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Cannes 2012 – en vrac

posté le 04/06/2012 FredP

Si il y a des films présentés à Cannes sur lesquels on a beaucoup de choses à dire, d’autres sont nettement moins inspirants et se révèlent même parfois être de vastes fumisteries dont la place en compétition pose bien des questions. Sans s’étaler sur ces films, parlons donc rapidement des derniers films vus Festival que nous n’avions pas encore évoqué.

A 90 ans, Alain Resnais était le doyen de la compétition cannoise. Venu présenter son nouveau film étrangement appelé Vous n’avez encore rien vu, c’est encore avec un casting français 5 étoiles qu’il va tenter de nous faire rêver et d’apporter sa réflexion sur l’art à travers les âges et les interprétations, le travail des acteurs et la vieillesse. Il convoque ainsi toute sa troupe pour réinterpréter la pièce de Jean Anouilh Eurydice. L’exercice aurait pu être intéressant mais il se révèle vite vain et somnolent. En effet, à quoi bon mettre en scène pour le cinéma une pièce de théâtre pendant près de 2 heures ? Car jamais on ne contredira la mise en scène sublime, le jeu intense des acteurs ou le propos. Mais cela pèche par la forme. En effet, si le théâtre était le sujet autour duquel se serait développé la réflexion du film, cela aurait été passionnant. Mais on déchante vite lorsque l’on s’apercevra que le réalisateur ne fait finalement que filmer la pièce en y ajoutant une introduction et une conclusion qui arrivent comme un cheveux sur la soupe.

Présenté dans la sélection Un Certain Regard, le film indien Miss Lovely promettait un sujet sulfureux et passionnant qui ne serait pas sans rappeler une certaine histoire glauque d’Hollywood. Dans les années 80 à Bollywood, deux frères qui tournent des films d’horreur de série Z et vont se reconvertir dans le film érotique, genre controversé et même interdit. Entre magouilles, corruption, et homicide d’une actrice, le film noir indien devient rapidement confus et n’est pas aidé par une mise en scène à la ramasse où les plans les plus mal cadrés le disputent au grain horrible de l’image qui donne l’impression d’avoir été tourné dans les années 50. On est certes d’accord pour dire que le sujet aurait pu être passionnant et donnait une autre image des films indiens mais ce n’est pas une raison pour pousser un mauvais film en festival.

Passons maintenant à la grosse arnaque du festival : Carlos Reygadas. Le réalisateur mexicain expérimental présentait en compétition officielle son Post Tenebras Lux. Titre magnifique pour un film brumeux et même foutage de gueule complet. Filmé en 4/3 avec un filtre flou autour de l’objectif, anéantissant ainsi d’office la beauté des paysages et séquences fortes qu’il cherche à montrer, le film enchaîne les scènes montées dans le désordre, les répétitions, et le massacre des yeux et des oreilles pour partir dans un trip personnel qui se contre-fiche complètement du spectateur. Un véritable calvaire de deux heures durant lequel on a bien l’impression que le réalisateur se moque ouvertement de nous.  Récompensé par un prix de la mise en scène, ce Post Tenebras Lux avec son démon rouge fluo, son sauna, son battage de chien, son match de rugby et sa décapitation qui fait « plop»  nous reste bien en travers de la gorge.

Enfin, c’est Thérèse Desqueyroux, dernier film de Claude Miller, qui faisait la clôture du festival, diffusé ainsi en hommage posthume à son regretté réalisateur. Le film reprend ainsi la trame du roman de François Mauriac et c’est Audrey Tautou qui va donc y empoisonner Gilles Lellouche. En soi, le film est intéressant, mis en scène avec précision et bien joué mais ne va pas non plus très loin. L’ambiance a du mal à prendre et on a vite l’impression d’être face à un bon téléfilm de luxe pour France Télévision. Ce n’est pas forcément déshonorant mais ce n’est pas le film qui nous marquera grandement.

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