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Culte du dimanche : le Jour le plus Long

posté le 08/06/2014

Avec le 70e anniversaire du dĂ©barquement en Normandie, il Ă©tait bien naturel de consacrer le culte du dimanche Ă  l’un de ses films les plus reprĂ©sentatifs : le Jour le plus Long.

Le producteur Darryl F Zanuck Ă©tait bien connu pour sa forte personnalitĂ© et son cotĂ© un peu mĂ©galo. ForcĂ©ment, une grande histoire comme la Seconde Guerre Mondiale et son Ă©pisode le plus valeureux, le DĂ©barquement en Normandie ne pouvait que l’interpeller. Il faudra attendre prĂšs de 20 ans pour qu’il se lance dans le projet et livrer ainsi une reconstitution qui resterait dans les mĂ©moires autant qu’un grand hommage aux combattants. L’entreprise est Ă©norme et pour la mener Ă  bien, il s’entoure de 3 rĂ©alisateurs (Ken Annakin, Andrew Marton et Bernhard Wicki) pour un tournage de 10 mois avec un budget de 10 millions de dollars rĂ©parti sur toute la France (des plages de l’Ăźle de RĂ© et de Corse aux campagnes de Normandie) avec une plĂ©iade de stars amĂ©ricaines, britanniques et françaises.

Comme il se doit, le film dĂ©but avec l’appel du GĂ©nĂ©ral de Gaulle depuis la radio londonienne qui dĂ©livre le message tant attendu aux rĂ©sistants. A partir de ce moment, nous allons alors suivre les Ă©tats majors des alliĂ©s autant que les tentatives de comprĂ©hension des gradĂ©s allemands. Mais nous allons nous intĂ©resser Ă©galement au forces qui vont ĂȘtre parachutĂ©es et qui vont dĂ©barquer sur les plages pour reprendre les premiĂšres villes françaises.

Avec un souci du dĂ©tail permanent (mĂȘme si aujourd’hui certaines reconstitutions sont avĂ©rĂ©es erronĂ©es), le film multiplie les points de vues pour devenir un vĂ©ritable tĂ©moignage de la grande logistique et des Ă©normes enjeux de cette opĂ©ration Overlord, depuis les rĂ©sistants français jusqu’au soldats amĂ©ricains ou anglais dĂ©barquant. Tout est abordĂ© et les visages des nombreuses stars incarnant ce qu’elles ont toujours incarnĂ© (John Wayne en gĂ©nĂ©ral amĂ©ricain, Henry Fonda en monsieur tout le monde, Bourvil en français moyen ou encore Sean Connery en Ă©cossais au caractĂšre bien trempĂ© mais on retrouve Ă©galement Robert Mitchum, Richard Burton, Arletty et mĂȘme le jeune Clint Eastwood) permettent de se repĂ©rer facilement entre les diffĂ©rents champs d’action.

Cependant, cette profusion de points de vues et de portraits tient plus du documentaire que du grand film. La psychologie des personnages est ainsi particuliĂšrement sommaire et l’on a du mal Ă  s’identifier Ă  eux malgrĂ© tout le talent des acteurs pour nous faire tout de mĂȘme ressentir la peur, le danger de cette attaque dĂ©cisive. Passer de l’un Ă  l’autre nous indiffĂšre rapidement pour nous intĂ©resser alors Ă  la reconstitution. Mais lĂ  aussi, malgrĂ© toute la recherche qui a Ă©tĂ© faite et les moyens dĂ©ployĂ©s, on ne ressent pas vraiment d’inventivitĂ© dans la rĂ©alisation. FilmĂ© de maniĂšre statique, le film prend de nos jours un aspect « livre d’histoire » qui a du mal Ă  nous emporter, Ă  l’instar des scĂšnes de parachutage. Heureusement, le DĂ©barquement sera lui bien plus prenant.

On pourra Ă©galement dĂ©plorer avec le Jour le plus Long la lĂ©gĂšretĂ© avec laquelle est traitĂ©e la guerre. Les allemands semblent facilement battus, les morts peu nombreux. Toute la tension du dĂ©barquement et l’horreur qui a suivi pour tous ces soldats n’est pas lĂ  et il faudra attendre Il faut sauver le Soldat Ryan de Spielberg pour vraiment ressentir tout cela au plus prĂšs. Non, comme l’indique la joyeuse marche musicale du gĂ©nĂ©rique de fin, le public n’est pas encore prĂȘt pour tout savoir de l’horreur de la guerre et nous restons dans une Ɠuvre trĂšs patriotique et glorifiant (Ă  juste titre tout de mĂȘme) les soldats qui ont combattu et sacrifiĂ© leur vie pour la libertĂ©.

L’ambition du film est donc bien visible mais c’est surtout son aspect reconstitution de l’opĂ©ration qui sera intĂ©ressant pour comprendre comment cette opĂ©ration dĂ©cisive s’est dĂ©roulĂ©e. Les 3 heures seront ainsi un vrai tĂ©moignage mĂȘme si il manque d’humain malgrĂ© son casting bourrĂ© de stars internationales. Cela n’empĂȘche toutefois pas le film d’ĂȘtre une rĂ©ussite, un classique vu Ă  l’Ă©poque en salles françaises par 11 millions de spectateurs et toujours  un bel hommage aux combattants. Le combat suivant de Zanuck sera quand Ă  lui encore plus difficile avec ClĂ©opĂątre.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

  1. 13/06/2014 Ă  23:44 | #1

    Un trĂšs trĂšs grand film Ă  tout point de vue, Ă  l’exception de quelques irrĂ©gularitĂ©s historiques mais qui reste un tĂ©moignage poignant et gigantesque de l’Ă©vĂšnement… 4/4

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