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Retro : la trilogie Matrix

posté le 12/03/2013 FredP

Avec la sortie de Cloud Atlas et Jupiter Ascending en pleine prĂ©paration, c’est l’occasion de revenir sur l’œuvre phare des Wachowski qui a fait couler autant d’encre qu’elle a repoussĂ© les frontières du cinĂ©ma d’action et de SF, la trilogie Matrix ! (

Alors qu’ils avaient dĂ©jĂ  l’histoire de Matrix en tĂŞte, les frères Wachowski ont commencĂ© par faire leurs preuves avec Bound, polar noir en huis clos ultra maĂ®trisĂ© dans lequel on sent dĂ©jĂ  une vĂ©ritable patte narrative et esthĂ©tique. Banco, le producteur lĂ©gèrement mĂ©galo comme on n’en fait plus, Joel Silver, signe le contrat pour les aider Ă  rĂ©aliser Matrix. Nous sommes Ă  l’aube des annĂ©es 2000 et les Wachowski ont dĂ©jĂ  mis leurs 4 pieds dans le nouveau millĂ©naire, livrant avec leur film une Ĺ“uvre de science-fiction et d’action Ă  la fois ultra rĂ©fĂ©rencĂ©e et en mĂŞme temps très innovante, tant sur la forme que sur le fond. Ainsi, la fratrie embarque Keanu Reeves, aka Neo, dans un monde oĂą les machines dominent l’humanitĂ© qu’elles ont plongĂ© dans un rĂŞve permanent simulant notre monde d’aujourd’hui, la matrice.

Dans ce rĂ©cit qui mĂŞle nouvelles technologies, arts martiaux, prophĂ©ties et Ă©lus, langage informatique et survie de l’humanitĂ©, les influences des Wachowski sont nombreuses, des contes aux mangas en passant par les jeux vidĂ©os ou films de SF qui ont prĂ©cĂ©dĂ©. Ainsi on pense forcĂ©ment Ă  Terminator, Ghost in the Shell, … sans oublier l’inĂ©vitable Alice au Pays des Merveilles et son lapin blanc. Mais ces rĂ©fĂ©rences sont bien digĂ©rĂ©es et surtout servent le propos jusqu’Ă  devenir mĂŞme complètement symboliques. Car dans Matrix, rien n’est le fruit du hasard et lorsque l’on fouille un peu, chaque Ă©lĂ©ment est une rĂ©fĂ©rence mythologique, religieuse qui donne alors aux actes des personnages une dimension bien plus vaste et permet Ă  l’œuvre de dĂ©velopper une vĂ©ritable rĂ©flexion sur des thèmes aussi diffĂ©rents et vastes que la place de l’homme et de la machine, la destinĂ©e, les choix, la renaissance …


Les noms des personnages choisis, Neo (nouveau, anagramme de one/Ă©lu/unique), Morpheus, Trinity, … sont ainsi rĂ©vĂ©lateurs de la fonction de chacun mais participent aussi Ă  donner Ă  Matrix une dimension mythologique et quasi biblique qui sort du carcan habituel de la SF high tech. Ainsi, dès le premier film, les rĂ©alisateurs posent les bases d’un univers bien plus vaste et qui peut s’Ă©tendre de multiples manières. Comics ou jeu vidĂ©o, tout va y passer, mais le plus intĂ©ressant sera sans conteste Animatrix. La compilation de court-mĂ©trages, travaillĂ©s en collaboration avec de grands talent de l’animation japonaise, va ainsi explorer davantage l’univers de la matrice mais aussi les thèmes rĂ©currents de la saga, le film noir pour l’un, la fusion homme-machine dans l’autre, mais aussi l’humanitĂ© et son cycle infernal de destruction et de renaissance. Animatrix complète ainsi parfaitement la saga et devient mĂŞme l’une de ses composantes indispensables pour mieux comprendre la rĂ©flexion qui s’Ă©tend ensuite dans Matrix Reloaded et Revolutions.

Car après avoir instaurĂ© un univers et un hĂ©ros dans le premier volet, les Wachowski dĂ©cident d’aller plus loin dans leur rĂ©flexion dans le diptyque qui suit. En effet, les personnages se multiplient et l’aspect mythologique tout autant (le MĂ©rovingien et PersĂ©phone apportent encore plus de consistance Ă  cet aspect pour Ă©voquer l’anciennetĂ© de la matrice). Mais c’est aussi le thème de l’Ă©ternel recommencement qui prend ici toute sa place alors qu’il n’Ă©tait que peut Ă©voquĂ© dans le premier film. Seconde vie de Smith, le discours final (assez pompeux) de l’Architecte, jusqu’au titre Reloaded (rechargĂ©), tout ici indique ici que l’humanitĂ© et chaque personne individuellement est prise dans un cycle dans lequel les choix ne sont que quelques variables. C’est aussi lĂ  que la relation entre l’homme et la machine devient plus complexe, Ă  la fois en guerre et complĂ©mentaire, l’un ne pouvant survivre sans l’autre jusqu’Ă  la rĂ©volution.

Nous n’aurons pas la prĂ©tention de pousser l’analyse beaucoup plus loin ici puisque tout cela a Ă©tĂ© maintes fois Ă©voquĂ© dans maints ouvrages complets mais il s’agit surtout de laisser quelques pistes de rĂ©flexions qui rendent alors la trilogie plus passionnante qu’au premier visionnage.  Les Wachowski ont donc crĂ©Ă© un univers dense qui ancre la technologie dans notre mythologie, dĂ©passant alors le simple film cyber-punk que l’on pouvait y voir au dĂ©but. Évidemment, la fratrie rĂ©alise tout cela avec une ambition dĂ©mesurĂ©e, qui tombe parfois Ă  la limite du ridicule dans certaines sĂ©quences (la rave dans les grottes de Reloaded ou le combat Ă  rallonge de Neo contre des centaines de Smith sont toujours aussi grotesques) et une vĂ©ritable maitrise technique innovante dont le bullet time n’est que l’un des exemples pour rĂ©aliser des scènes d’action mĂ©morables.

Au delĂ  de la frustration qui Ă  pu naĂ®tre en dĂ©couvrant Matrix Reloaded et Revolutions au cinĂ©ma, revoir la trilogie aujourd’hui dans son ensemble nous permet d’apporter un nouvel Ă©clairage passionnant sur ce qu’ont tentĂ© de rĂ©aliser les Wachowski. Plus qu’une saga cinĂ©matographique, une vĂ©ritable mythologie s’inscrivant dans le nouveau millĂ©naire comme avait pu le faire Star Wars Ă  ‘Ă©poque, le cĂ´tĂ© chevaleresque et l’Ă©motion pure en moins. C’est d’ailleurs peut-ĂŞtre cet aspect froid, plus adulte et fermĂ© qui ne lui offre pas le mĂŞme culte sur les annĂ©es mais la trilogie reste tout de mĂŞme une Ĺ“uvre phare des annĂ©es 2000 qui influencera Ă  son tour de nombreuses Ĺ“uvres de SF.

publié dans :Cinéma Retro

  1. quent1
    12/03/2013 Ă  14:59 | #1

    salut,
    vous me donnez envie de revoir la trilogie mĂŞme si effectivement j’ai moins aimĂ© a l’époque le 2 et 3:
    « …la frustration qui Ă  pu naĂ®tre en dĂ©couvrant Matrix Reloaded et RĂ©volutions» 
    cette fois ci je ferai la trilo d’un coup (ou deux ;) ) pour avoir un sentiment d’ensemble! et surtout animatrix

    Peace ;)