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L’étrange pouvoir de Norman, critique

posté le 14/08/2012

Le milieu du film d’animation est surprenant et nous livre de véritables coups de cœur quand on s’y attend le moins ! C’est encore le cas avec L’Étrange Pouvoir de Norman (ParaNorman) qui effrayera les plus petits et ravira les plus grands.

Que se passe-t-il quand un ancien des studio Aardman (Wallace & Gromit) et l’un des collaborateurs d’Henry Selick (Coraline) travaillent ensembles ? Ils réalisent une histoire fantastique assez sombre en stop-motion. Et au final, nous avons un véritable petit bijou de mélancolie. Pour l’histoire, Norman est un garçon un peu étrange puisqu’il peut voir les morts. Du coup, il est un peu la cible des brutes du lycée et sa famille ne sait as trop quoi faire de lui. Mais lorsque l’ancienne malédiction d’une sorcière va s’abattre sur la ville, il sera le seul à pouvoir y faire face, en apprenant autant sur lui-même que sur les autres.

Autant le dire tout de suite, avec son ton sombre, ses zombies qui surgissent de terre et ses fantômes, L’Étrange Pouvoir de Norman n’est peut-être pas à mettre devant les plus petits. Mais pour tous les autres, ce n’est que du bonheur. Bien sûr, on est toujours impressionné par la montagne de travail que représente un film en stop-motion (ces petites marionnettes que les animateurs doivent faire bouger, image par image) et ça l’est d’autant plus quand on voit que les réalisateurs n’ont pas hésiter à montrer une foule en furie. Mais ils n’en oublient jamais la première chose indispensable à la réussite du film : l’histoire et les personnages.

La première séquence du film montrant Norman regarder une série B d’horreur donne tout de suite le ton : ParaNorman va plaire aux fans de l’horreur des années 80 biberonnés à Halloween et Evil Dead. En effet, avec sa bande d’ados losers et parfois un peu freaks qui doit lutter contre des zombies, on a un peu l’impression que les Goonies rencontrent Scooby-Doo dans une humeur légèrement macabre qui fait plaisir. Côté casting, les réalisateurs ont choisit des voix qui sont totalement à contre-emploi qui fonctionnent parfaitement. Ainsi, de Christopher Mintz-Plasse doublant la brute à Casey Affleck interprétant un frangin bodybuildé un peu benêt, chacun prend vraiment plaisir à jouer avec les caricature de ses personnages pour mieux les faire aimer du public et c’est plutôt réussi. Par leur design mais surtout leur caractère bien défini, on s’attache tout de  suite à eux et le message qu’ils vont délivrer sera d’autant plus beau.

Car sous couvert de références et d’un peu d’humour noir et parfois légèrement burlesque mettant en lumière certains aspects de notre société face à ce qu’on ne connait pas, il y a vraiment dans l’Étrange Pouvoir de Norman une histoire passionnante, assez noire et mélancolique qui fera frissonner autant qu’elle pourra émouvoir et faire réfléchir les plus grands. En effet, les réalisateurs n’hésitent pas changer régulièrement de direction, non pas pour perdre de spectateur mais bien pour arriver à une belle leçon de morale loin de tout manichéisme. Ils déjouent ainsi les clichés (les plus horribles n’étant pas forcément ceux que l’on pense) pour délivrer une histoire dense, qui souffrira peut-être de petites longueurs mais reste toujours passionnante à suivre avec une mise en scène remplie d’idées.

Jusqu’au final rempli de beauté, de tristesse et d’émotion pronant le droit à la différence mais jamais au détriment de la sociabilité L’Étrange Pouvoir de Norman surprend donc à chaque instant, nous touchant par ses personnages attendrissants et son message mélancolique et en même temps rempli d’espoir. Bref, le film est un vrai coup de cœur et révèle deux réalisateurs dont la poésie macabre est à suivre de très près.

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