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Spider-Man, la trilogie de Sam Raimi

posté le 28/06/2012 FredP

Avec la sortie prochaine de The Amazing Spider-Man, il est Ă©videmment impossible de ne pas se rappeler de la trilogie sur l’homme-araignĂ©e qu’a rĂ©alisĂ© Sam Raimi. Petite rĂ©trospective.

Après le succès de X-Men en 2000, nombreux sont les studios Ă  vouloir leur propre film de super-hĂ©ros et de prĂ©fĂ©rence un Marvel Ă©tant donnĂ© que DC appartient Ă  Warner et que plus personne ne veut de Batman depuis le massacre de Schumacher. Et quel est le hĂ©ros Marvel le plus connu ? Spider-Man. Pourtant le projet Ă©tait dans les tiroirs d’Hollywood depuis près de 10 ans et plus exactement entre les mains de James Cameron (il projetait d’en faire un film avec Arnold Schwarzenegger). Mais Ă©puisĂ© par un imbroglio juridique sur les droits du tisseur, il laissa tomber. En 1999 c’est donc Sony qui rĂ©cupère enfin l’intĂ©gralitĂ© des droits et met le film en chantier.
Le scĂ©nariste David Koepp est engagĂ© pour Ă©crire le scĂ©nario sur les bases du traitement de James Cameron (c’est ce dernier qui avait abandonnĂ© les lance-toiles mĂ©caniques) tandis que le studio cherche un rĂ©alisateur. David Fincher Ă©tait l’un des rĂ©alisateur pressentis mais c’est finalement Sam Raimi qui a dĂ©crocher le poste. Plus connu pour sa trilogie horrifico-comique Evil Dead, on Ă©tait loin d’imaginer le rĂ©alisateur underground et crĂ©ateur de Hercule et XĂ©na, sur une aussi grosse machine mais sa passion pour le hĂ©ros et son enthousiasme pour le projet ne sont pas Ă  dĂ©montrer (et au passage, Sam Raimi a dĂ©jĂ  fait preuve de son intĂ©rĂŞt pour les super-hĂ©ros dans the Darkman).

Le film sort en 2002 et c’est un vĂ©ritable triomphe Ă  la fois artistique et public. A la surprise gĂ©nĂ©rale, le rĂ©alisateur arrive Ă  porter Spider-Man Ă  l’Ă©cran en gardant tout l’esprit de la bande-dessinĂ©e de Stan Lee Ă  ses dĂ©buts, plaçant l’innocence et la prĂ©caritĂ© de son hĂ©ros dans un New-York rĂŞvĂ© et intemporel. La bonne idĂ©e est d’ailleurs de ne pas s’attarder sur la pĂ©riode du lycĂ©e pour vite faire entrer Peter Parker Ă  la fac et l’emmener dans les galères du quotidien. Si le casting de Tobey Maguire avait fait couler beaucoup d’encre avant la sortie, les plus irrĂ©ductibles y ont finalement retrouvĂ© le Peter Parker mal Ă  l’aise qu’ils connaissaient.
Aux prises avec un Bouffon Vert dont le costume est plutĂ´t kitsch mais impeccablement interprĂ©ter par Willem Dafoe, Spider-Man se dĂ©place entre les gratte-ciel tel qu’on pouvait l’imaginer dans le comics. En ce sens, la mise en scène dynamique et en pleine voltige de Sam Raimi portĂ©e par la musique hĂ©roĂŻque d’un Danny Elfman plutĂ´t inspirĂ© retranscrit l’esprit des cases de BD de la manière la plus cinĂ©matographique qui soit tout en nous offrant l’un des baisers les plus mĂ©morables du grand Ă©cran. Avec un romantisme dĂ©licieusement surannĂ© il fait de son hĂ©ros l’icĂ´ne de New-York qui en avait bien besoin après le 11 septembre 2001 (d’ailleurs, on se rappelle que le tout premier teaser de Spider-Man sorti Ă  l’Ă©tĂ© 2001 montrait le hĂ©ros prenant des gangsters dans sa toile entre les deux tours du World Trade Center, vite censurĂ©).

