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The Lady, critique

posté le 22/11/2011 FredP

the lady critique

Après ses Ă©garements avec des films pour enfants, Luc Besson revient avec une histoire forte. Celle d’une femme au destin et au combat exceptionnels : Aung San Suu Kyi. The Lady est une fresque qui redore un peu le blason de son rĂ©alisateur mais qui permet surtout de prendre conscience du monde dans lequel on vit.

the lady afficheDepuis 10 ans on pensait avoir complètement perdu Luc Besson. Celui qui nous avait offert LĂ©on et Nikita nous a sorti des productions d’action Ă  la chaine et s’est embringuĂ© dans les films d’animations pour mĂ´mes qui n’ont pas vraiment ravi les enfants. On Ă©tait donc loin de penser qu’il pourrait Ă  nouveau nous offrir un film comme il sait pourtant bien les faire. Heureusement, Michelle Yeoh s’est prĂ©sentĂ©e Ă  lui avec un projet qui ne pouvait que lui parler, l’histoire d’une femme dotĂ©e d’une force intĂ©rieure indĂ©fectible. En s’attaquant Ă  la destinĂ©e du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, Luc Besson trouve donc un sujet aussi passionnant que poignant, d’autant plus que la fin de l’histoire est loin d’ĂŞtre encore Ă©crite.

Pourtant le film commence mal, très mal mĂŞme. En traitant l’histoire d’Aung San Suu Kyi, Besson commence Ă©videmment son rĂ©cit par le massacre de son père qui avait nĂ©gociĂ© l’indĂ©pendance de la Birmanie. Et les vieux dĂ©mons le reprennent. Besson filme ce massacre comme si il filmait un nouveau LĂ©on. Un style de rĂ©alisation qui ne correspond pas du tout au sujet et du coup fait assez peur de ce qu’il peut faire du rĂ©cit. Heureusement, il se reprend ensuite et fini par adopter un style plus posĂ© qui sied mieux Ă  l’histoire mais il faudra vraiment attendre l’assignation de la militante pour la dĂ©mocratie pour se laisser emporter dans le film.

En effet, dans la première partie, Luc Besson reste fidèle  son style et manque clairement de subtilitĂ© tout en ignorant l’histoire et le contexte de la Birmanie. En donnant un visage au gĂ©nĂ©ral qui dirige la junte birmane, il donne au rĂ©cit un aspect manichĂ©en  typique de son cinĂ©ma et reste en permanence Ă  la surface des Ă©vènements. Jamais le fond du message politique ne sera abordĂ© et le dĂ©bat intĂ©rieur d’Aung San Suu Kyi avant de s’engager dans la vie politique n’a pas lieu d’ĂŞtre. On passe ainsi directement de la femme au foyer Ă  son Ă©mouvant discours pour la dĂ©mocratie devant des milliers de militants en un clin d’œil en ne comprenant pas vraiment les raisons de son engagement.

C’est donc Ă  partir du moment oĂą elle est assignĂ©e en rĂ©sidence, sans contact extĂ©rieur, mais toujours habitĂ©e par une foi inĂ©branlable dans son combat que le rĂ©cit commence Ă  prendre. Face Ă  l’horreur qu’elle doit subir, Ă  la solitude qui peut la gagner, loin de sa famille, son impossibilitĂ© d’agir, on comprend alors tout ce qu’elle reprĂ©sente. Le combat d’une femme est le combat d’une nation. Mais c’est aussi le combat d’une famille. SĂ©parĂ©e de ses proches, le combat n’en est que plus difficile, en particulier quand son mari sera atteint d’un cancer et qu’elle ne pourra pas ĂŞtre auprès de lui.
Besson arrive ici Ă  retranscrire avec Ă©motion l’histoire d’une famille qui fait passer son combat idĂ©ologique avant son bien-ĂŞtre
. Grâce Ă  la force qui se dĂ©gage de la  lutte ces personnes qui ont tout donnĂ© pour la paix et la libertĂ© d’un peuple, Besson ne verse pas dans le pathos mais nous touche sincèrement. On comprend bien la force qui habite Aung San Suu Kyi et nous prenons alors conscience des sacrifices que font certaines personnes hors du commun pour prĂ©server le bien-ĂŞtre des peuples.

Il faut dire que Michelle Yeoh arrive Ă  incarner avec une intensitĂ© immense cet esprit. En plus de sa ressemblance physique, on sent bien que l’actrice s’est investie dans ce rĂ´le comme jamais. Elle dĂ©gage alors une aura qui nous entoure pendant tout le film et nous donne envie de suivre Aung San Suu Kyi dans son combat. A ses cĂ´tĂ©, David Thewlis n’est pas en reste et se rĂ©vèle tout aussi intense en menant le combat loin de sa femme. Besson met en scène la lutte d’un couple qui reste uni malgrĂ© les barrières en laissant s’exprimer tout le talent de ses acteur, donnant Ă  son film l’humanitĂ© qui manquait dans sa première partie.

The Lady redonne donc des couleurs au cinĂ©ma de Luc Besson qui arrive au final Ă  surmonter ses dĂ©fauts pour nous prĂ©senter une histoire captivante sur un destin hors normes et un combat intense qui donne vĂ©ritablement envie de s’engager dans ces grandes causes.

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