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Culte du dimanche : l’Âge de Cristal

posté le 07/04/2013 FredP

Retour aux heures de la SF des années 70 avec l’Âge de Cristal. Aujourd’hui assez kitsch, il est portant d’une belle richesse dans sa réflexion toujours d’actualité.

Quand 2001 l’Odyssée de l’espace sort au cinéma à la fin des années 60, c’est un phénomène tel que la science-fiction est enfin prise au sérieux. Alors une vague de films futuristes débarquent sur les écrans pour inviter les spectateurs à réfléchir sur leur avenir. Abattoir 5, Soleil Vert, la Planète des Singes sont parmi les plus reconnus des représentants de cette vague de « SF sérieuse»  auxquels on peut associer l’Âge de Cristal de Michael Anderson.

Adapté du livre Logan’s Run, le film prend place après une apocalypse. Les survivants habitent maintenant dans un immense dôme qui les protège et leur mode de vie idyllique est entièrement réglé par les ordinateur. Mais pour maintenir l’ordre et éviter une surpopulation qui nuirait aux réserves, les habitants sont convoqués à un rituel de « renaissance»  (appelé Carrousel) à l’âge de 30 ans. Il s’agit en fait d’un moyen d’éliminer ces personnes tout en instaurant une idéologie illusoire dans laquelle peuvent vivre les habitants en paix. Mais un jour, Logan 5 va apprendre la vérité et tenter de s’enfuir en compagnie de Jessica 6.

Évidemment, comme certains films de genre de l’époque, l’Âge de Cristal commence à accuser le poids des années. En effet, que ce soit la réalisation de Michael Anderson d’un intérêt tout relatif malgré son sens du rythme qui nous entraîne dans cette course ou le look global du film (les maquettes voyantes, les tenues kitsch, le design du robot), le film dégage maintenant une certaine naïveté qui contraste pourtant avec de belles réussites visuelles comme le Carrousel ou les vision des paysages extérieurs apocalyptiques où la nature a repris ses droits sur les monuments représentatifs du pouvoir américain.

Heureusement, les effets visuels et le design du film n’étaient pas ses atouts mais c’est bien son intrigue qui était passionnante. En effet, sous couvert d’une course-poursuite, le film recèle de nombreux thèmes propres à l’avenir de l’humanité qui posent une réflexion intelligente et le film se révèle même sur certaines technologies évoquées assez avant-gardiste. La propension de la société à préférer la jeunesse, l’oubli de l’histoire, la sauvegarde de la nature, la dictature pour le « bien»  de tous, les machines contrôlant la vie des hommes, la lutte contre un système non naturel, voilà les pistes évoquées. Et ces pistes sont si passionnantes qu’elles prennent corps dans la seconde partie du film lorsque le couple en fuite découvre le monde extérieur.

Ce sont des thèmes finalement assez classiques dans la SF mais abordés ici de manière particulièrement ludique et maline pour accepter de se divertir intelligemment. D’ailleurs, le potentiel était déjà tel à l’époque que le film avait engendré une courte série télé.
Avec ces thèmes, et malgré son look au charme suranné, l’Âge de Cristal se révèle encore donc tout à fait d’actualité et il n’est pas étonnant d’en trouver encore quelques bribes dans des films de SF plus récents comme the Island ou Time Out. On se demande alors quand un remake aussi efficace viendra redonner un coup de jeune au film. En effet, le projet court depuis des années et est déjà passé entre les mains de Bryan Singer et Nicolas Winding Refn sans voir le jour pour le moment. Espérons que la recrudescence de projets de SF redonnera un coup de fouet pour en voir une version moderne qui pourrait aisément dépasser son modèle.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

  1. Le Boucher
    18/04/2013 à 08:45 | #1

    Film culte, certes, mais attention c’est vieillot tout de même, et le rythme est d’une lenteur.. Après il y a de bonnes idées, des thématiques qui font réfléchir, je le rapprocherai des fils de l’homme pour la conception, pas de gros effets visuels qui vous en mettent plein les mirettes (c’est pas star wars ou trek) mais une narration intelligente qui vous amène vers la réflexion sur l’avenir de notre société.