Accueil > Cinéma, Critiques ciné > X-Men Apocalypse, critique

X-Men Apocalypse, critique

posté le 14/05/2016 FredP

Les X-Men sont de retour pour affronter leur plus grande menace, Apocalypse. Un projet casse-gueule pour lequel le réalisateur a cette fois eu les yeux plus gros que le ventre !

Après la rĂ©ussite de X-Men Days of Future Past qui nous offrait un grand rĂ©cit de X-Men et de science fiction intelligent, pertinent, Ă©mouvant et qui remettait Ă  zĂ©ro les compteurs des mutants pour effacer les erreurs de la saga et repartir sur de bonnes bases, Bryan Singer est de retour pour mettre en image le rassemblement des X-Men que l’on connaissait, les personnages qui lui tiennent Ă  cĹ“ur pour bien relancer la machine. Mais comme cela ne peut pas se faire  sans un dĂ©luge d’action, avec son co-scĂ©nariste et producteur Simon Kinberg, la menace choisie est grandiose mais aussi particulièrement casse-gueule Ă  mettre en scène. En effet, Apocalypse, premier mutant superpuissant se rĂ©veillant dans les annĂ©es 80 après des millĂ©naires bloquĂ© dans son tombeau Ă©gyptien pour conquĂ©rir le monde et ne laisser survivre que les plus fort, est un concept intĂ©ressant mais dont la toute puissance et le manque de subtilitĂ© peut vite lasser et rendre le rĂ©cit insipide.

Et le rĂ©sultat n’est donc clairement pas Ă  la hauteur des attentes tellement tout ce qui entoure Apocalypse s’avère profondĂ©ment ratĂ©. Son design cheap, son manque de prestance (et encore, heureusement qu’il est interprĂ©tĂ© par Oscar Isaac) mais surtout ses ambitions sans subtilitĂ© n’invitent pas vraiment Ă  l’imposer comme un bad guy intĂ©ressant et les 4 cavaliers qu’il recrute ne servent que pour faire de la figuration. MĂŞme Magneto toujours campĂ© par l’excellent Michael Fassbender voit son potentiel amoindri mĂŞme si son arc narratif n’est pas dĂ©nuĂ© d’intĂ©rĂŞt (mais assez maladroit). Ajoutez Ă  cela que son but n’est finalement que d’avoir un corps plus puissant et de construire une pyramide gĂ©ante et  vous obtenez sans doute l’une des histoires les moins intĂ©ressantes de la saga.

En plus, Singer n’y va pas avec le dos de la cuillère en montrant des destructions massives partout dans le monde (sans montrer les consĂ©quences humaines), en faisant le plein d’allusion aux annĂ©es 80 (mais sans l’arrière plan politique qui Ă©tait si passionnant dans les deux volets prĂ©cĂ©dents), en introduisant plĂ©thore de mutants de manière plus ou  moins fidèle (Psylocke est physiquement impeccable mais manque, comme Angel, de temps de prĂ©sence Ă  l’Ă©cran et d’explication sur ses choix), en servant du fan service Ă  bonne dose (oui, la courte participation de Wolverine est bien gĂ©rĂ©e mais pas forcĂ©ment utile).

Et si il y a des soucis qui commencent Ă  se poser sur la temporalitĂ© (les personnages ne vieillissent pas alors que l’intrigue a encore avancĂ© de 10 ans par rapport au volet prĂ©cĂ©dent) dont on peut faire rapidement abstraction pour se concentrer sur le rĂ©cit prĂ©sent, force est de constater que le rĂ©alisateur prĂ©fère donner dans l’effet de rĂ©pĂ©tition (les sĂ©quences de Quicksilver) que dans l’originalitĂ©. Et c’est bien dommage de voir Singer se reposer Ă  ce point sur ses lauriers pour nous offrir seulement quelques plans iconiques alors qu’il est capable de bien plus.

Mais pourtant, malgrĂ© tous ces Ă©normes dĂ©fauts, il y a tout de mĂŞme un petit quelque chose qui fait que l’on aime bien suivre un minimum cette aventure. Cet Ă©lĂ©ment, c’est notre attachement direct aux personnages des X-Men. Car sur tout ce qui entour Apocalypse est ratĂ©, d’un autre cĂ´tĂ©, ce qui concerne les X-Men est tout de mĂŞme très intĂ©ressant. De la relation renaissante entre Xavier et Moira, l’arrivĂ©e de Scott et sa rencontre avec Jean Grey, l’introduction de Diablo, la formation et le dĂ©but de travail en Ă©quipe des X-Men, tous ces Ă©lĂ©ments sur les jeunes mutants sont bien amenĂ©s et attachants, lançant dĂ©jĂ  des pistes intĂ©ressantes dans les relations entre les personnages amis aussi le dĂ©veloppement de leurs pouvoir dans une prochaine suite et il n’y a que Jennifer Lawrence qui semble ĂŞtre de trop dans le film.

Film malade Ă  cause d’un mĂ©chant en carton et d’un trop plein de personnages et d’ambition, X-Men Apocalypse est donc une dĂ©ception qui reste cependant efficace dans ses scènes d’action et surtout dans son portrait des jeunes mutants qui sont introduits et que l’on a envie de suivre pour la suite. Un film clairement en dessous dans la saga et très loin du chef d’oeuvre qui l’a prĂ©cĂ©dĂ© mais qui a au moins le mĂ©rite de relancer l’Ă©quipe des X-Men vers une direction qui pourra plus tard ĂŞtre bien plus intĂ©ressante.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 05/06/2016 Ă  14:22 | #1

    C’est dommage, autant le premier m’avait pas vraiment plu, autant j’avais adorĂ© la suite. Mais le syndrome du mĂ©chant pourri et du surplus de personnage, on commence Ă  connaitre maintenant.