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Critiques en séries : de Chernobyl à Black Mirror

posté le 25/06/2019

L’après Game of Thrones était un moment difficile à passer. Mais heureusement les différents Networks avaient de la réserve. D’un côté HBO a embrayé avec l’excellente mini-série Chernobyl alors qu’il y avait sur FX l’adaptation série de What we do in the Shadows et la vie de Bob Fosse, ou encore Now Apocalypse de Gregg Araki sur Starz, les nouveaux épisodes de Black Mirror  et Jessica Jones sur Netflix.

Chernobyl

Qui aurait pu miser sur Craig Mazin ? L’un des scénaristes responsable de 2 suites de Scary Movie et Super héro movie vient de surprendre tout le monde en écrivant les 5 épisodes ultra documentés dans la mini-série Chernobyl. On démarre avec l’explosion puis nous suivons directement ceux qui vont tout faire pour ne pas empirer la situation. Toujours à une échelle humaine qui nous fait ressentir la catastrophe sanitaire et écologique qu’a été l’explosion de la centrale, la série se penche aussi sur son aspect plus scientifique et politique, remettant en avant tous les mensonges de la direction de l’URSS prête à sacrifier les siens pour le bien-être commun et de la nation.

A la réalisation, Johan Renck, à qui l’on doit notamment des épisodes de Breaking Bad ou Black Mirror applique le scénario avec la méticulosité et la sobriété requise pour rendre son propos particulièrement fort. Ainsi, plus d’une fois nous frissonnons pour les pompiers et mineurs sacrifiant leur vie au milieu des radiations ou en voyant les civils qui habitaient à proximité et qui n’ont pas conscience du danger. Appuyée par un trio de comédiens (Jared Harris, Stellan Skarsgaard, Emily Watson) qui donnent de l’humanité derrière la froideur du mensonge politique. Bref, l’une des séries immanquables de l’année.

What we do in the Shadows

En 2014, Vampires en toute inimité, le film docu-fiction sur un groupe de vampires cachés dans notre monde moderne avait fait une petite sensation avec son sens de l’humour absurde particulièrement bien senti. Un film qui a permis à son réalisateur Taika Waititi d’être courtisé par Marvel et de réinventer Thor avec Ragnarok. Profitant de cette nouvelle notoriété, la réalisateur néo-zélandais, relance avec son compète Jemaine Clements le concept de son film au format série télé, se concentrant cette fois sur un trio de vampire et de leur assistant dans le New Jersey.

Evidemment, entre mœurs vampiriques pas vraiment adaptés à notre monde, quiproquos et découverte de coutumes absurdes, il y a de quoi faire et les 10 courts épisodes recèlent tous d’idées à mourir de rire. Ainsi, le vampire émotionnel ou encore le conseil vampirique vont autant faire rire qu’une simple découverte d’accessoires dans un supermarché. Il y a bien de quoi se remonter le moral avec ces suceurs de sang inadaptés.

Now Apocalypse

On n’avait pas vu Greg Araki depuis un petit moment. C’est normal, il a préparé pour Starz la série Now Apocalypse comme une sorte de condensé de tout ce qui fait déjà son cinéma et qu’on retrouve notamment dans Kaboom. Jeunes adulte ultra sexys et sexués, couleurs kitschs et criardes, sentiments exacerbés, visions de fin du monde et d’extra-terrestre dans un Los Angeles ou tout le monde rêve de devenir une star. Autant le dire tout de suite, si il y a un semblant de ligne directrice au début, elle sera rapidement oubliée pour se consacrer essentiellement à l’état d’âme de ses personnages.

Oui, ça se barre un peu dans tous les sens et c’est à la fois la force et la faiblesse de la série. Une force car c’est ce qui lui donne toute sa personnalité, et une faiblesse car cela manque d’unité et dilue l’envie de la suivre. Mais par curiosité, il faut bien y jeter un coup d’oeil.

Black Mirror, saison 5

Si Bandersnatch nous donnait un avant-goût intéressant de la nouvelle approche de Charlie Brooker sur Black Mirror avec les possibilités de Netflix, cette nouvelle livraison de 3 épisodes est, il faut bien le dire, assez décevante. D’une part car les sujets développés font maintenant dans la redite, mais en plus ils n’osent plus aller dans la noirceur ou le choc auquel nous a habitué la série, ne nous faisons même plus réfléchir face à l’utilisation des technologies.

L’histoire de deux amis redécouvrant leur sexualité via les jeux vidéos, d’un preneur d’otage lié à une société gérant un réseau social ou encore d’une pop star asservie par le système ne réinventent pas grand chose. Alors même si on sauvera les performances des acteurs (Andrew Scott en particulier), et que l’on ne cherche pas forcément un choc gratuit, on se dit que c’est ici beaucoup trop soft et assez ennuyeux. On espère que la prochaine salve sera plus mordante.

Fosse / Verdon

Bob Fosse, un nom pas forcément connu du grand public français, mais qui, dans le milieu artistique et particulièrement américain est légendaire. Créateur des plus grandes comédies musicales à Broadway comme au cinéma (Cabaret, Chicago, c’est lui !), sa vie de frasques est aussi dans la légende. Celle de sa partenaire personnelle et professionnel, Gwen Verdon l’est par contre beaucoup moins.

C’est donc à travers cette mini-série que l’on va apprendre à connaitre ce duo et ce qu’ils ont accompli pour le spectacle musical. 8 épisodes qui vont étudier leur système de création mais qui vont entrer dans l’intimité d’un couple dysfonctionnel où le travail, l’ambition et les sentiments sont rarement compatibles. Une vie mouvementée intéressante, mais qui ne sera pas passionnante. D’une part car les comédiens (Sam Rockwell et Michelle Williams) arrivent certes à véhiculer toutes les émotions de leurs personnages, mais sans nous émouvoir. Et d’autre part, la réalisation, même si elle tente par moment, est loin d’être aussi inventive que son sujet. Du coup l’ennui pointe vite le bout de son nez.

Jessica Jones, saison 3

Ça y est, cette fois c’est la fin pour l’univers Marvel chez Netflix. Cette 3e saison de Jessica Jones boucle donc les aventures de l’héroïne et on espérant que cela soit fait de manière explosive après les déceptions dont sur Daredevil échappait de peu. Notre détective à gueule de bois préférée va donc cette fois enquêter sur un nouveau serial killer et devoir faire avec sa demi-soeur qui veut devenir une vigilante trop active.

Hélas, si la gouaille de Kristen Ritter dans le blouson de Jones fonctionne toujours, le rythme de l’intrigue est toujours aussi plan plan en étant étiré sur 13 épisodes. Comme en plus son personnage n’évolue pas et que l’on se fiche des rôles secondaires, autant dire que notre attention est vite distraite. Pourtant il y a de bonnes choses parfois avec un bad guy bien vu, quelques dialogues bien sentis, une étude de caractère poussée (surtout pour Trish) mais ce ne sera pas suffisant pour conclure de manière mémorable tout ce cycle. Dommage.

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