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Culte du dimanche : L’Etrange Noël de Monsieur Jack de Tim Burton et Henry Selick

posté le 14/12/2014 FredP

A l’approche de Noël, on se disait qu’il pourrait être sympa d’en redécouvrir la vision de Tim Burton évidemment assez sombre et décalée. Replongeons donc dans l’animation de l’Étrange Noël de Monsieur Jack !

Au tout début des années 90, Tim Burton est l’un des magiciens d’Hollywood ! Le succès retentissant de Batman puis du plus intimiste et poétique Edward aux Mains d’Argent ont fait de lui un réalisateur phare à qui l’on ne refuse rien. C’est ainsi qu’il met en chantier l’adaptation de l’un de ses poèmes écrits dans les années 80, l’occasion pour lui de faire un retour à l’animation de ses débuts. Cependant, accaparé par la suite de Batman qu’il se doit de sortir rapidement pour honorer son contrat avec Warner, il va confier son petit film d’animation aux scénaristes Caroline Thompson et Michael McDowell avec qui il a déjà collaboré (sur Edward pour la première, sur Beetlejuice pour le second) et au réalisateur Henry Selick qui trouve là l’objet de son premier film, idéal pour montrer l’étendue de son talent.

Tim Burton se charge donc simplement de l’histoire, de la caractérisation et design des personnages et de la production du film, se rendant régulièrement sur le plateau dès que possible en laissant à Selick le soin d’animer les marionnettes pendant toute la longue période de prise de vues. Il faut dire que la méthode est peu utilisée (Aardman et leur Wallace et Gromit n’ont pas encore démocratisé le principe et les images de synthèse ne sont pas encore toujours là pour aider aux transition) et nécessite du temps et de la minutie. Mais même sans avoir Burton dans les pattes, le film ne peut porter que son empreinte. En effet, que ce soit par l’univers étrange ou par ses thèmes sur la tolérance et la solitude, l’Étrange Noël de Monsieur Jack est bien sorti tout droit de l’esprit malade de Burton.

Le film se déroule donc dans la ville d’Halloween peuplée de tout un tas de créatures horribles, où les chats noirs, araignées et chauves-souris sont les animaux de compagnies, où les enfants jettent des maléfices, où le maire incapable est une marionnette à deux faces, où un savant déglingué séquestre sa jolie créature qui ne cherche qu’à l’empoisonner pour pouvoir aller vivre avec l’élégant et très fin Jack, inspiré autant de l’épouvantail que de Jack O’lantern. Et lorsque Jack découvre par hasard la joyeuse fête de Noël avec tout ce qu’elle offre comme couleurs, cadeaux et bonheurs, il veut convaincre tout son horrible ville de participer à cet événement. Mais évidemment, tout ça tourne mal car l’esprit torturé de toutes ces créatures ne peut pas vraiment comprendre ce qu’est Noël.

A travers cette histoire rythmée par des chansons écrites et composées par Danny Elfman, Burton parle évidemment de tolérance, de respect des coutumes des autres mais aussi de la solitude de ceux qui se sentent en dehors des cases comme Jack se sent à l’écart des autres créatures de la ville de Halloween. Des thèmes récurrents dans l’oeuvre parfois macabre de Burton qui traversent ici tout le film qui se regarde alors aussi bien par les grands enfants (car les petits risquent d’être un peu impressionnés par la grosse voix du oogie woogie quand même) que par les adultes qui en apprécieront aussi les multiples références (le Grinch, la fiancée de Frankenstein, l’étrange créature du lac noir, …).


Henry Selick met en scène tout cet univers avec talent, si bien que l’on ne dirait pas qu’il s’agit de son premier long-métrage. C’est rythmé, fluide, coloré, avec ce qu’il faut d’efficacité et de poésie pour maintenir notre intérêt pendant tout le film avec cette macabre magie d’un Noël au pays de l’étrange.

Le résultat est salué aussi bien par la critique que par le public qui en fera, au cours des années passant, un véritable film culte, à l’instar de la carrière de Burton. Jack deviendra d’ailleurs l’une des icônes du cinéma de Burton que l’on retrouvera même dans les parcs Disney lorsque le réalisateur et le studio se rabibocheront. De son côté, Henry Selick continuera son bonhomme de chemin en se détachant petit à petit de l’empreinte de Burton, d’abord avec James et la pêche géante (toujours produit mais de loin par Burton) ou Coraline.

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