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Hitchcock, critique

posté le 25/01/2013 FredP

Hitchcock, le maĂ®tre du suspense, passe Ă  la moulinette du biopic et devient une anecdote qu’on prĂ©fĂ©rera vite oublier.

A l’origine, il y a un livre de Stephen Rebello qui raconte le tournage du film culte d’Alfred Hitchcock, le gĂ©nial Psychose. Épisode intĂ©ressant de la carrière du maĂ®tre du suspense qui se remettait alors en cause après les succès de Sueurs Froides et La Mort aux Trousses, accouchant alors de son thriller le plus marquant. Le pari d’entrer dans la psychĂ© de l’une des figures incontournables du thriller et de l’horreur pour mieux le comprendre et comprendre ses films promettait alors un bon moment.

A la camĂ©ra, c’est Sacha Gervasi, le rĂ©alisateur du documentaire rock Anvil qui s’offre lĂ  son premier long-mĂ©trage. Mais on s’aperçoit bien vite qu‘il n’a pas vraiment les Ă©paules pour porter l’ombre d’Hitchcock pendant tout le film. Bien vite il va dĂ©tourner son attention du tournage pour s’intĂ©resser au couple que formait le rĂ©alisateur avec sa femme Alma Reville. En soit, cet aspect n’est pas inintĂ©ressant puisqu’il permet de remettre en lumière le rĂ´le important qu’elle a jouĂ© dans sa vie et dans sa carrière. Mais du coup, le  rĂ©alisateur passe complètement Ă  cĂ´tĂ© du personnage d’Hitchcock avec une rĂ©alisation très plate, tout juste digne d’un tĂ©lĂ©film.

Loin de faire honneur au rĂ©alisateur, le film n’est qu’une anecdote, une vulgaire comĂ©die romantique sur le couple Hitchcock, sans aucun suspense et avec une lĂ©gèretĂ© et une dĂ©rision grossière qui ne vont pas vraiment au personnage qui ne manquait pourtant pas d’humour. Pour ceux qui voulaient en savoir plus sur la mĂ©thode de travail d’Hitchcock, sur ses relations avec les actrices, sur ses nĂ©vroses et ses mĂ©thodes marketing, le film sera tout simplement inutile puisqu’il ne nous apprendra rien et restera complètement superficiel. On notera d’ailleurs le ridicule avec lequel sont traitĂ© les doutes du cinĂ©astes au travers des sĂ©quences fantasmĂ©es avec le serial killer Ed Gein qui a inspirĂ© Psychose.

En plus de simplement poser sa camĂ©ra pour faire son tĂ©lĂ©film, Sacha Gervasi ne va pas vraiment s’embarrasser avec les acteurs. Avec le sourire affichĂ© de tout ce beau monde, il devait surement y avoir une bonne ambiance sur le plateau mais Ă  l’Ă©cran on a vraiment du mal Ă  croire aux personnages et nous avons plus l’impression de voir les acteurs en pleines rĂ©pĂ©titions. Anthony Hopkins a ainsi du mal Ă  s’effacer dernière les traits d’humour et le maquillage grossier d’Hitchcock tandis que Scarlett Johansson et Jessica Biel ne font que minauder dans des apparitions Ă©clair. Tout juste sauvera-t-on Helen Mirren qui a vu son rĂ´le s’étoffer au point de voler la vedette au rĂ©alisateur en titre.

Avec une bonne ambiance assez irritante pour parler de Psychose et d’Alfred Hitchcock, on ressort donc du film déçu de n’avoir rien appris mais surtout Ă©nervĂ© de voir ainsi une icĂ´ne traitĂ©e avec une telle lĂ©gèretĂ©, un tel manque de crĂ©ativitĂ© et de tension, bref, tout le contraire de ce que reprĂ©sente le maĂ®tre du suspense pour le cinĂ©ma.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 18/03/2013 Ă  16:31 | #1

    Ok, vu et je suis entièrement d’accord sur ta vision. Maintenant, le film passe plutĂ´t bien mais on apprend tellement peu de choses.