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La Cabane dans les Bois, critique

posté le 30/04/2012 FredP

cabane dans les bois critique

Oubliez tout ce que vous connaissiez sur les films d’horreur. La Cabane dans les Bois va vous en dĂ©voiler tous les secrets et le rĂ©sultat inattendu, un peu foutraque mais bourrĂ© d’idĂ©es qui en fait l’une des surprises les plus intĂ©ressantes et plaisantes du moment.

Joss Whedon et Drew Goddard, voilĂ  une Ă©quipe qui a fait ses preuves. Le premier crĂ©ateur de Buffy et rĂ©alisateur de Avengers, le second scĂ©nariste sur la 7e saison de la tueuse de vampires mais aussi sur Alias, Lost ou Cloverfield. Aussi, dès lors que cette rĂ©union collabore sur un film d’horreur, on est en droit d’en attendre quelque chose de bien plus intĂ©ressant et corrosif que les histoires sanglantes qui pullulent sur les Ă©crans. Le souci est que le film rĂ©serve tellement de surprises et emprunte tellement de directions diffĂ©rentes qu’il est difficile d’en parler sans rĂ©vĂ©ler quoi que ce soit.

Nous nous en tiendrons donc au pitch de base, celui d’une bande d’Ă©tudiants rĂ©pondant aux normes du genre (la bombasse, le sportif, l’intello, …) qui vont passer quelques jour dans une cabane isolĂ©e au fond des bois Ă  cĂ´tĂ© d’un lac. Le cadre idĂ©al pour se reposer et bourrer la gueule entre amis si il n’y avait une malĂ©diction qui pesait sur le lieu. Mais rien ne va se passer comme prĂ©vu, car au delĂ  du clichĂ©, nous allons vite nous rendre compte que derrière cette histoire se cache une machination bien plus intĂ©ressante, de celles qui donnent une raison d’ĂŞtre Ă  tous les films d’horreur quels qu’ils soient.

Car avec la Cabane dans les Bois, le duo Whedon/Goddard nous emmène finalement dans les coulisses dans les films d’horreur et nous dĂ©voilent d’une certaine manière pourquoi il s’agit toujours de la mĂŞme histoire, pourquoi les personnages sont toujours aussi dĂ©biles et pourquoi ils finissent toujours par se sĂ©parer en diffĂ©rents groupes. Sans cynisme mais plutĂ´t avec un vĂ©ritable amour du genre ils s’amusent Ă  jouer avec les ficelles du genre pour mieux les dĂ©monter et crĂ©er un univers qui regroupe tous les sous-genre avec une certaine efficacitĂ©. C’est ainsi que le film rĂ©vèle de nombreuses surprises mais surtout joue avec le spectateur, que ce soit dans la cave qui recouvre de nombreuses possibilitĂ©s quand Ă  la suite du film,  mais surtout en lui montrant directement comment il rĂ©agit face Ă  ce genre de film. On lance des paris sur ce qu’il va se passer, on attend la scène oĂą la première victime transgressera les règles et sera punie…

Un peu comme si Evil Dead rencontrait the Truman Show avec des ramifications inattendues, La Cabane dans les Bois trouve aussi parfaitement sa place dans le « Whedonverse» . Ainsi, en plus de personnages qui sont rĂ©gulièrement apparus dans les shows de Joss Whedon (Fran Kranz dans un rĂ´le primordial mais surtout quelques personnages secondaires que les fans devraient retrouver sans peine), cette Cabane dans les Bois pourraient très bien ĂŞtre, par son thème ou les secrets enfouis derrière les mythes urbains des films d’horreur, l’extension de l’une des saisons de Buffy ponctuĂ©e par une sĂ©quence dont rĂŞverait tout fan de films d’horreur. Sans oublier Ă©videmment l’efficacité avec laquelle le duo Ă©crit ses personnages avec un humour toujours bienvenu.

En multipliant les pistes, La Cabane dans les Bois ne va jamais dans le sens que l’on imagine. BourrĂ© d’idĂ©e, malin comme le diable, le film dĂ©route mĂŞme dans son final plus mystique loin des codes traditionnels. Mais heureusement, les auteurs ne se laissent jamais dĂ©border par leur imagination et arrivent Ă  maintenir un cap clair  qui fait de cette Cabane non pas une parodie mais une Ă©tude astucieuse du genre et de ses règles qui procure un plaisir instantanĂ© au spectateur qui se voit non seulement traitĂ© avec intelligence mais qui en plus est invitĂ© Ă  participer inconsciemment au film.

DĂ©cidĂ©ment, avec le parfait pied de nez au genre qu’est la Cabane dans les Bois, Joss Whedon rĂ©serve bien des surprises et prouve encore ici qu’il connait parfaitement la culture geek pour s’amuser avec et emporter le spectateur avec lui.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 30/04/2012 Ă  11:00 | #1

    Je pense aller le voir, pour le plaisir coupable de la semaine.

  2. FredP
    30/04/2012 Ă  11:02 | #2

    @Wilyrah bien plus qu’un plaisir coupable, c’est un vrai bon film rĂ©ussi et intelligent. Aucune culpabilitĂ© Ă  ressentir en allant le voir ;)

  3. Link-du-55
    27/05/2012 Ă  07:36 | #3

    Super film mais un peu dĂ©chut comme mĂŞme, la fin est un peut bizarre pour ce film mais sa serait bien qu’il y aurait un dexième