50/50, critique

posté le 23/11/2011 FredP

50-50-critique

Joseph Gordon-Levitt a un cancer ! Non rassurez-vous il ne se rase le crâne que pour 50/50, comédie dramatique typique du cinéma indé US et véritable petit coup de cœur.

50-50 afficheIl y a des fois oĂą il ne faut vraiment pas se fier Ă  l’affiche du film. Pour 50/50 c’est bien l’affiche française qui est complètement Ă  cĂ´tĂ© de la plaque. En voulant nous faire croire Ă  une vĂ©ritable comĂ©die assez lourde, le distributeur français a oubliĂ© ce qui fait tout l’intĂ©rĂŞt du film, Ă  savoir le drame, chose qui Ă©tait pourtant prĂ©sente sur l’affiche amĂ©ricaine, moins joyeuse mais tellement plus proche de l’esprit du film. Car 50/50 n’est pas une comĂ©die qui invite Ă  se bidonner devant 10 louches de blagues made in Apatow. Non, c’est tout simplement ce qui se fait de mieux en comĂ©die dramatique indĂ©pendante digne de Sundance.

Dans 50/50, le rĂ©alisateur Jonathan Levine met en scène le scĂ©nario quasi-autobiographique de Will Reiser. Il nous raconte Ă  travers le personnage d’Adam, 27 ans, sa lutte contre un cancer qui Ă©tait plus inattendu, les coups durs, les moments plus drĂ´les et souvent absurdes de cette difficile Ă©preuve. Le film navigue ainsi entre plusieurs Ă©motions assez fortes, vĂ©hiculĂ©es avec justesse par un Joseph Gordon-Levitt toujours aussi touchant.

Disons-le tout de suite, 50/50 ne va peut-ĂŞtre pas traiter des instants les plus glauques de la maladie. Nous n’aurons pas d’images choc de cancĂ©reux. Et c’est tant mieux car cela aurait Ă©tĂ© mettre trop l’accent sur le misĂ©rabilisme que peut provoquer la maladie. Non, on ne va pas s’appesantir sur le sort du pauvre Adam pour avoir un film au pathos lourd et tire-larme insupportable. Car il faut ĂŞtre plus fort que la maladie, nous n’en garderons que le meilleur, mĂŞme si pour cela il faut passer par des Ă©tapes difficiles.

Car avoir le cancer, ce sont toutes les relations avec les proches qui s’en trouvent bouleversĂ©e. Il y a les amis qui vont nous aider Ă  garder le moral, les parents qui vont s’en faire sans arrĂŞt et la petite amie pour qui la situation va ĂŞtre plutĂ´t difficile Ă  gĂ©rer. Mais ce n’est pas que tristesse, et dans 50/50 le sourire Ă  toute ça place. Après tout, quelle meilleur moyen de chopper une fille qu’en la rendant compatissante ou en lui disant qu’on a de l’herbe mĂ©dicinale ? Ce sont tous les alĂ©as d’une vie chamboulĂ©e qu’Ă©voque rapidement 50/50 pour nous remplir d’Ă©motions.

Il faut dire que le choix de Joseph Gordon-Levitt est impeccable. Comme par magie, l’acteur arrive comme souvent Ă  nous faire ressentir toutes les Ă©motions de son personnage, comme si il parlait au plus profond de nous… ou peut-ĂŞtre est-ce aussi la justesse de l’Ă©criture … mais quoi qu’il en soit, la combinaison des deux nous touche clairement. A ses cĂ´tĂ©s, le casting est aussi complĂ©mentaire. Seth Rogen pour une fois n’en fait pas des caisses et laisse de cĂ´tĂ© sa vulgaritĂ© habituelle pour jouer le meilleur pote enthousiaste alors que la trop rare Angelica Huston campe une mère dĂ©passĂ©e et trop protectrice touchante.

Évidemment, certains lui reprocheront bien tous ses tics de cinĂ© indĂ© US typique d’un certain Jason Reitman (musique folk, personnages un peu loufoques mais pas trop, petite bourgade, …), mais vous l’aurez compris, avec 50/50 on a souvent souri mais surtout on a Ă©tĂ© Ă©mu, touchĂ© par cette histoire traitĂ©e avec dĂ©licatesse et sincĂ©ritĂ© grâce Ă  un Joseph Gordon-Levitt encore une fois tellement proche de nous.

publié dans :Cinéma Coup de Coeur Critiques ciné

  1. 24/11/2011 Ă  02:24 | #1

    Rien de bien original mais un traitement suffisamment subtil pour remporter l’adhĂ©sion. Et JGL porte le film, comme souvent.