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Exodus – Gods and Kings, critique

posté le 18/12/2014 FredP

Le grand Ridley Scott retourne au pĂ©plum en s’attaquant Ă  la mythique histoire de MoĂŻse, des 10 plaies d’Egypte et du passage de la Mer Rouge. Exodus – Gods and Kings, est aussi l’occasion pour lui de rendre hommage Ă  son frère, mais ce sera peut-ĂŞtre pour la version longue.

Après la SF de Prometheus et le très noir Cartel qui ont dĂ©sappointĂ© plus d’un spectateur, Ridley Scott revient au pĂ©plum avec une histoire vieille comme le monde, celle-lĂ  mĂŞme qui fut dĂ©jĂ  contĂ©e par Cecil B De Mille dans le mythique Les Dix Commandement : l’histoire de MoĂŻse et sa libĂ©ration des esclavages aux mains du pharaon Ramsès.

Le rĂ©alisateur britannique va donc devoir mettre toute sa science de l’image au service d’un rĂ©cit Ă  la fois intimiste et Ă©pique, dĂ©jĂ  critiquĂ© par le choix de ses acteurs amĂ©ricains pour camper des personnages orientaux (mais sans lesquels il n’aurait pas pu financer le film avec l’ambition qui Ă©tait la sienne). Et pourtant on passera rapidement sur ce choix dès le dĂ©but du film qui nous met dans l’ambiance du pĂ©plum avec une bataille oĂą les deux frères vont devoir lutter cĂ´te Ă  cĂ´te.

Alors Scott montre clairement qu’il va prendre une orientation diffĂ©rente de ce qui avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fait, un rĂ©cit plus guerrier, moins manichĂ©en. La première partie qui aboutira aux choix de MoĂŻse et Ă  son exil est ainsi l’une des plus intĂ©ressantes puisqu’elle nous permet de mieux connaitre les personnages. Cependant, le rĂ©alisateur et le scĂ©nariste passent relativement vite dessus, n’explorant finalement que peu les personnages secondaires (Sigourney Weaver n’a qu’une ligne de texte) et restant mĂŞme très centrĂ©e sur MoĂŻse assez bien campĂ© par un Christian Bale Ă©gal Ă  lui-mĂŞme.

Si bien que finalement, face Ă  lui, Ramses (Joel Edgerton) ne doit se contenter que des bribes qu’il reste pour faire exister son personnage que le pouvoir et le bien de la nation n’intĂ©resse pas, une tâche trop grande pour lui. La relation entre les deux frères n’est donc qu’abordĂ©e en surface et c’est ce qui pĂŞche dans le film et lui fait manquer de profondeur. On peut alors facilement penser que cela sera largement compensĂ© dans la version longue Ă  venir.

Arrive alors ensuite l’Ă©pisode attendu de l’exil et de la rĂ©vĂ©lation de Dieu Ă  MoĂŻse. Et c’est lĂ  que certains risquent de grincer des dents devant la vision qu’a Ridley Scott de la religion. Le rĂ©alisateur ne verra pas forcĂ©ment son personnage comme un sauveur Ă©lu de Dieu, un prophète, mais comme un homme qui pense avoir une mission Ă  mener, sans pour autant avoir la certitude de ce qu’il doit faire et des intentions vĂ©ritable d’un dieu capricieux. Et cela se vĂ©rifiera lors du long passage des plaies d’Egypte. Un passage qui peut passer du grotesque aux frissons en un instant et qui profite de la mise en scène de Ridley Scott toujours habile dans ces tableaux. Ces scènes impressionnantes de Nil en sang, d’invasion d’animaux, … sont riches, parfois prenantes et mettent clairement en avant la dĂ©fiance du rĂ©alisateur vis Ă  vis des intentions des extrĂ©mismes religieux.

Et enfin, il y l’exode tant attendue de tout un peuple fuyant l’armĂ©e Ă©gyptienne avec un passage de la Mer Rouge qui restera parmi les scènes les plus impressionnantes qu’on a pu voir au cinĂ©ma depuis très longtemps, trouvant un vĂ©ritable souffle Ă©pique et catastrophique, proposant des images Ă  la photographie stupĂ©fiante. Ridley Scott fait bien preuve d’une maĂ®trise technique toujours irrĂ©prochable, proposant des images que peu de rĂ©alisateurs arrivent Ă  mettre Ă  l’Ă©cran en nous faisant comprendre l’Ă©tendue qu’elles peuvent transmettre.

Exodus est ainsi un grand spectacle impressionnant tout autant qu’une interrogation sur la croyance. Il est alors dommage que cette richesse que l’on perçoit ne soit pas entièrement visible Ă  l’Ă©cran Ă  cause de scènes coupĂ©es flagrantes sur une relation fraternelle qui pourrait dĂ©boucher sur plus d’Ă©motions. Mais nul doute que Ridley Scott nous proposera bientĂ´t une version longue qui rendra justice au mythe de manière passionnante.

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