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Hannibal, saison 3, le final macabrement parfait

posté le 08/09/2015 FredP

Dans une grandiose 3e saison, Bryan Fuller conclue se histoire d’amour cannibale avec Hannibal Lecter. Retour sur une saison passionnante,toujours hors normes, sans concession et fascinante.

Qui aurait cru qu’en vendant Ă  NBC un simple pitch de cop show (un professeur en criminologie fait Ă©quipe avec un psychiatre pour coincer des serial killers) Ă  partir d’une licence bien connue, Bryan Fuller, crĂ©ateur de Dead Like Me et Pushing Daisies, en ferait une oeuvre sombre, racĂ©e, exigeante, personnelle très loin des standards des grands networks ? Certainement pas les cadres qui ont du voir dès les premiers Ă©pisodes quelque chose auquel ils ne s’attendaient pas. Mais Ă©trangement, mĂŞme si les audiences sont restĂ©es confidentielles, le programme est devenu un show de prestige pour la chaĂ®ne qui lui permet de changer un peu d’image et de s’attirer d’excellentes critiques.

Le jeu du chat et de la souris des 2 premières saisons a donc fait surgir la vĂ©ritĂ© de manière sanglante pour se terminer dans une vĂ©ritable boucherie avant que Hannibal Lecter ne prenne la fuite. Alors que Will se remet de ses blessures, il doit aussi prendre la dĂ©cision de traquer l’animal parti en Italie avec sa dulcinĂ©e. La première partie de saison s’inspire ainsi grandement sur l’intrigue du livre et du film Hannibal avec Mason Verger, mutilĂ© dans la prĂ©cĂ©dente saison cherchant vengeance. La traque de Hannibal et son incursion dans la renaissance de Florence sont bien plus accessibles qu’auparavant, avec moins de jeux psychologiques.

Mais ce n’est pas parce qu’elle renoue avec des intrigues connues que Fuller arrange comme il le souhaite que la sĂ©rie devient facile et lassante Ă  suivre. Au contraire, sa vision de l’histoire de Hannibal en devient d’autant plus fascinante, allant toujours plus loin dans la relation d’amour et de haine qui s’est nouĂ©e entre le serial killer et le criminologue, inscrivant cette bromance macabre dans une plus grande mythologie et invoquant des discours originaux autour de la foi, la vie, la mort, l’amour et le sexe. Cet aspect mythologique prend encore plus d’ampleur dans la seconde partie de la saison.

Car une fois Hannibal capturĂ©, les auteurs reprennent Ă  leur compte l’intrigue du Dragon Rouge pour faire en sorte de Will et Hannibal se retrouvent et aient un but commun qui leur permettra d’aller au bout de leur relation. Jouant toujours avec l’esprit autant qu’avec les sentiments amoureux contradictoires et inĂ©luctables, ils ne cessent d’imposer une vision unique et une dimension supplĂ©mentaire passionnante au matĂ©riau original jusqu’Ă  un final d’une beautĂ© macabre et gore Ă  couper le souffle qui conclue parfaitement la saison mais aussi la sĂ©rie.

Conscient qu’il ne pourra pas faire durer sa sĂ©rie Ă©ternellement, Fuller a prĂ©vu la fin que l’on attendait et qui ne déçoit pas, provoquant avec cette ultime accolade la chute du hĂ©ros dans les limbes. On pourra y voir de multiples interprĂ©tations tant la sĂ©rie est toujours aussi riche dans ses thĂ©matiques et dĂ©veloppements, d’autant plus qu’elle s’Ă©parpille beaucoup moins cette saison.

Mais encore une fois, il ne faudrait pas oublier tout l’aspect graphique de la sĂ©rie qui renforce Ă  chaque instant son histoire. L’ambiance particulièrement travaillĂ©e, mettant toujours en valeur la lumière au milieu des ombres et faisant toujours passer les plus horribles meurtres pour les plus succulents des mets (ou inversement) dans une tonalitĂ© particulièrement macabre mais aussi sensualisĂ© Ă  l’extrĂŞme Ă  l’instar des mots susurrĂ©s par Gillian Anderson, rendent le show toujours plus fascinant. Si bien que l’on a toujours du mal Ă  en ressortir de la mĂŞme manière que l’on est entrĂ© dans l’Ă©pisode, se prĂŞtant alors chaque fois Ă  y mĂ©diter un peut comme lorsque l’on sort d’un cauchemar attirant.

Tout cela fait donc bien de Hannibal l’une des sĂ©ries les plus fascinantes et osĂ©es de ces dernières annĂ©es avec l’un des couples les plus surprenants et intrigants de la tĂ©lĂ© (oui, je parle bien de la relation entre Will et Hannibal). Allant jusqu’au bout de ses ambitions et de ses idĂ©es, il n’est finalement pas nĂ©cessaire d’avoir une 4e saison devant la perfection du final auquel nous avons eu droit et il ne reste Ă  Fuller qu’Ă  proposer un prochain show du mĂŞme niveau, ce qui risque d’ĂŞtre assez difficile mais rend alors son parcours tĂ©lĂ©visuel toujours aussi intĂ©ressant Ă  suivre.

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