gur ou Bugarach. Se passant complètement de l’aspect historique des cathares pour expliquer un peu les lĂ©gendes et ne cherchant aucune donnĂ©e un tant soit peu scientifique pour nous Ă©clairer sur les rĂ©actions, le documentaire est plutĂ´t un empilement de tĂ©moignages plus flous les uns que les autres si bien qu’on a juste l’impression de voir une bande d’illuminĂ©s cherchant dĂ©sespĂ©ramment Ă  croire qu’il se passe quelque chose de surnaturel. A noter le personnage du sorcier cinglĂ© et bon pour l’asile vaut le coup d’œil Ă  lui tout seul pour les amateurs.

On attaque ensuite le mercredi avec le nouveau film de l’indien Anurag Kashyap qui, après l’excellent diptyque Gangs of Wasseypur, nous propose Ugly, un thriller plutĂ´t bien troussĂ©, en particulier par son sens du rythme. L’intrigue sera certes souvent brouillonne avec des retournements de situations un peu gros dans cette histoire d’enlèvement d’enfant mais le rĂ©alisateur surpasse ces lourdeurs pour nous proposer un polar qui tient bien ses deux heures et montre un visage d’une noirceur implacable sur la famille indienne et la relation Ă  l’argent. On est secouĂ©.
Puis nous partons dans les montagnes autrichiennes oĂą le rĂ©alisateur Marvin Kren propose sa version the Thing. En effet, The Station met un petit groupe de scientifique aux prises de monstres mutants. Évidemment, tout est tĂ©lĂ©phonĂ©, les personnages grossièrement Ă©crits, les monstres sentent bon le vieil animatronique. Heureusement le cĂ´tĂ© artisanal est plutĂ´t rĂ©jouissant, la mise en scène juste assez efficace pour emmener les volontaires conscients du manque total de prĂ©tention du film et si ses quelques idĂ©es originales ne sont pas du meilleur goĂ»t il reste tout de mĂŞme un personnage badass auquel on ne s’attendait pas et un chien attachant.

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