Accueil > Cinéma, Culte du dimanche > Culte du dimanche : La Mouche de David Cronenberg

Culte du dimanche : La Mouche de David Cronenberg

posté le 01/11/2015

Au lendemain d’Halloween, on continue avec les films d’horreur et cette fois l’un des meilleurs remakes du cin√©ma. Avec La Mouche, David Cronenberg a enfin explos√© sur grand √©cran.

Apr√®s une premi√®re adaptation en 1958 par Kurt Neumann avec Vincent Price, le producteur Stuart Cornfeld se dit qu’il serait bien d’offrir une nouvelle lecture plus moderne de cette histoire de savant un peu fou qui invente une machine permettant de se t√©l√©porter mais qui, suite √† un incident, fusionne avec une mouche √©crite √† l’origine par George Langelaan. La Fox poss√©dant les droits est ouverte √† l’id√©e et il faudra quelques temps avant que le projet ne se concr√©tise vraiment, passant notamment entre les mains de Tim Burton. Mais, √† une p√©riode o√Ļ le studio est en plein chamboulements et o√Ļ les tournages s’annulent, la Mouche tient bon et fini par trouver un r√©alisateur. Il s’agira de David Cronenberg qui, jusqu’alors, est rest√© dans un cin√©ma un peu underground et violent mais dont la renomm√©e monte en puissance depuis Scanners, Videodrome et Dead Zone.

Le r√©alisateur canadien s’entour de son √©quipe habituelle et va revoir compl√®tement le sc√©nario pour le fondre avec ses id√©es et ses obsessions. En effet, avec La Mouche, nous avons bien le droit √† tout ce qui int√©resse Cronenberg, que ce soit la science d√©g√©n√©r√©e, une certaine obsession pour le sexe de mani√®re malsaine et surtout un rapport violent au corps et √† la chair. Des images qui sont le propre du r√©alisateur et qui vont ici pouvoir se concr√©tiser avec des moyens plus ambitieux tout en restant dans le cadre d’un film intimiste.

Car La Mouche reste toujours centr√© sur 3 personnages et dans un nombre de lieux qui tient sur les cinq doigts de la main. Nous y suivons donc notre scientifique, Seth Brundle, l√©g√®rement perturb√© et solitaire qui tombe amoureux d’une jeune journaliste alors qu’il est en train de mettre au point une invention qui pourrait r√©volutionner le monde : la t√©l√©portation. Et pendant ce temps, l’ex de la journaliste fait des siennes pour s√©parer le couple. Mais l‚Äôexp√©rience tourne mal et petit √† petit, le corps Brundle commence √† tomber en d√©cr√©pitude alors que son mental est √©galement atteint.

Le film peut alors se voir sous plusieurs angles et le premier est √©videmment purement horrifique, le scientifique devenant un v√©ritable monstre qui a de quoi en effrayer plus d’un gr√Ęce aux maquillages et effets sp√©ciaux particuli√®rement remarquables √† juste titre r√©compens√©s aux oscars. Il s’agit l√† d’une variante du mythe de Frankenstein au cours de laquelle le savant ne va pas cr√©er un monstre mais bien se transformer lui-m√™me en v√©ritable monstre. Et c’est bien ce qui int√©resse Cronenberg qui va nous montrer toutes les √©tapes de l’√©volution physique et mentale de Brundle, de son obsession de plus en plus maladive pour le sexe et la puissance, jusqu’√† la fusion humaine, mais aussi nous montrer la perte totale de son corps, de la perte de dents jusqu’√† sa transformation totale en √™tre difforme.

Mais il y a aussi une dimension profond√©ment romantique dans ce film horrifique. En effet, la relation entre le scientifique et la journaliste est particuli√®rement touchante et dramatique. Comme si la Belle et la B√™te tournait de plus en plus mal. Cette relation est d’autant plus touchante et dramatique que les acteurs, Jeff Goldblum et Geena Davis, parfaits, sortaient ensemble √† l’√©poque, donnant alors √† leurs sc√®nes communes une v√©ritable intensit√©, jusque dans le final qui voit la monstrueuse m√©tamorphose finale de Brundle qui ne demande qu’√† √™tre abattu pour ne plus souffrir et faire souffrir les autres devant une Geena Davis vraiment tiraill√©e.

Histoire d’amour monstrueuse et mise en sc√®ne avec une v√©ritable intimit√©, La Mouche surpasse donc son mod√®le en tout point, livrant une lecture beaucoup plus horrifique, intense et dramatique avec des moyens modernes qui ont permit de rendre justice √† l’histoire. Mais c’est aussi une oeuvre purement Cronenbergienne qui peut cependant s’ouvrir alors √† un public plus large, ce qu’a bien confirm√© le succ√®s du film √† sa sortie. Encore aujourd’hui, l’interpr√©tation du film et la qualit√© de ses maquillages rendent toujours le film passionnant et donc immanquablement culte.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

  1. Pas encore de commentaire

ÔĽŅ