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Culte du dimanche : Little Big Man d’Arthur Penn

posté le 16/10/2016 FredP

Après une ressortie en salles, Little Big Man d’Arthur Penn, l’un des grands rĂ´les de Dustin Hoffman sort en bluray chez Carlotta. L’occasion de dĂ©couvrir l’ouest amĂ©ricain d’une autre manière.

Connu pour le succès et la petit polĂ©mique qui a entourĂ© Bonnie and Clyde, Arthur Penn est Ă©galement un grand amateur de western. DĂ©sirant depuis longtemps raconter un film du point de vue des indiens, c’est en tombant sur le livre de Thomas Berger qu’il trouve le bon angle, qui ne prĂŞtera pas Ă  la polĂ©mique qui aurait pu avoir lieu si un cinĂ©aste blanc montrait la vie des indiens. En effet, dans Little Big Man, nous prenons le point de vue d’un gamin wasp elevĂ© par les Cheyennes après une attaque de ses parents par des Pawnee.

Il va donc grandir en connaissant les us et coutumes des indiens mais va aussi changer rĂ©gulièrement de camp, apprenant Ă  vivre comme un blanc mais retournant rĂ©gulièrement Ă  sa culture Cheyenne lorsqu’il trouve sa femme après une horrible bataille ou retrouve sa soeur, Ă©pouse d’indien. Tout cela va l’amener jusqu’Ă  la dĂ©sastreuse et lĂ©gendaire bataille de Little Big Horn et la dĂ©faite du gĂ©nĂ©ral Custer.

Ainsi, Arthur Penn nous entraĂ®ne dans un film fleuve, racontant l’histoire d’un homme sur plusieurs annĂ©es de sa vie, de son innocence au rĂ©percussions spirituelles de la guerre en passant par la dĂ©couverte du monde et des mĂ©thodes d’arnaqueurs des blancs, les rĂ©percussions psychologique de terribles batailles ou de moments de bonheur amoureux. C’est le parcours d’un homme complet qui nous est prĂ©sentĂ©, de sa lâchetĂ© Ă  son courage, de sa folie des grandeurs Ă  sa discretion, jusqu’Ă  ce qu’il trouve finalement, après avoir Ă©tĂ© longtemps dĂ©tachĂ© de sa vie, qui il est vĂ©ritablement au fond de lui, ce petit grand homme, comme les autres.

Le parcours de cet homme est aussi l’occasion pour le rĂ©alisateur de dresser le cadre historique de cette pĂ©riode folle de la conquĂŞte de l’ouest, de parler les mĂ©thodes horrible des conquĂ©rants amĂ©ricains qui n’hĂ©sitent pas Ă  dĂ©cimer des population. Derrière son ton parfois lĂ©ger, le film cache très souvent des propos graves et dramatiques sur l’histoire amĂ©ricaine qui rendent le film encore plus passionnant. Et d’autant plus de que Penn alterne Ă  loisir les sĂ©quences intimiste ou Ă  plus grand spectacle qui mettent bien en valeur les paysages naturels oĂą se dĂ©roule l’action.

Evidemment, impossible de parler de Little Big Man sans parler de son interprète principal. Un vĂ©ritable coup de gĂ©nie autant qu’un choix Ă©vident pour incarner ce petit grand homme. RepĂ©rĂ© avec le LaurĂ©at, confirmĂ© avec Macadam Cowboy, Dustin Hoffman incarne ce Jack Crabb dans toute sa complexitĂ© et le fait vivre devant nos yeux, portant sur ses Ă©paules plus de 2h de film pour le voir Ă©voluer. Pas de doute, il est Little Big Man, Ă  la fois dans son cĂ´tĂ© d’amĂ©ricain tout Ă  fait ordinaire mais aussi avec sa capacitĂ© Ă  accomplir une foule de choses extraordinaires.

HĂ©las le film ne sera pas forcĂ©ment un triomphe au box office et sera mĂŞme ignorĂ© dans les grandes cĂ©rĂ©monies avec seulement une nomination aux Golden Globes pour le très bon second rĂ´le de sage indien par Dan George. Toutefois, grâce Ă  son interprète principal qui dĂ©butait lĂ  une dĂ©cennie folle (suivront les Chiens de Paille, Papillon, les Hommes du PrĂ©sident ou encore Marathon Man et Kramer contre Kramer), le film a depuis une aura de film culte et unique sur le sujet de la conquĂŞte de l’Ouest.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

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