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Elle s’appelle Ruby

posté le 26/09/2012 FredP

Envie d’une pause douceur ? Alors il suffit d’aller voir Elle s’appelle Ruby, irrĂ©sisible feel good movie menĂ© par un Paul Dano rempli de tendresse et la rĂ©vĂ©lation de ZoĂ© Kazan.

Cela faisait six ans que l’on n’avait pas entendu parler de Valerie Faris et Jonathan Dayton, les rĂ©alisateurs de Little Miss Sunshine. C’est sous l’impulsion de Paul Dano qu’ils reviennent derrière la camĂ©ra pour passer de l’histoire de famille Ă  l’histoire de couple avec Elle s’appelle Ruby. Un lĂ©ger changement de registre, moins portĂ© sur la rĂ©ussite et la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine, plus axĂ© sur une histoire intimiste qui ne donnera pas l’impression qu’ils refont la mĂŞme chose.

Histoire de couple, Elle s’appelle Ruby l’est doublement puisque d’un cĂ´tĂ© le film parle d’un Ă©crivain qui voit l’hĂ©roĂŻne qu’il Ă©crit et dont il tombe amoureux devenir rĂ©alitĂ© alors qu’en coulisses, le film est rĂ©alisĂ© par un couple mais Ă©galement produit, scĂ©narisĂ© et jouĂ© par un couple puisque Paul Dano et ZoĂ© Kazan sont ensemble dans la vraie vie et se sont donc investis Ă  tous les niveaux. Mais ce n’est pas parce que le film est rĂ©alisĂ© entre deux couple qui se connaissent bien que l’histoire tournera Ă  la private joke. Au contraire, le film est très ouvert sur les spectateurs qui peuvent s’identifier très simplement aux personnages et Ă  ce couple du coup plus vrai que nature.

Laissons tomber l’aspect « people»  de la construction du film pour parler de ce qu’il raconte vraiment. Ecrit de manière très maline par ZoĂ© Kazan, Elle s’appelle Ruby joue un peu sur une histoire d’amours aux accents adolescents comme avait pu le faire 500 Jours Ensemble. On y retrouve d’ailleurs un mec en mal d’amour qui pense avoir trouvĂ© et imaginĂ© la femme qui lui correspond. Au delĂ  du fantasme de contrĂ´ler sa femme (puisqu’elle correspond Ă  tous ses rĂŞve et la moindre page qu’il Ă©crit sur elle a des consĂ©quence sur sa personnalitĂ©) , il en montre aussi les limites et reste pleinement humain. Entre purs moments de tendresse, d’autres instants de tristesse parfois difficiles mais toujours avec un espoir au bout, le film navigue assez justement entre les Ă©motions en sans faire trop.

On pourra peut-ĂŞtre reprocher au scĂ©nario d’ĂŞtre cousu de fil blanc. Tout est finalement assez prĂ©visible mais pourtant ça fonctionne. D’une part car le couple que forment Paul Dano et ZoĂ© Kazan est très touchant et nous emporte sans soucis dans l’histoire. D’autre part car cette histoire aux accents lĂ©gèrement fantastiques permet de prendre quelques libertĂ©s et d’accentuer certains dĂ©tails de la relation de couple de manière très intĂ©ressante. Enfin car les seconds rĂ´les y sont savoureux, en particulier Annette Benning et Antonio Banderas incarnant les parents hippies qui attendaient impatiemment de connaitre cette fiancĂ©e issue de l’imaginaire de leur fils.

Elle s’appelle Ruby a donc tous les ingrĂ©dients du film indĂ©pendant amĂ©ricain romantique et lĂ©gèrement bobo, reconnaissons-le (avec cette fascination des auteurs pour la langue française), souvent dĂ©jĂ  vu, et sans provoquer la mĂŞme euphorie que Little Miss Sunshine, reste un bon moment Ă  passer, intelligent et touchant.

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