Culte du dimanche : Donnie Darko
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En 2001, Donnie Darko était passé plutôt inaperçu auprès du grand public (mais pas auprès des critiques). C’est grâce à sa sortie DVD et au director’s cut que le film s’est depuis fait une petite place dans les films cultes d’une génération.
Avec son premier film, Richard Kelly se faisait remarquer par tous les critiques et devenait déjà porteurs d’espoirs pour une brillante carrière (ce qu’il va devoir reprouver avec le prochain The Box, après l’échec de son mésestimé Southland Tales … mais on y reviendra dans un prochain culte du dimanche).
Donnie Darko est en effet un film vraiment pas comme les autres. Pour resituer l’histoire, en pleine période éléctorale dans la années 80, Donnie Darko est un adolescent perturbé. Son ami imaginaire Frank (un lapin géant et plutôt effrayant) va le sauver d’une catastrophe et lui annoncer la fin du monde qu’il devra empêcher. Donnie va alors commettre plusieurs actes qui vont changer sa vie et celle de sa famille, tout en cherchant à connaitre le système du voyage temporel.
Entre schizophrénie, voyages temporels, problèmes existentiels et d’adolescence, système éducatif décadent, le scénario est vraiment riche, dense et intelligent. Tellement qu’il faudra plusieurs visionnages du film pour le comprendre, se faire une véritable opinion et développer sa propre interprétation. Parce que c’est là que Richard Kelly est fort. A chaque visionnage on découvre de nouveau détails qui permettent d’avoir une autre interprétation de l’intrigue et de son final. Donnie a-t-il vu le futur ? y a-t-il voyagé ? l’a-t-il imaginé ? Nous ne le saurons jamais.
Si le film est culte, ce n’est pas seulement pour son scénario, c’est aussi pour ses comédiens. Tous très bons, c’est tout d’abord la révélation de Jake Gyllenhaal qui avait là son premier rôle. Et quel rôle ! Le personnage de Donnie est à mille lieues des personnages d’ados auxquels nous étions habitués dans d’autres films. Et la suite de sa carrière ne fait que confirmer le potentiel qu’il dégageait déjà. Ensuite, les autres comédiens marquent par leur contre-emploi comme Patrick Swayze. Drew Barrymore (qui produit également le film) et Noah Wyle y font également une prestation remarquée en profs contre le système scolaire. Sans oublier Holmes Osborn, Mary McDonnel, Jenna Malone et Maggie Gyllenhaal.

Un autre facteur du statut culte, c’est la bande-originale du film. A base de tubes des années 80, c’est la magnifique reprise de Mad World (à la base de Tears for Fears) par Gary Jules qui marque les esprit pour un final émouvant. Mais il ne faut pas oublier le Killing Moon de Echo and the Bunnymen, Joy Division, Duran Duran ou le Head over Heels de Tears for Fears marquant l’arrivée à l’école en présentant les personnages.
Bref, Donnie Darko a vraiment tous les ingrédients pour être le film culte d’une génération (révélation d’un acteur, BO d’enfer, scénario à tiroir et à multi-interprétations) et en a suivit le chemin : petite audience en salles étendue par le DVD puis le director’s cut.



