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Culte du dimanche : Rosemary’s Baby

posté le 29/04/2012 FredP

Angoisse d’ĂŞtre mère et paranoĂŻa sataniste, voilĂ  le menu de ce culte du dimanche qui voyait la consĂ©cration hollywoodienne de Roman Polanski : Rosemary’s Baby.

Après avoir acquis une grande reconnaissance du milieu du cinĂ©ma europĂ©en grâce Ă  RĂ©pulsion et Cul-de-Sac sans oublier son hommage parodique Ă  la Hammer avec le Bal des Vampires, Roman Polanski est repĂ©rĂ© par un producteur amĂ©ricain qui lui offre son premier film hollywoodien, l’adaptation du livre d‘Ira Levin, Rosemary’s Baby. Il en fera un drame horrifique paranoĂŻaque entrĂ© depuis dans le panthĂ©on du genre.

Il s’agit de l’histoire d’un couple qui s’installe dans un nouvel appartement pour y fonder une petite famille. Il font alors la connaissance de leur voisins plus que bienveillants. Peu de temps après l’emmĂ©nagement, la grossesse de Rosemary ne se passe pas très bien, entre douleurs et rĂŞves Ă©tranges, elle commence Ă  se poser des questions sur les vĂ©ritables intentions des voisins qu’elle imagine versĂ©s dans la sorcellerie. Mais est-ce la rĂ©alitĂ© ou tout cela n’est-il que paranoĂŻa ? Rosemary va devoir surmonter ses peurs pour Ă©tablir la vĂ©ritĂ© et montrer qu’elle n’est pas folle.

Avec Rosemary’s Baby, Roman Polanski fait preuve d’une redoutable efficacitĂ© dans sa mise en scène et dans l’installation d’un faux rythme qui fait grimper la tension pendant plus de deux heures de film. Ainsi il prend le temps de nous montrer la vie de couple des Woodhouse, l’installation dans l’appartement et les liens qu’ils crĂ©ent avec les Castevet avant d’en venir Ă  l’essentiel, la grossesse de Rosemary. Il installe ainsi son film dans un cadre quotidien et urbain tout ce qu’il y a de plus normal. Et quel meilleur moyen d’installer la terreur que de faire progressivement basculer ce quotidien dans le fantastique ? Polanski y arrive merveilleusement sans jamais faire de dĂ©monstration par de grands effets (ni sang, ni effets spĂ©ciaux), tout est dans la suggestion et maĂ®trise d’un rĂ©cit prenant. L’horreur qui s’installe est indicible, sournoise et l’attitude paranoĂŻaque de Rosemary interroge le spectateur sur ce qu’il se passe rĂ©ellement.

Si Rosemary’s Baby fonctionne si bien, ce n’est pas seulement Ă  grâce Ă  une parfaite maitrise de la mise en scène de son rĂ©alisateur mais aussi par son histoire. En effet, le rĂ©cit est une mĂ©taphore de la grossesse qui se passe mal et des interrogations que toute femme enceinte porte en elle. Comment Ă©lever ensuite son enfant ? Sera-t-il en bonne santĂ© ? Puis-je faire confiance Ă  mon mari pour l’Ă©lever ? Telles sont les questions qui sont ici amplifiĂ©es, dramatisĂ©es, pour montrer toute la difficultĂ© de la grossesse.

La rĂ©ussite de Rosemary’s Baby est aussi due Ă  l’interprĂ©tation parfaite de la jeune Mia Farrow qui transmet Ă  la perfection ses angoisses maternelles. Elle passera de l’innocence Ă  la paranoĂŻa avec subtilitĂ© avant d’accepter son rĂ´le de mère dans le final grandiloquent et après une transformation physique douce qui rĂ©vèle toute l’horreur dans laquelle la plonge cette grossesse.
D’un autre cĂ´tĂ© Polanski n’oublie pas l’humour noir qu’il glisse justement dans son final et Ă  travers Madame Castevet, voisine envahissante qui cache bien des secrets. Un rĂ´le qui vaudra d’ailleurs un oscar et un golden globe Ă  son interprète Ruth Gordon.

Avec Rosemary’s Baby, Roman Polanski rĂ©alise ainsi une pièce maĂ®tresse du cinĂ©ma d’angoisse qui lui vaudra alors une reconnaissance internationale. Aujourd’hui encore, le film reste certainement l’un des plus intĂ©ressants sur les angoisses de la maternitĂ© mais aussi sur la manifestation de la sorcellerie dans le quotidien de notre monde moderne. Bref, le bĂ©bĂ© de Rosemary n’a pas fini de rendre son public paranoĂŻaque.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

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