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Critiques express : des Crevettes Pailletées à Pikachu

posté le 17/05/2019

Avant d’entrer pleinement dans le festival de Cannes et dans la période purement estivale, et parce qu’il n’y a pas que Game of Thrones tout de même (quoi que …), on revient sur quelques films qui valaient quand même le coup d’œil voir plus ces dernières semaine. On parle donc du beau succès des Crevettes Pailletées, de Brie Larson et son Unicorn Store, de Detective Pikachu et sa horde de pokemons, de la légende arthurienne revisitée dans Alex le Destin d’un Roi… et puis quand même de l’ouverture de Cannes avec les zombies de Jim Jarmush dans the Dead don’t Die.

Les Crevettes Pailletées

Quand un film LGBT à portée grand public débarque, on se méfie toujours un petit peu. Parce qu’il peut entasser les clichés ou aborder le sujet de manière maladroite voir carrément honteuse. Et on se méfie d’autant plus quand l’un des réalisateurs était déjà responsable de Toute Première Fois à la morale douteuse. Mais cette fois Maxime Govart est épaulé de Cédric Le Gallo pour mettre en scène l’histoire de la réelle équipe de water polo des Crevettes Pailletées, coaché par un ancien champion de natation qui a tenu des propos homophobe et doit se racheter en les emmener aux Gay Games.

Et là où certains verront dans les personnalités qui composent l’équipe et certaines situations de purs clichés, on va préférer y voir des personnages profondément attachants, tous différents et qui composent leur propre famille pour partager des moments de pure joie. Du coup on rit beaucoup avec eux (et non d’eux) et on se laisse emporter dans le road trip bon enfant, avec sa petite couche de drame mais surtout une fraîcheur qui réchauffe les cœurs. Oui, ça fait du bien et le succès du film est enfin encourageant pour la cause LGBT.

Unicorn Store

Au moment où Captain Marvel sortait dans les salles, Netflix en a profité pour sortir le film réalisé par Brie Larson il y a 2 ans, Unicorn Store. Et devant la caméra elle faisait déjà équipe avec Samuel L Jackson. Complètement dans la lignée des petits films indépendants US, on y suit Kit qui a échoué dans son école d’art et est de retour chez ses parents avec un job qui ne lui plait pas forcément … jusqu’à ce qu’elle rencontre un excentrique qui lui promet qu’elle pourra adopter une licorne. Rêve ou réalité ?

Si le film est plutôt sympa à suivre et est réalisé avec sincérité, il ne sortira tout de même pas vraiment du lot de ces film indés de reconstruction personnelle avec une pointe d’excentricité et d’imaginaire. Il faut donc bien tout le charme de Brie Larson pour que cela fonctionne jusqu’au bout.

Detective Pikachu

Dans le genre « projet demandé par le marketing pour surfer sur une licence », on aurait pu penser que l’univers des Pokemon aurait été adapté en live au cinéma depuis belle lurette et en décalquant l’histoire des dessins animés. Et bien, surprise, Detective Pikachu ose l’histoire originale en s’orientant du côté du film noir avec un jeune adulte qui va enquêter sur la mystérieuse mort de son paternel qui n’a laissé dernière lui que son pikachu amnésique et que lui-seul peut comprendre. Une investigations qui va le mener jusqu’à un sombre complot scientifique.

Bon, soyons honnêtes, l’histoire est cousue de fils blancs, ultra prévisible, la réalisation n’est pas forcément recherchée et c’est clairement pour les enfants. Par contre l’univers développé dans le film est vraiment bien travaillé avec des pokémons réalistes en quantité (les fans seront aux anges) qui nous offrent des scènes parfois très bien vues (Mr Mime par exemple), et l’histoire ne manque tout de même pas de coeur, ce qui suffit tout de même à nous emporter.

 

Alex le Destin d’un Roi

Il y a 8 ans déjà, Joe Cornish (compère d’Edgar Wright et Steven Moffat) nous offrait une réjouissante relecture de film SF ado actuel avec Attack the Block. Le revoilà enfin derrière la caméra pour une nouvelle fable pour enfants qui ose cette fois revisiter la légende arthurienne. C’est simple, Alex arrive à retirer Excalibur d’un chantier après avoir secouru un camarade des brutes du collège. Du coup il réveille Merlin qui va venir l’aider … mais aussi Morgane qui attendait son heure pour revenir.

A l’heure de la nostalgie des 80’s façon Stranger Things prédomine, le réalisateur ose ne pas s’aventurer sur ce terrain et rester très actuel dans une Angleterre en plein brexit et qui affronte une période sombre. Le destin d’Alex, qui n’est pas forcément un descendant élu mais a sa propre route a tracer, est donc rempli de premier degré réjouissant avec ce qu’il faut de code d’honneur et d’amitié pour convaincre, en plus d’une réalisation de qualité qui devrait embarquer tous les gamins. Bref, une bonne fable à découvrir.

 

The Dead don’t Die

Jim Jarmush, des zombies et un casting d’enfer : Bill Murray,Adam Driver, Tilda Swinton, Chloë Sevigny, Steve Buscemi, Danny Glover, Caleb Landry Jones, Iggy Pop, Selena Gomez, Tom Waits. Voilà de quoi faire une ouverture cannoise glamour et originale. Seulement on va vite déchanter. Avec cette petite histoire de morts-vivants se réveillant dans une petite bourgade américaine le réalisateur se plante totalement.

Avec un discours complètement dépassé sur le versant social du zombie, un rythme qui frôle l’ennui à mort, un humour qui tombe à plat et répétitif sans oublier une point de condescendance vis à vis du public et du genre, il n’y a guerre que quelques rares bonnes lignes de dialogues à sauver par des acteurs qui viennent seulement pour être dans le cadre et déclamer leur phrase. Jarmusch n’apporte absolument rien au genre avec une vision passéiste indécente. Bref, un bon foutage de gueule tout juste digne de se retrouver dans les tréfonds de Netflix. On espère que cela ne représente pas le niveau du reste de la sélection.

 

 

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