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Culte du dimanche : X-Men 2

posté le 21/07/2013 FredP

Avec la sortie du nouveau film consacré à Wolverine, il nous paraissait indispensable de revenir sur le meilleur volet de la saga mutante à ce jour (et en attendant Days of Future Past en 2014) : X-Men 2 !

En 2000, avec le premier volet de X-Men, le rĂ©alisateur Bryan Singer remplissait un pari osĂ© : celui de transposer l’univers des mutants de Marvel sur grand Ă©cran de manière intelligente et relancer par lĂ -mĂŞme le genre super-hĂ©roĂŻque au cinĂ©ma. Fort de ce succès, il embraye dans la foulĂ©e sur la suite de l’histoire pour approfondir les personnages qu’il a appris Ă  aimer et surtout montrer d’autres facettes du monde intolĂ©rant qu’il a commencĂ© Ă  dĂ©crire.

Pour cela, il va s’inspirer du graphic novel Dieu crĂ©Ă©, l’homme dĂ©truit dans lequel les X-Men doivent faire face au rĂ©vĂ©rend Stryker mobilisant des troupes de militants anti-mutants et manipulant Charles Xavier, forçant les X-Men Ă  s’alier Ă  Magneto. Évidemment, il ne l’adaptera pas tel quel mais reprendra le nom du bad guy humain pour en faire un militaire de premier plan proposant une menace humaine bien concrète (et non un Ă©nième mĂ©chant Ă  super-pouvoirs) et le contexte politique houleux dans lequel se dĂ©roule l’action. Il y greffe Ă©galement certains Ă©lĂ©ments du passĂ© de Wolverine afin d’approfondir la personnalitĂ© du hĂ©ros principal et prĂ©fĂ©rĂ© des fans.

MalgrĂ© un scĂ©nario astucieux, la production va toutefois imposer encore une fois au rĂ©alisateur un budget serrĂ© et des dĂ©lais assez courts afin de sortir le film au plus vite. Des Ă©lĂ©ments attendus par les fans comme les Sentinelles ou la salle des dangers sont alors effacĂ©s du scĂ©nario sans pour autant diminuer l’enthousiasme du rĂ©alisateur qui peut se mesurer dès l’audacieuse scène d’ouverture du film dans laquelle on y dĂ©couvre Diablo (mutant pouvant se tĂ©lĂ©porter) attaquer la Maison Blanche.

Cette scène marquante n’est que l’une de celles qui vont parcourir le film comme la libĂ©ration de Magneto, l’attaque de l’Ă©cole ou encore le combat entre Wolverine et Lady Deathstrike. Mais X-Men 2 n’est pas qu’un film d’action et conformĂ©ment Ă  la bande-dessinĂ©e n’oublie jamais de dĂ©peindre un contexte complexe, reflet de notre monde actuel dans lequel les minoritĂ© sont persĂ©cutĂ©es. Ici les mutants vont alors devoir s’unir malgrĂ© leurs diffĂ©rents pour mettre fin  Ă  la menace de Stryker. Et pourtant nous pouvons aussi comprendre e sentiment de ce militaire diabolique qui a perdu son fils Ă  cause de sa mutation et cherche un responsable Ă  son malheur en empruntant le mauvais chemin.

Le film est Ă©galement l’occasion d’approfondir un peu plus les personnages. Car si Magneto et Wolverine Ă©taient clairement les plus intĂ©ressants du premier volet, ici, chacun aura le droit Ă  son instant pour mieux les comprendre. On sera donc touchĂ© par une discussion entre Diablo et Tornade, Jean Grey va de voir faire un choix, Iceberg va devoir faire son coming-out mutant devant ses parents et surtout, le professeur Xavier va montrer une facette puissante et effrayante de son pouvoir et de sa machine Cerebro. Bien entendu, on aurait souhaitĂ© que Cyclope ait davantage sa place de leader et cela se ressent Ă  la fin du film (qui lui promettait une bonne prĂ©sence dans le troisième volet … ce qui sera complètement zappĂ© par Brett Ratner).

Avec son scĂ©nario intelligent prĂ´nant le combat pour la tolĂ©rance, la rĂ©alisation Ă©lĂ©gante de Bryan Singer offre Ă  la fois plus de spectacle (tout en gardant encore une marge de manoeuvre pour progresser dans ce domaine) mais surtout plus de rĂ©flexion sur notre sociĂ©tĂ© et la manière dont sont traitĂ©es les minoritĂ©s, donnant alors au combat de ces super-hĂ©ros un vĂ©ritable sens, beaucoup moins manichĂ©en qu’un simple combat entre les bons et les mĂ©chants. Mais le rĂ©alisateur n’oublie pas non plus de planter les graines d’un 3e volet passionnant qui pourrait tourner autour du PhĂ©nix Noir.


HĂ©las, le rĂ©alisateur souhaitant mettre en boĂ®te Superman Returns chez Warner, la Fox n’a pas attendu et a confiĂ© la tâche de conclure la trilogie au tâcheron Ratner. Et celui-ci a rĂ©duit en 90 minutes tout le travail intelligent qui avait Ă©tĂ© mis en place, livrant un X-Men 3 avec de l’action mais vulgaire complètement hors sujet quand aux questions posĂ©es. La franchise mettra alors du temps Ă  s’en remettre avant de revenir aux sources.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

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