Après le triomphe mondial de Spider-Man, le studio annonce tout de suite un second volet et Sam Raimi embarque tout de suite avec toute l’Ă©quipe (malgrĂ© quelques tractations avec Tobey Maguire). DĂ©barrassĂ© du Bouffon Vert, Sam Raimi met en scène l’un des mĂ©chants les plus intĂ©ressants et charismatiques du comics : le docteur Octopus. Alors que Peter Parker / Spider-Man doit faire face dans ce second volet aux consĂ©quences de Spider-Man (son Ă©loignement de Mary-Jane, la vĂ©ritĂ© pour Tante May, la haine de Spider-Man de Harry), il pense encore une fois pouvoir trouver un père de substitution en Otto Octavius (impeccable Alfred Molina) mais cela va mal tourner.
Le rĂ©alisateur et les scĂ©naristes (David Koepp est de retour accompagnĂ© des scĂ©naristes de Smallville) vont donner plus de cĹ“ur Ă  cette suite qui n’hĂ©site pas Ă  prendre des allures de soap. Mais Sam Raimi joue agrĂ©ablement avec et surtout, va faire encore plus fort du cĂ´tĂ© des scènes d’action. Avec le succès du premier volet, le rĂ©alisateur a en effet plus de libertĂ©s et va pouvoir presque tout se permettre. Ainsi, il retrouvera son style horrifique dans la sĂ©quence jouissive du rĂ©veil de Doc Ock mais c’est surtout la bagarre entre ce dernier et Spider-Man du sommet d’une tour au mĂ©tro aĂ©rien qui sera le clou du film et mĂŞme sans doute l’une des scènes d’action les plus prenantes de la dĂ©cennie. Plus intense, plus complet, ce second volet surpasse l’exposition du premier pour trouver la quintessence du film de super-hĂ©ros du quotidien. Encore une fois, c’est le carton plein.

Avec un nouveau record, il n’en faut pas plus Ă  Sony qui demande immĂ©diatement un 3e volet. Pourtant, le casting a un peu plus de mal Ă  revenir. Sam Raimi traine des pieds après 5 ans de sa vie consacrĂ©s au tisseur et Kristen Dunst aimerait bien faire autre chose que crier dans les airs. Mais le studio arrive Ă  faire rempiler tout le monde dans un volet encore plus Ă©norme. Alors que l’on attendait le LĂ©zard comme grand mĂ©chant (après les apparition du Dr. Conners dans les 2 prĂ©cĂ©dents volets), c’est finalement l’Homme-Sable qui sera prĂ©fĂ©rĂ©. Mais il ne sera pas seul. Sous la pression des fans et de Marvel, le studio force la main Ă  Sam Raimi pour intĂ©grer Venom. RĂ©sultat, le film est bancal. A vouloir intĂ©grer trop d’Ă©lĂ©ments (les deux mĂ©chants, le cĂ´tĂ© sombre de Spider-Man, Gwen Stacy, et le mauvais Harry Osborn), il perd en simplicitĂ© et l’on sent moins l’amour du hĂ©ros que dans les prĂ©cĂ©dents volets.
Avec un budget colossal, le rĂ©alisateur en fait beaucoup trop dans tous les sens, du romantisme exacerbĂ© au patriotisme en passant par des sĂ©quences parodiques qui n’ont pas vraiment leur place. C’est simple, Spider-Man devient une attraction, un produit qui en fait beaucoup trop pour montrer sa force (il en oublie d’ailleurs de traiter Venom comme il se doit et l’on sent bien qu’il n’en avait pas envie). Mais si on peut dĂ©plorer le scĂ©nario et des acteurs blasĂ©s, on ne peut nier que Sam Raimi se fait plaisir derrière la camĂ©ra avec certaines sĂ©quences mĂ©morables. Le rĂ©veil de l’Homme-Sable, la sĂ©quence de la grue ou la transformation d’Eddie Brock sont Ă  ce titre certaines des sĂ©quences les plus rĂ©ussies de la saga. MalgrĂ© les critiques, le film sera encore une fois un carton.

Évidemment Sony voudrait un 4e volet mais Sam Raimi prĂ©fère prendre une pause avec l’excellent train-fantĂ´me qu’est Jusqu’en Enfer. Après des moins de tractations, le studio ne trouve pas d’accord avec le rĂ©alisateur pour une suite. C’est alors que l’on apprend abruptement que, plutĂ´t que de continuer la saga de Sam Raimi qui avait pourtant de bons plans pour continuer, le studio prĂ©fère miser sur un reboot. Finalement, peut importe la qualitĂ© du film Ă  venir, Sam Raimi a en tout cas fait ses preuves sur Spider-Man et nous a offert l’un des meilleurs films de super-hĂ©ros, Ă  la fois grand moment du cinĂ©ma et fidèle Ă  l’esprit du comics original.

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