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Culte du dimanche : Moulin Rouge !

posté le 12/05/2013 FredP

A l’occasion de la sortie de Gatsby en ouverture du festival de Cannes, revenons sur le film qui avait dĂ©jĂ  fait monter les marches du Palais Ă  Baz Luhrmann : Moulin Rouge !

Après l’exubĂ©rant RomĂ©o + Juliette, c’est Ă  Cannes que Baz Luhrmann prĂ©sentait en 2001 son nouveau film, le dĂ©lirant et flamboyant Moulin Rouge ! Avec une Nicole Kidman libĂ©rĂ©e de Tom Cruise et montrant enfin sur le tapis rouge la star glamour qui sommeillait en elle, le rĂ©alisateur australien offrait un vĂ©ritable feu d’artifice pour ouvrir une Ă©dition de Cannes des plus festive avec un cancan rythmĂ© par Fatboy Slim. Car c’est ainsi que s’ouvre le film, sur des scènes au rythme Ă©pileptiques et aux couleurs qui attaquent les yeux. C’est clair dès le dĂ©part, pour la 3e partie de sa « trilogie du rideau rouge» , Baz Luhrmann a l’intention de dĂ©poussiĂ©rer le cabaret parisien au pied de Montmartre avec une comĂ©die musicale enlevĂ©e et pop.

Comme il l’avait fait sur RomĂ©o + Juliette, le rĂ©alisateur va faire du dĂ©calage un vĂ©ritable parti pris pour transcender une histoire romantique et tragique dĂ©jĂ  vue de multiples fois. C’est ainsi que tout le film sera parcouru de reprises inattendues de morceaux pop-rock connus de tous. Your Song d’Elton John, Like a Virgin de Madonna, Lady Marmalade de Patti Labelle, Children of the Revolution de T-Rex, the Show must go on de Queen, autant de tubes qui vont ĂŞtre rĂ©interprĂ©tĂ©s, rĂ©orchestrĂ©s avec des acteurs qui rĂ©vèlent un beau brin de voix, en particulier Nicole Kidman et Ewan McGregor. Mais ces chansons ne sont pas gratuites et s’intercalent dans une histoire classique mais prenante.

Car passĂ©es les 15 premières minutes euphorisantes et mĂŞme Ă©puisantes, lorsque Nicole Kidman entre en scène, tout se met alors en place. L’Ă©crivain et  la prostituĂ©e de luxe du Moulin Rouge tombent amoureux mais doivent cacher leur histoire naissante sous peine de mettre le spectacle Ă  venir en danger. Bref, une classique histoire romanesque et tragique comme Hollywood les adore mais ici revue Ă  la sauce colorĂ©e et au kitsch assumĂ© d’un Baz Luhrmann qui s’en donne Ă  cĹ“ur joie pour filmer ses acteurs en costume dans des dĂ©cors hĂ©sitant entre le sublime et le mauvais goĂ»t. Mais il met tout cela en scène avec une telle Ă©nergie qu’on lui pardonne volontiers sa grossièretĂ©.

Et au milieu du kitsch, il arrive mĂŞme au rĂ©alisateur de toucher parfois le plus haut niveau d’Ă©motion, Ă  l’instar de ce medley au sommet pour qu’Ewan McGregor courtise Nicole Kidman ou la dernière reprise de Come what may (l’une des rares chansons originales, Ă©crite Ă  la base pour RomĂ©o + Juliette). Mais la sĂ©quence qui provoquera sans doute le plus de frissons est bien cette reprise du Roxanne de Police dans un tango enragĂ© par une jalousie aveugle, sublime danse entre les ombres.

Entre ses instants fous et ses scènes de grandes Ă©motions, Baz Luhrmann fait de Moulin Rouge un film Ă©trange, une comĂ©die musicale enlevĂ©e qui ne ressemble Ă  aucune autre et qui s’inscrit autant dans un cinĂ©ma classique que dans un produit complètement pop et dĂ©lirant, parsemĂ© d’idĂ©es. La limite est souvent proche du mauvais goĂ»t mais il a au moins le mĂ©rite de tenter des choses inĂ©dites si bien que ses erreurs rendent finalement le film attachant. Mais c’est aussi surtout un bel Ă©crin pour une Nicole Kidman Ă©tincelante dans ce rĂ´le qui vire de la comĂ©die dĂ©bridĂ©e des premières scènes Ă  l’amour indomptable d’un final qui met toutes les Ă©motions en haleine. L’actrice libĂ©rĂ©e trouve enfin le rĂ´le qui lui fallait pour devenir la grand star glamour revenue d’un Hollywood d’antan sans oublier d’ĂŞtre moderne.

DĂ©bridĂ©e et Ă©mouvante, cette vision du Moulin Rouge par Baz Luhrmann aura pour le moins divisĂ© mais sera loin de passer inaperçue sur la Croisette mais aussi auprès du public puisque le succès Ă©tait au rendez-vous et a mĂŞme relancĂ© d’une certaine manière une vague de comĂ©dies musicales (Chicago, …) comme on n’en avait plus vu depuis un bon moment.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

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