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Le Mans 66, critique

posté le 09/11/2019

Un bon artisan, deux acteurs impeccables, une course automobile lĂ©gendaire qui sent l’huile et l’essence, voilĂ  les ingrĂ©dient d’une belle rĂ©ussite Ă  l’ancienne avec Le Mans 66.

Les bons films de course automobile ne sont pas forcĂ©ment très nombreux. De Le Mans avec Steve McQueen au Rush de Ron Howard, il faut vraiment rĂ©flĂ©chir pour en trouver et ce n’est pas Michel Vaillant qui va nous contredire. Aussi quand un artisan aussi robuste que James Mangold s’intĂ©resse au sujet avec deux acteurs du calibre de Christian Bale et Matt Damon, on se dit qu’on tient lĂ  peut-ĂŞtre de quoi augmenter un peu les rĂ©fĂ©rences du genre.

Avec Le Mans 66, il ne faut pas spĂ©cialement se fier au titre amĂ©ricain (Ford v Ferrari), ni au titre français car au delĂ  du simple contexte, la rivalitĂ© entre les deux Ă©curies au moment oĂą Ford cherche un nouveau moyen de s’imposer sur le marchĂ© europĂ©en via la course celle n’est que peu abordĂ©e.

Une amitié plus forte que la voiture

En effet, le film se concentre avant tout sur deux personnages. D’un cĂ´tĂ© Carroll Shelby (ancien pilote et choisi par Ford pour construire la voiture qui va permettre de battre Ferrari), de l’autre Ken Miles (mĂ©cano et pilote Ă©mĂ©rite). C’est avant tout leur amitiĂ© et leur volontĂ© d’aller plus loin et plus vite avec leur automobile qui va conduire le film.

Et de ce cĂ´tĂ©, c’est rĂ©ussi car au delĂ  des interprĂ©tations impeccables de Matt Damon et Christian Bale (ce dernier n’a d’ailleurs jamais Ă©tĂ© aussi lumineux), c’est leur Ă©criture qui importe avec une relation d’amitiĂ© parfaitement dĂ©crite, sans complexitĂ© et sans simplisme, avec un grand respect et une volontĂ© commune d’aller plus loin et de porter leur sport et la technique au sommet.

La course qui sent l’huile de coude

Avec le profond attachement que l’on a pour les personnage, les 2h30 de film un peu longues passent du coup très bien. Il faut dire qu’il y a Ă©galement de quoi explorer le milieu de la course auto des annĂ©es 60 avec Ă©videmment la petite rivalitĂ© avec Ferrari, mais surtout une grande bataille au sein mĂŞme de Ford puisque Shelby et Miles doivent se mettre le patron hĂ©ritier dans la poche face Ă  des costard-cravate qui pensent plus Ă  la belle photo qu’Ă  la rĂ©elle innovation. Quelque chose qui rĂ©sonne donc encore aujourd’hui dans de nombreuses industries et qui rendent son discours toujours actuel.

Enfin, il y a Ă©videmment la course du titre français qui occupe une bonne place du film. A la fois parce qu’elle en est l’enjeu qui nous prĂ©occupe pendant tout le mĂ©trage mais aussi parce qu’on la voit vraiment du point de vue de Shelby et Miles dans tout le dernier tiers. DĂ©marrage, arrĂŞt au stand, problèmes techniques, petits coups bas face au concurrent, tout est lĂ  mais entre les mains de Mangold et avec son scĂ©nario bien construit, tout se dĂ©roule Ă  merveille pour nous laisser apprĂ©cier cette course avec ces anciennes voitures qui sentent le réèl tout en donnant bien la sensation de vitesse que l’on Ă©tait en droit d’attendre.

Le Mans 66 est ainsi un beau film de course mais aussi et surtout un beau film d’amitiĂ© et de personnages que nous offre l’artisan James Mangold. Bref, un film Ă  l’ancienne parfaitement rĂ©ussi qui fait du bien.

 

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