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Twixt, critique

posté le 04/04/2012 FredP

Avec Twixt, Coppola retourne Ă  ses annĂ©es Ă©tudiantes et Ă  l’horreur pour offrir un film dĂ©routant aussi bancal qu’intĂ©ressant dans l’Ă©volution dans la carrière du cinĂ©aste.

On a tendance Ă  l’oublier mais le Francis Ford Coppola qui nous avait rĂ©galĂ© avec Le Parrain et Apocalypse Now a dĂ©butĂ© dans l’Ă©curie Corman en tant qu’assistant-rĂ©alisateur puis avec Dementia 13. Avec Twixt, il termine un cycle de 3 films personnels et Ă  petit budget qu’il avait commencĂ© avec l’Homme sans âge, comme un petit retour aux sources fait de fraicheur et d’expĂ©rimentations malgrĂ© son expĂ©rience. Après le familial Tetro, il retourne donc Ă  l’horreur qu’il avait presque abandonnĂ© depuis son magnifique Dracula.

Sur un thème très classique du genre, il emmène un Ă©crivain fantastique (Val Kilmer en Stephen King ratĂ©) dans une bourgade au passĂ© mystĂ©rieux. Alors qu’il apprend au fur et Ă  mesure qu’un meurtre a eu lieu, il rĂŞve la nuit d’une fillette fantĂ´me qui lui racontera l’histoire du village. Le clocher du village, l’hĂ´tel hantĂ©, les vampires, le temps suspendu, jusqu’à l’apparition d’Edgar Allan Poe … Coppola insère dans son rĂ©cit tous les Ă©lĂ©ments fantastiques qui ont Ă©tĂ© prĂ©sents dans le rĂŞve qui l’a amenĂ© Ă  rĂ©aliser le film donnant alors une impression Ă©trange.

Entre le très cheap et le kitsch, on peut le dire, le film n’est pas forcĂ©ment d’un très bon goĂ»t esthĂ©tique, Ă  l’image de Val Kilmer qui ressemble lui de plus en plus Ă  Steven Seagal, la maitrise des arts martiaux en moins. C’est assez dĂ©routant de voir que Coppola retourne ici Ă  une certaine simplicitĂ© qui fleure bon les annĂ©es 60, comme si il avait oubliĂ© la perfection technique et narrative qu’il avait apportĂ© au cinĂ©ma. En soit, l’histoire n’apporte rien au genre et aligne mĂŞme les clichĂ©s si bien qu’elle devient vite assez peu intĂ©ressante et seule la filiation du film avec les rĂ©flexions poĂ©tiques d’Edgar Allan Poe fera son originalitĂ©. Conte macabre plutĂ´t graphique, Twixt n’a en soit que peu d’intĂ©rĂŞt et se perd facilement dans la facilitĂ© ou le n’importe quoi.

Pourtant si le film est loin d’ĂŞtre extraordinaire et ressemble bien plus Ă  un film fourre-tout d’Ă©tudiant en cinĂ©ma indĂ© d’horreur, il est intĂ©ressant de voir que Coppola fait ce film Ă  ce stade de sa carrière, maintenant qu’il n’a rien Ă  prouver, qu’il bĂ©nĂ©ficie d’une expĂ©rience et d’une culture large et d’une libertĂ© totale. Son film est rempli d’une certaine fraicheur et d’une sĂ©rĂ©nitĂ© qui sont tout Ă  fait dans l’esprit de cet Ă©tudiant de 72 ans qu’est Coppola. Il va mĂŞme jusqu’Ă  expĂ©rimenter quelques nouvelles techniques. A ce titre, bien qu’inutiles pour l’histoire, son travail sur les couleurs ou sur 2 scènes en 3D nous permet de voir qu’il tente toujours de nouvelles choses et qu’il s’amuse avec les outils d’aujourd’hui en essayant d’impliquer les spectateur dans le processus.

Finalement, bien plus que le film qui restera en soit assez mineur dans la carrière de Coppola, l’intĂ©rĂŞt de Twixt se situe plus dans la rĂ©crĂ©ation qu’il reprĂ©sente pour Coppola qui revient ici Ă  la case dĂ©part, la rĂ©flexion sur la vie et la famille en plus. Mais après ces quelques annĂ©es d’errance cinĂ©matographique, nous avons plutĂ´t hâte de voir ce que le maĂ®tre nous rĂ©serve de plus ambitieux ensuite.

D’ailleurs, je tiens Ă  remercier PathĂ© qui nous a offert après la projection en avant-première publique une masterclass d’une heure de Francis Ford Coppola (en soit bien plus passionnante que le film). Nous y avons ainsi appris qu’il voyait l’avenir du cinĂ©ma de manière bien plus interactive avec le spectateur (les technologies de montage lui permettant d’arranger le film selon ce qu’il dĂ©sire Ă  ce moment lĂ ), que Twixt dĂ©coule d’un rĂŞve qu’il a fait (il n’aurait pas pu en ĂŞtre autrement Ă  la vision du film), que les acteurs ne sont pas difficiles (ils ont juste peur), qu’il a grand plaisir Ă  tourner en famille et surtout qu’il a ensuite un projet bien plus ambitieux en prĂ©paration (ce qui est rassurant).

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 13/04/2012 Ă  17:21 | #1

    J’ai vu ce film hier, et j’ai eu du mal Ă  entrer dans l’univers proposĂ©. Ca ne fait pas vraiment peur, ça n’est pas vraiment drĂ´le, ce n’est pas Ă©blouissant mais il y a de belles images et de l’originalitĂ© dans l’approche. Dommage que je me sois endormir 10 minutes avant la fin !