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Spotlight, critique

posté le 09/02/2016 FredP

Un scandale Ă  rĂ©vĂ©ler, des journalistes intĂšgres et persĂ©vĂ©rants, un acadĂ©misme  bien dosĂ©, voilĂ  la recette de Spotlight, film d’utilitĂ© publique mais aussi une plongĂ©e passionnante dans le journalisme d’investigation.

Spotlight, c’est le nom donnĂ© Ă  l’Ă©quipe de journalistes d’investigation du Boston Globe. Une Ă©quipe qui n’hĂ©site pas Ă  plonger plusieurs mois durant dans des affaires risquĂ©es pour rĂ©vĂ©ler au grand jour de sombres secrets et manipulation. Et en 2002, ces journalistes touchent le jackpot en dĂ©couvrant derriĂšre une affaire de prĂȘtre pĂ©dophile tout un rĂ©seau organisĂ© dans l’archidiocĂšse de Boston avec prĂšs de 90 prĂȘtres impliquĂ©s et cachĂ©s par l’Ă©glise et un rĂ©seau d’avocats, rien que ça ! Cette affaire couverte par plusieurs articles et permettant alors aux victimes de sortir enfin du silence obtient alors le prix Pulitzer.

Le film de Tom McCarthy s’attache donc Ă  montrer comment l’enquĂȘte Ă  Ă©tĂ© menĂ©e par les journalistes alors que le journal est secouĂ© par l’arrivĂ©e d’un nouveau directeur. Sans faire d’esbroufe dĂ©placĂ©e pour ce genre de sujet, le rĂ©alisateur nous offre alors un film trĂšs acadĂ©mique dans sa forme et sa structure, plongeant dans les dĂ©tails de l’enquĂȘte auprĂšs des journalistes, sans jamais s’orienter du cĂŽtĂ© du thriller paranoĂŻaque mais sans forcĂ©ment ĂȘtre complaisant.

Petit Ă  petit, nous dĂ©couvrons donc les dessous de cette affaire sur le rĂ©seau de prĂȘtres pĂ©dophiles en mĂȘme temps que les journalistes, de rĂ©vĂ©lation en rĂ©vĂ©lation. La mise Ă  jour de ce scandale devient alors de plus en plus intĂ©ressante Ă  mesure que des Ă©lĂ©ments sont rĂ©unis et que des tĂ©moignages poignants sont donnĂ©s, faisant parfois froid dans le dos. DĂ©taillant l’enquĂȘte aussi bien que l’aurait fait un documentaire pour connaitre les tenants et les aboutissants, Spotlight est ainsi un trĂšs bon moyen d’alerter sur ce qu’il s’est passĂ© et c’est sans doute bien ce sujet et sa maniĂšre d’ĂȘtre traitĂ©e avec la pudeur nĂ©cessaire mais en regardant tout de mĂȘme les consĂ©quences qui a du pousser l’AcadĂ©mie Ă  donner quelques nominations justifiĂ©es aux Oscars.

Mais il y a aussi l’autre aspect du film, celui du point de vue des journalistes d’investigation. En effet, nous les suivons de bout en bout sur leur vie professionnelle tout au long de leur enquĂȘte qui les empĂȘche de mener une vie familiale standard. On les voit ici rĂ©guliĂšrement faire part de leurs doute, de leurs peur pour l’entourage, de leur besoin ou non de respecter leur Ă©thique professionnelle pour aller au bout de l’enquĂȘte. Bref, nous avons droit Ă  des personnages droits dans leurs bottes qui se donneront entiĂšrement Ă  leur sujet pendant des mois pour un seul objectif : la vĂ©ritĂ©. Et voir des personnages animĂ©s par leurs convictions, surmontant l’horreur de l’affaire et qui vont jusqu’au bout donne sacrĂ©ment envie de les suivre.
Et si le casting 4 Ă©toiles (Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams, Brian d’Arcy James, …) est impeccable, ils ne sont pas lĂ  pour tirer la couverture Ă  eux mais au contraire pour offrir une performance de groupe soudĂ© qui porte le film de bout en bout.

Spotlight est ainsi un film trĂšs acadĂ©mique dans son traitement mais qui avait besoin de cette dimension pour porter dignement son sujet et son message tout en remettant sur le devant de la scĂšne le professionnalisme de la profession de journaliste d’investigation que l’on a tendance Ă  oublier en ce moment Ă  cause des chaines infos en continu et ça fait du bien de voir des personnes animĂ©es par de telles convictions.

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