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Culte du dimanche : King Kong de Cooper et Schoedsack

posté le 29/11/2015

Avec une ressortie remasterisée dans un joli coffret bluray blindé de bonus, le King Kong original mérite bien un culte du dimanche spécialement dédié !

Depuis tout jeune, Merian C. Cooper est avide d’aventures, une passion qui l’entraintera ¬†√† faire des films exotiques comme Les Quatre Plumes Blanches sur lequel lui revient en t√™te l’id√©e d’une histoire de gorille g√©ant. Il va alors travaill√© avec son comp√®re Ernest B. Schoedsack. Apr√®s avoir l’id√©e non concr√©tis√©e de ramener des dragons de komodo pour se battre en direct devant les cam√©ra contre un gorilles, les deux r√©alisateurs vont faire d’autres choix. Le tournage des Chasses du Comte Zaroff vont surement contribuer √† un autre tournage, tout comme la d√©couverte des travaux de Willis O’Brien sur le Monde Perdu.

L’histoire est d√©sormais connue de tous, une √©quipe de tournage s’aventure sur une √ģle perdue et la seule femme est captur√©e par un gorille g√©ant qui la sauvera des dinosaures. Le gorille sera ensuite amen√© √† New-York o√Ļ il se s’√©chappera, cr√©ant la panique √† dans les rues avnt de monter avec sa dulcin√©e en haut de l’Empire State Building o√Ļ il sera abattu. Une histoire aujourd’hui compl√®tement culte et toujours aussi passionnante √©voquant de nombreuses choses, et c’√©tait encore plus le cas √† l’√©poque de la sortie du film en 1933.

Bien entendu, en plus de l’histoire et des id√©es de r√©alisation de Cooper et Schoedsack qui ont r√©ussi √† cr√©er une jungle √©tonnante √† l’atmosph√®re particuli√®re et √† conf√©rer √† l’histoire entre Ann Darrow et Kong une vraie tendresse, une part √©norme de la r√©ussite du film est due au talent de Willis O’Brien. Celui qui avait fait sensation avec ses dinosaures sur le Monde Perdu mais venait de voir son grand projet Cr√©ation rel√©gu√© aux oubliette conf√®re √† la marionnette de Kong une v√©ritable personnalit√©. Ainsi, en plus de combats impressionnant avec les dinosaures, le gorille pouvait, avec des trucages in√©dits, vraiment int√©ragir avec les personnages et porter une forte part √©motionnelle du film, aussi bien que les acteurs. Son travail est tellement exceptionnel qu’il influencera de nombreux sp√©cialistes des effets visuels et r√©alisateurs comme Ray Harryhausen et Peter Jackson.

Mais comme nous le mentionnons au dessus, ¬†le film √©voque beaucoup de th√®mes diff√©rents, le premier √©tant d√©j√† pos√© par son contexte post-crise de 29, avec des personnages qui doivent lutter pour survire. Ann Darrow repr√©sente ainsi ce peuple qui doit accepter toute proposition de travail pour subvenir √† ses besoins. Et ce contexte est aussi celui de l’√©volution de New-York alors que la ville connait un v√©ritable essor dans la construction de gratte-ciel. A l’origine, ce devait d’ailleurs √™tre le Chrysler Building qui devait √™tre la star du film, avant que sa hauteur ne soit d√©pass√©e par le c√©l√®bre Empire State. Ainsi, le film se d√©roule dans un contexte vraiment r√©aliste et d’actualit√© pour y int√©grer une figure exotique, pr√©historique et romantique.

Romantique car l’histoire qui uni Kong et Ann est bien celle de la Belle et la B√™te, deux √™tre diff√©rents qui vont d√©velopper une tendresse l’un pour l’autre. Mais cette tragique histoire se finira √©videmment tr√®s mal pour la B√™te et donnera un autre √©clairage sur la nature humaine lorsque Carl Denham, r√©alisateur avide de succ√®s et qui a tent√© de ma√ģtriser la b√™te sans succ√®s (figure de l’homme cherchant √† domestiquer toute les forces de la nature, cherchant √† dominer le monde du haut de ses buildings d’acier), d√©clare que ce ne sont pas les avions mais la Belle qui a tu√© la B√™te, rejetant d’un c√īt√© la faute sur la figure de la femme sensible et objet de toutes les attentions et d’un autre sur la faiblesse de l’homme primitif (kong) maintenant remplac√© par celui qui a √©volu√© et qui a construit ces immeubles g√©ants prenant la place de la nature.

Le film est ainsi, sous couvert d’une trame simple et fantastique, le vecteur de nombreux messages passionnants √† √©tudier, surtout en les remettant dans le contexte de l’√©poque et tout autant aujourd’hui. Et King Kong remporte imm√©diatement un grand succ√®s, devenant alors l’un des grands symboles de New York (et donnant un suppl√©ment d’√Ęme √† l’Empire State Building) et une figure incontournable du bestiaire du cin√©ma fantastique, tout en √©tant une r√©volution pour les effets visuels, inspirant de nombreux cin√©astes et cr√©ateurs. Ce n’est pas pour rien que Kong est ensuite apparu dans de nombreux autres films (y compris face au monstre japonais Godzilla) et a fait l’objet de 2 remake dont celui de Peter Jackson particuli√®rement respectueux et r√©ussi.

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