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Culte du dimanche : Alien 3

posté le 10/06/2012

alien 3 culte

Après Ridley Scott et James Cameron, c’est l’un des nouveaux gĂ©nies du cinĂ©ma contemporain qui s’Ă©tait attaquĂ© de manière controversĂ©e Ă  la saga Alien : David Fincher. Retour sur le fascinant Alien 3.

Après le succès du second volet Alien par James Cameron, il Ă©tait impensable pour la Fox de ne pas poursuivre la franchise. Il faudra cependant attendre Ă  nouveau 6 ans pour voir Ă  nouveau le xĂ©nomorphe sur les Ă©crans après de nombreux problèmes de production. Car Alien 3 est l’un de ces films maudits oĂą le scĂ©nario sera Ă©crit sur le tournage et dont la vision de l’auteur sera sacrifiĂ©e au profit du studio. Il faut dire que la Fox confie les rĂŞnes de ce nouvel Ă©pisode Ă  un dĂ©butant, David Fincher. Certes, le jeune rĂ©alisateur avait dĂ©jĂ  fait ses preuves sur de nombreux clips et publicitĂ©s mais il n’avait pas encore oeuvré sur un long-mĂ©trage. Ce n’est pas pour autant qu’il n’a pas dĂ©jĂ  un univers marquĂ© et c’est sans doute ce qui va effrayer le studio.

Après le dĂ©luge d’action d’Aliens, Fincher s’intĂ©resse Ă  une nouvelle dimension du monstre. Sans chercher non plus Ă  retrouver la profonde terreur du film original de Ridley Scott, il apporte Ă  cet Alien 3 une dimension beaucoup plus noire, pessimiste et mystique. Ainsi, le vaisseau de Ripley s’est Ă©crasĂ© sur une planète-prison. Unique survivante du crash, elle est secourue par un mĂ©decin, ancien dĂ©tenu, et va devoir s’habituer Ă  cotoyer d’anciens meurtriers et violeurs qui ont trouvĂ© la foi en attendant les secours. Mais la crĂ©ature de ses cauchemars est toujours lĂ  et va dĂ©cimer petit Ă  petit tous les prisonniers.

Tout de suite, Fincher place Ripley dans un milieu hostile. Seule femme au milieu d’hommes sans morale et qui lui sauteraient dessus Ă  la moindre occasion si ils ne s’Ă©taient tournĂ©s vers la religion, la voici dĂ©munie, sans aucun soutien dans le cadre complètement dĂ©shumanisĂ© d’une fonderie immense. Comme si cela ne suffisait pas, un alien est aussi de la partie et elle apprendra mĂŞme qu’elle en porte un embryon prĂŞt Ă  Ă©clore. DĂ©sarmĂ©e face Ă  autant de menaces et après la perte de la famille qu’elle avait rĂ©ussi Ă  construire dans le prĂ©cĂ©dent volet, elle va donc devoir faire preuve d’une force de caractère plus intense que jamais si elle veut survivre et Ă©liminer la crĂ©ature. D’autant plus que celle-ci a Ă©voluĂ©.
En effet, nous apprenons de nouvelles choses concernant le xĂ©nomorphe et en particulier que sa morphologie s’adapte Ă  l’hĂ´te qui l’a fait naitre. Ainsi, dans ce 3e volet, l’alien est issu d’un chien (ou d’un boeuf dans la version longue donnant alors un tableau plus dantesque du film) et se dĂ©placera donc Ă  4 pattes, plus rapide qu’auparavant.

Pour son premier film, Fincher n’hĂ©site pas Ă  prendre le spectateur Ă  rebrousse poil en n’allant jamais dans le spectaculaire ou le film d’action mais au contraire en prĂŞtant Ă  la rĂ©flexion. Ainsi, on peut y voir dĂ©jĂ  les thèmes qui jalonneront sa filmographie comme ce renversement du système en s’intĂ©ressant Ă  des personnages toujours Ă  la marge de la sociĂ©tĂ© ou la religion dans son versant le plus sombre. Il confère ainsi Ă  Alien 3 une aura mystique et dĂ©sespĂ©rĂ©e. D’un cĂ´tĂ© nous avons ce groupe de prisonniers qui ont trouvĂ© la foi et que l’on pourrait presque considĂ©rer comme des moines si il n’avaient pas certaines tendances au meurtre et de l’autre nous avons l’unique femme enceinte d’une crĂ©ature malĂ©fique. Le fait que l’un des prisonniers qualifie l’alien de « dragon » ajoute encore Ă  la mythologie de la crĂ©ature et toute cette dimension culminera dans le final quasi christique du sacrifice de Ripley.

En plus d’instaurer dĂ©jĂ  les thèmes qui lui son chers et feront tout son cinĂ©ma, David Fincher fait preuve d’une maĂ®trise impeccable de la camĂ©ra et du rĂ©cit. MalgrĂ© un alien en effet spĂ©ciaux (mĂ©lange entre marionnette et numĂ©rique) aujourd’hui bien trop voyants, il arrive Ă  instaurer tout de suite une ambiance malsaine dans cette prison qui suinte la testostĂ©rone et la chair brĂ»lĂ©e. Alien 3 est ainsi l’Ă©pisode le plus glauque de la saga mais aussi celui qui permet Ă  Sigourney Weaver de montrer tout le dĂ©sespoir de son personnage et son crâne rasĂ© n’en est que la surface. En perfectionniste de l’image, le rĂ©alisateur offre aussi certaines des images les plus marquantes comme ce face Ă  face entre le monstre et Ripley dans l’infirmerie ou cette naissance de l’animal.

Mais tout ces commentaires ne sont valables que pour la version cinĂ©ma et la version longue qui se montrent dĂ©jĂ  fascinantes. Car devant la noirceur de l’histoire, la Fox a remontĂ© le film pour le rendre plus accessible et en a totalement dĂ©possĂ©dĂ© le Fincher, Ă  tel point que celui-ci l’a reniĂ© et a totalement tirĂ© un trait sur cette expĂ©rience traumatisante avant de revenir sur les Ă©crans avec Se7en. Jamais nous ne verrons donc le director’s cut. Film maudit de la saga, cet Alien 3 n’en reste nĂ©anmoins dans ses versions existantes une conclusion intimiste et noire Ă  la saga et n’a fait que renforcer l’image mythique de la dualitĂ© entre Ripley et l’alien. L’accueil critique sera mitigĂ© face au partis pris et le film fera un four au box-office amĂ©ricain. NĂ©anmoins, les rĂ©sultats Ă  l’international sont bien plus rĂ©confortants pour le studio, Ă  tel point qu’il envisagera tout de mĂŞme une nouvelle suite toute aussi dĂ©criĂ©e.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

  1. 12/06/2012 Ă  03:03 | #1

    C’est une bonne idĂ©e de revisiter les films de la franchise Alien suite au faux prĂ©quel et dĂ©cevant Promotheus et je trouve ton avis intĂ©ressant sur les trois premières analyses en attendant la derniere ca donne envie de revoir la saga.

  2. 21/06/2012 Ă  18:01 | #2

    Personnellement j’ai quand mĂŞme beaucoup aimĂ© ce Alien qui, avec le premier, est mon Ă©pisode prĂ©fĂ©rĂ© loin devant le 2 et surtout le 4 et Prometheus.