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Culte du dimanche : Memento

posté le 18/07/2010 FredP

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Inception sort mercredi, l’occasion de revenir sur le film culte qui a rĂ©vĂ©lĂ© le talent de Christopher Nolan aux yeux de tous, le terrible labyrinthe de Memento.

Après un court mais intéressant Following, Christopher Nolan commence à faire parler de lui avec un film plutôt original avec un scénario et un montage au concept unique auquel peu de personnes se sont frottées. Memento est un exercice de style impressionant de maitrise pour un réalisateur en début de carrière comme Nolan, mais déjà on décèle dans cette oeuvre tout ce qui fait son cinéma.

Un homme enquĂŞte sur le meurtre de sa femme. Il trouve l’assassin et le tue. Le problème, c’est qu’il n’a pas de mĂ©moire Ă  court terme alors on n’est sĂ»rs de rien. Du coup, le rĂ©alisateur nous fait remonter le temps jusqu’Ă  la possible rĂ©vĂ©lation. Scène après scène, nous dĂ©couvrons comment Leonard en est arrivĂ© lĂ  et quels indices il a collectĂ© pour remonter la piste. Christopher Nolan (avec l’aide de son frère Jonathan au scĂ©nario) nous entraine donc dans une enquĂŞte pas comme les autres et surtout dĂ©monte complètement la structure de l’histoire en la racontant dans l’ordre antĂ©-chronologique tout en y installant des fragments d’un passĂ© plus lointain (en noir et blanc et dans l’ordre chronologique) qui se rejoindront pour arriver Ă  une rĂ©vĂ©lation finale saisissante.

Ce qui fait la force du film, c’est que le concept du montage est complètement en raccord avec l’histoire qui est racontĂ©e. Si bien que la fin, qui n’est que le dĂ©but, peut ĂŞtre vue comme une boucle infinie, car, finalement, l’histoire risque bien de tourner en rond avec la vĂ©ritĂ© que l’on apprend. Mais est-ce vraiment la vĂ©ritĂ© ? La question reste en suspend et Nolan laisse le spectateur se faire sa propre interprĂ©tation. Teddy raconte-t-il la vĂ©ritĂ© ? ou n’est-il qu’un profiteur de la courte mĂ©moire du hĂ©ros ?

En plus d’une intrigue Ă  rebours, Nolan a donnĂ© plus d’intensitĂ© au rĂ©cit avec des personnages ambigus portĂ© par des acteurs forts bien dirigĂ©s. Le hĂ©ros interprĂ©tĂ© par Guy Pearce nous parait blanc comme neige et dĂ©terminĂ©, mais sa condition n’est-elle pas due Ă  un choc plus important ? Carrie-Anne Moss est perturbante, mĂŞlĂ©e Ă  de louches affaire, est-elle vraiment honnĂŞte avec Leonard ? Quand Ă  Teddy (Joe Pantoliano), il ne faut pas croire tout ce qu’il raconte, mais qui d’autre croire ?

En fait, aujourd’hui, avec tout le recul que l’on a sur la carrière de Nolan, on peut voir que tout Ă©tait dĂ©jĂ  lĂ . Son goĂ»t pour le film noir, les hĂ©ros pertubĂ©s, tout ce qui trait Ă  l’esprit et Ă  la manipulation trouve racine ici de manière efficace et sera dĂ©cuplĂ© dans ses films suivants, que ce soit Insomnia, Le Prestige et Inception ou les Batman. Nolan inaugurait ici le style et les thèmes qui font toute sa parfaite filmographie (jusqu’Ă  maintenant en tout cas).

En fait, si Nolan est Ă  la place qu’il occupe actuellement Ă  Hollywood, c’est grâce Ă  ce Memento diaboliquement maitrisĂ©, 100% original et inimitable. Depuis, le rĂ©alisateur n’a fait que gagner en style et en maitrise. Remonter dans son passer ne peut donc que nous rĂ©vĂ©ler une Ĺ“uvre aujourd’hui culte.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

  1. 15/08/2010 Ă  19:02 | #1

    Un choc et une rĂ©vĂ©lation pour moi sur le talent de Nolan, qui n’est plus Ă  dĂ©montrer.