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Critiques en séries : Riverdale, Dix pour Cent, Versailles, Bates Motel

posté le 20/05/2017 FredP

Alors que la seconde saison de Sense8 sur Netflix a occupé toute notre attention, d’autres saisons de séries ont pris fin récemment, dont le petit final de Bates Motel, la 1re saison de Riverdale mais aussi deux secondes saisons françaises : Dix pour Cent et Versailles.

Cette fois c’est presque terminé pour Norman Bates. Si la seconde saison menait forcément au meurtre de la mère pour que le fils puisse enfin vivre sa vie, cette ultime saison s’intéresse donc aux conséquences et nous amène vers la fameuse scène de la douche de Psychose qui a fait du personnage l’un des plus fascinants meurtriers d’Hollywood. Si la mère est morte, sa présence se fait toujours sentir puisqu’elle habite maintenant du certaine manière toutes les pensées de Norman, le rendant chaque instant un peu plus fou et isolé. Comme à son habitude Freddie Highmore est très bon mais on sent bien que tout le reste est à bout de course, que ce soit l’irruption du frères Bates (qui a toujours été trop propre pour ce thriller), le retour de l’ancien shérif qui va chercher à venger la mort de Norma ou l’introduction d’une jeune femme presque sosie de de la mère disparue.
Mais le summum du foutage de gueule est atteint quand la série ose enfin s’attaquer à la séquence culte devant remaker Psychose. Non seulement l’idée d’y faire apparaitre Rihanna en Marion Crane est ridicule tant la vulgaire chanteuse joue mal, mais en plus les scénariste ont osé dériver la séquence pour la sauver et ne plus jamais la revoir (juste un argument marketing) et tué son amant qui a pêché puisqu’il trompait ainsi sa femme qui habitait le village (c’est bien pratique). Cela est non seulement insultant vis-à-vis du chef d’oeuvre original dont la série était jusque là l’hommage, mais en plus cela ne sert quasiment pas l’intrigue. Mais au moins le show bénéficie d’une vraie fin qui fait sens avec les débats internes du personnages et si c’est une sortie par la petite porte, c’est une vraie sortie.

Dans le même genre d’atmosphère que Bates Motel, Riverdale, adaptation du comics culte Archie aux US a bien fonctionné cette année. Ce mélange plutôt habile de teen show old school et d’ambiance à la Twin Peaks et à la réalisation bien travaillée a exercé sont petit charme. Pourtant on ne peut pas dire que cela vole très haut. Les personnages d’ados sont complètement clichés, Archie est l’un des personnages centraux de série les plus débiles et girouette qui soient, les intrigues de petits complots dans la petite ville de Riverdale après le meurtre d’un étudiants sont très surfaites. Mais pourtant ça fonctionne grâce à des faux cliffhangers habiles, une belle réalisation appuyée par une bonne BO et tout de même quelques personnages intéressants et attachants. On ne sera pas forcément impatients de voir la suite mais ça passe le temps tout seul.

Côté français, nous venons d’avoir enfin la suite des agents artistiques de Dix pour Cent qui reste assurément la meilleure série de France Télévision. Dans ces 6 nouveaux épisodes, le secret de Camille vole autant en éclat que la retenue de Mathias et que les bonnes intentions de Gabriel envers Sophia. Et pendant ce temps là, un nouvel investisseur débarque et va mettre à mal tous ces caractères. Après nous avoir fait découvrir le milieu des agents artistique et présenté des personnages intéressants en s’appuyant sur quelques guests, cette deuxième fournée va plus loin pour même se terminer lors du Festival de Cannes.
Les personnages sont encore plus approfondis et attachants, en particulier Andréa et Mathias dont les vies sont vraiment chamboulées pour le pire et pour le meilleur, souvent les deux en même temps. Et ces personnages sont tellement forts, bien écrits et interprétés que finalement les guest passent définitivement au second plan tout en étant pourtant excellentes (nous avons le droit à cette fois à rien de mois que Virginie Efira et Ramzy Bédia, Fabrice Luchini, Norman, Isabelle Adjan, Guy Marchand, et l’impeccable Juliette Binoche sans oublier la récurrence d’un Julien Doré conforme à sa folie ou quelques autres petites surprises). Bref, une série humaine et contemporaine aussi bien écrite est suffisamment rare pour ne pas la savourer et prendrons notre mal en patience pour la 3e saison.

Du côté de Canal, c’était la deuxième saison de Versailles. Cette grande série prometteuse mais avec beaucoup de maladresses a-t-elle appris de ses erreurs de jeunesse ? La réponse est oui, avec des intrigues plus resserrées sur les dilemmes du roi qui doit partir en guerre, l’enquête sur un mal, une drogue qui ronge la cour, et la bataille pour le roi que se livrent la reine et la marquise de Montespan. Evidemment tout cela est fortement romancé et il est inutile de se dire que l’on cherche ici la vérité historique. La série assume maintenant pleinement son aspect fictionnel, ne servant de l’histoire que pour dynamiser une intrigue et des personnages aux enjeux plutôt modernes. Alors certes il y a encore des personnages moyennement intéressants dans le lot et certaines intrigues secondaires qui ne sont pas très intéressantes, mais dans l’ensemble, la série progresse, reste à savoir si ça tiendra la longueur.

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