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the Get Down, saison 1

posté le 23/08/2016 FredP

Au tour de Netflix de sortir sa sĂ©rie sur l’Ă©volution de l’histoire de la musique avec The Get Down, aussi passionnante que foutraque, portant bien la signature de Baz Luhrmann.

Après Vinyl de HBO avec Scorsese aux commandes qui revenait sur l’Ă©volution du rock vers le punk dans les 70′s, Netflix dĂ©gaine son versant disco hip hop sur la mĂŞme pĂ©riode avec the Get Down. Et comme pour Vinyl, c’est un cinĂ©aste qui est aux platines du projet depuis 6 ans, l’australien Baz Luhrmann (Moulin Rouge, Gatsby). Et quand on connait le style du rĂ©alisateur, on est tout de suite prĂ©venu, les curseurs seront poussĂ©s Ă  fond, ça va chanter, ce sera romantique et ça en fera des caisses.

Ainsi, the Get Down raconte en parallèle les histoires de Zeke, jeune musicien poète qui veut faire quelque chose de son Bronx natal et amoureux de Mylene, jeune aspirante Ă  la chanson se rĂŞvant comme la nouvelle Diana Ross et de Shaolin Fantastic, petite frappe DJ embarquĂ©e dans des histoires de mafieux. Tout ça sur fond d’Ă©volution de la musique, de politique et de crise sociale dans le New York Ă  la dĂ©rive des 70′s, de religion, de racisme, de sexualitĂ©, de drogue, de crĂ©ation artistique et de mafia. Oui, les sujets son vastes (bien plus que ne l’Ă©tait finalement Vinyl centrĂ©e sur la musique et la drogue) et deviennent entre les mains de Luhrmann un patchwork qui peut dĂ©router autant qu’il peut captiver.

Car comme un DJ mixant ses diffĂ©rentes influences et ses sujets dans un flow ininterrompu, le rĂ©alisateur introduit son style dès le pilote oĂą des scènes de chant et de danse peuvent ĂŞtre vues en parallèle de l’apprentissage ou de trafics, brouillant quelques notions temporelles ou spatiales pour laisser plus de place au ressenti qu’au rĂ©cit. Il en rĂ©sulte un rĂ©cit parfois dĂ©cousu mais qui reste pourtant clair Ă  suivre. Il y a juste ce dĂ©faut d’avoir les yeux plus gros que le ventre avec une foule de dĂ©tails de contexte qui va venir gĂŞner rĂ©gulièrement la rĂ©gularitĂ© de l’histoire mais heureusement, le rĂ©alisateur revient rĂ©gulièrement dans le droit chemin dès que cela dĂ©file trop vite.

Après un premier Ă©pisode virevoltant d’une heure et demie, les 5 suivants accuseront un peu une petite baisse de rythme au milieu et calmeront parfois le jeu ou au contraire le relancerons mais permettront en tout cas de mieux dĂ©velopper les personnages, une bande de gamins du Bronx en  pleine West Side Story hip hop auxquels on s’attache rapidement, en particulier Ă  Zeke dont l’Ă©volution est bien plus intĂ©ressante que l’Ă©namourĂ©e Mylene ou l’Ă©nervant personnage jouĂ© par le fils de Will Smith. Et le show trouve aussi sa mascotte en Shaolin Fantastic, esprit rebelle du ghetto super stylĂ© et futur roi des platines.

Evidemment, impossible de passer sous silence l’aspect musical du show qui retrace avec prĂ©cision les Ă©lĂ©ments qui ont menĂ© du disco (sa boite Ă  rythme) au hip hop avec des visages qui plairont aux historiens du genre. Mais la sĂ©rie nous gratifie Ă©galement de grands moments de musique, que ce soit la scène de danse du premier Ă©pisode, la chanson de la libĂ©ration de Mylene ou son futur single et Ă©videmment la battle de dj du final qui mettra tout le monde d’accord. Dans ces instants, il est difficile de ne pas se laisser emporter par le flow de la sĂ©rie.

Si l’on arrive Ă  passer outre l’extravagance insufflĂ©e par Luhrmann, the Get Down se rĂ©vèle donc ĂŞtre une sĂ©rie passionnante sur une pĂ©riode de la musique et de New York en pleine mutation, et rien que pour ça, ça vaut le coup d’oeil.

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