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The Rover, critique

posté le 10/06/2014 FredP

Road movie crĂ©pusculaire aussi lent que fascinant, the Rover va diviser mais n’en est pas moins percutant. Une chose est certaine, le cinĂ©ma australien n’a pas fini de nous retourner !

En 2011, un jeune rĂ©alisateur australien faisait parler de lui avec un polar familial de haute volĂ©e ! Animal Kingdom rĂ©vĂ©lait ainsi David MichĂ´d et toute la noirceur qu’il souhaitait mettre Ă  l’Ă©cran. Mais avant ce premier film, il avait dĂ©jĂ  une autre histoire en tĂŞte, Ă©crite avec son compère JoĂ«l Edgerton qui fait donc l’objet de son second long-mĂ©trage, encore et toujours plus noir et violent, nous rappelant ce qu’il y a de plus vil dans la nature humaine. Mais reste-t-il une touche d’espoir ? Difficile Ă  dire.

Le film prend place dans un futur proche oĂą l’Australie a Ă©tĂ© ravagĂ©e. Nous saurons peu de choses sur ce qui est arrivĂ© si ce n’est quelques touches avec une acivitĂ© minière qui serait la seule source de travail, le reste Ă©tant laissĂ© Ă  l’abandon, les habitants devenus des vagabonds. Il n’y a plus aucune loi et lorsque notre hĂ©ros se fera voler sa voiture, il fera tout pour la retrouver, mĂŞme si il doit pour cela supporter le frère attardĂ© du voleur.

Une Australie post-apocalyptique, le dĂ©sert et des personnes laissĂ©es Ă  la violence, un hĂ©ros mutique et une histoire de voiture … comme cela on pourrait penser Ă  Mad Max … et pourtant David MichĂ´d va rapidement s’en affranchir avec un style très fort, un rythme lent, pesant, et une histoire de road movie faite de noirceur et de violence qui nous fera Ă  la fin rĂ©flĂ©chir sur l’humanitĂ©. En effet, le rĂ©alisateur prend le risque de perdre ses spectateurs en adoptant une ambiance faite de silence, de bruits sourds, de longs mouvement de camĂ©ras qui ne captent parfois pas grand chose d’utile.

Mais c’est ce style, rempli parfois de choses anodines, qui donne aussi toute sa force au film, nous faisant alors comprendre le quotidien de cette population dĂ©sespĂ©rĂ©e et de cet anti-hĂ©ros sans nom qui n’a absolument plus rien Ă  perdre sinon ce qui lui reste d’humanitĂ©. RĂ©vĂ©lant petit Ă  petit son passĂ© au contact du frère simplet du cambrioleur qui va finalement le suivre comme un petit chien. Le rythme lent nous met ainsi dans la mĂŞme perspective que les personnages qui endurent leur voyage sous le soleil brĂ»lant et blessĂ©s depuis 10 ans par leurs actes. Alors la violence implacable qui surgit rĂ©gulièrement n’est pas gratuite mais marque bien les esprits.

Rempli d’un perpĂ©tuel dĂ©sespoir, the Rover est l’un de ces rares films entre le road movie et le western crĂ©pusculaire qui montre l’humanitĂ© dans tout ce qu’elle a de plus âpre lorsqu’elle veut s’en sortir. Le parcours de cet homme, incarnĂ© avec conviction par un Guy Pearce qui n’est jamais meilleurs que dans les films de ses compatriotes, est donc difficile pour retrouver une trace de son passĂ© et faire une croix dĂ©finitive dessus avant d’essayer d’aller de l’avant dans un monde en recul. On notera aussi un Robert Pattinson qui, après ses participations aux films de Cronenberg, cherche toujours Ă  changer son image dans des films difficile et y rĂ©ussi plutĂ´t bien.

Le film n’est donc pas Ă  mettre entre toutes les mains mais il confirme bien toute l’identitĂ© du cinĂ©ma de David MichĂ´d et d’une manière gĂ©nĂ©rale, d’un cinĂ©ma australien qui est toujours sans concessions et cela change bien de ce que nous avons l’habitude de voir.

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