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L’Art de Drew Struzan

posté le 19/07/2013 FredP

Son nom ne vous dit peut-ĂŞtre pas grand chose et pourtant vous connaissez forcĂ©ment son travail. Akileos sort la version française de l’Art de Drew Struzan pour le plus grand plaisir de nos yeux  !

George Lucas, Steven Spielberg, Robert Zemeckis, John Carpenter, Guillermo Del Toro, Ridley Scott, Frank Darabont, ces grands rĂ©alisateurs ont tous au moins un point commun : au moins un de leur film a eu le droit Ă  une affiche signĂ©e Drew Struzan. Cet artiste a, depuis la fin des annĂ©es 70, marquĂ© de son empreinte indĂ©lĂ©bile tout un pan de la culture cinĂ©matographique hollywoodienne en offrant aux plus grandes sagas des affiches mĂ©morables. Indiana Jones, Stars Wars, Retour vers le Futur, Harry Potter, the Thing, Police Academy, Hellboy, les Muppets, Fievel, … autant d’affiches devenues aujourd’hui cultes, gĂ©nĂ©ralement synonymes de bons films et prisĂ©es des collectionneurs.

Maintenant, l’artiste revient sur son travail dans l’Art de Drew Struzan. Un beau livre qui n’a pas vocation Ă  ĂŞtre un catalogue mais Ă  nous montrer comment le dessinateur et peintre travaillait avant de prendre sa retraite en 2008. On dĂ©couvre donc dans le livre une multitude de travaux, partant des premiers crayonnĂ©s aux affiches finales peintes. C’est l’occasion de dĂ©couvrir de nombreuses versions alternatives, des mĂ©thodes de retouches demandĂ©es en catastrophes par des studios (Nuit de folie), des projets qui n’ont jamais Ă©tĂ© retenus (Waterworld, Harry Potter 2), des affiches pour des rĂ©Ă©ditions ou des Ă©ditions limitĂ©es (Blade Runner, les ÉvadĂ©s, la Ligne Verte)…
La belle sĂ©lection prĂ©sentĂ©e ici nous permet ainsi de dĂ©couvrir un peu tous les aspects et les cas de figures qui ont pu se prĂ©senter Ă  l’artiste
toujours soucieux de l’art mais aussi des contraintes marketing pour attirer le spectateur en salles pour plonger dans l’univers de ces films. C’est aussi et surtout l’occasion de replonger dans certaines des plus belles et marquantes affiches de cinĂ©ma.

Mais le livre est aussi l’occasion pour Drew Struzan de montrer comment l’industrie a Ă©voluĂ© en un peu plus de 30 ans. Évidemment, il s’agit d’un point de vue purement subjectif mais qui reflète tout de mĂŞme bien la tendance qu’a pris Hollywood depuis un certain temps en passant de l’artisanal au business pur (et la prĂ©face de Frank Darabont est encore plus violente).
Nous dĂ©couvrons alors comment, petit Ă  petit, l’artiste a Ă©tĂ© Ă©loignĂ© des rĂ©alisateurs avec qui il travaillait en direct pour suivre les instruction de businessman qui ne connaissait pas grand chose Ă  l’art de crĂ©er une affiche. L’autre Ă©volution est l’arrivĂ©e de l’informatique qui a aussi changĂ© la donne, rendant la crĂ©ation d’affiche plus simple, plus manipulable par les pontes du marketing mais dĂ©gageant moins de personnalitĂ©, rendant toutes les affiches semblables.

MalgrĂ© 3 coquilles qui trainent dans la traduction, l’art de Drew Struzan est donc un ouvrage magique et instructif pour tout amoureux du cinĂ©ma qui a grandi Ă  travers les affiches de ces films cultes des annĂ©es 80 jusqu’Ă  aujourd’hui. C’est aussi le tĂ©moignage d’une Ă©poque rĂ©volue et, d’une certaine manière, les hĂ©ritiers de l’artiste ne sont plus Ă  chercher dans les services marketing des studios mais du cotĂ© des graphistes proposant sur Internet leurs fan arts avec plaisir (les affiches limitĂ©es de Mondo en son le plus bel exemple). Non, l’art de l’affiche n’est pas mort !


publié dans :Actu ciné Cinéma

  1. 22/07/2013 Ă  22:17 | #1

    Très bon article, j’y retrouve bien tout ce que j’ai ressenti en lisant ce bel ouvrage.