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Cartel, critique

posté le 21/11/2013 FredP

Ridley Scott et Cormac McCarthy nous plongent dans le Cartel, un polar noir, aride qui ne laissera pas indifférent, surtout pour la prestation de Cameron Diaz !

Après son retour contestĂ© Ă  la science-fiction avec Prometheus, Ridley Scott revient dans notre monde rĂ©el et n’est toujours pas très optimiste sur la nature de l’homme. Et il va le montrer avec le scĂ©nario de Cormac McCarthy, l’Ă©crivain de No Country for Old Men et la Route, Ă©crit spĂ©cialement pour le cinĂ©ma. Ainsi, deux savoir-faire se rencontrent pour un film techniquement impeccable et Ă  l’histoire aussi tranchante qu’une lame de rasoir.

Cette fois, le rĂ©alisateur se met tout au service du scĂ©nario de monsieur McCarthy. L’histoire d’un avocat qui s’embourbe dans un trafic de drogues Ă  la frontière mexicaine, juste pour ressentir l’excitation de ce dĂ©lit. Mais cette envie va le faire plonger dans une spirale infernale aux consĂ©quences qui pourraient s’avĂ©rer fatale pour les personnes constituant son entourage. Particulièrement nihiliste, avec des personnages qui ne pensent qu’Ă  eux et au profit qu’ils peuvent tirer des autres et du trafic mais aussi au sexe (qui vire Ă  la mĂ©taphore sans subtilitĂ© de l’excitation du trafic), le scĂ©nario particulièrement bavard a de quoi dĂ©concerter.

En effet, l’histoire se rĂ©vèlera particulièrement confuse, avec des dialogue parfois interminables qui ne font pas spĂ©cialement avancer le rĂ©cit. D’autant plus que jamais on ne s’attachera aux personnages tous aussi dĂ©testables les uns que les autres et notre anti-hĂ©ros est bien trop naĂŻf justement pour ressortir face aux autres. Difficile d’accrocher au contenu lorsque l’on se demande sans arrĂŞt oĂą on veut alleret pourtant difficile Ă©galement de s’en dĂ©tourner.

Car Ridley Scott, en mettant en scène ce scĂ©nario, arrive Ă  nous faire entrer dans ce milieu violent et sans pitiĂ© qu’est le Cartel. Dans un climat aussi aride et suintant que les personnages sont froids, il ne peut s’empĂŞcher de capter notre attention avec un sens de l’esthĂ©tique et du dĂ©coupage toujours sans failles et ici mĂŞme parfois cruel pour montrer toute la cupiditĂ© de ses personnages oĂą l’innocence et l’ignorance ne seront pas rĂ©compensĂ©es.

Effectivement, le film est confus, mais cela n’empĂŞche pas le scĂ©nariste et le rĂ©alisateur d’offrir au spectateur quelques portraits marquants. Ainsi, si Michael Fassbender a, pour une fois, un peu de peine Ă  exister (et la presque inutile prĂ©sence de Penelope Cruz n’y arrange rien), Brad Pitt et Javier Bardem bĂ©nĂ©ficient de dialogues assez Ă©picĂ©s pour avoir envie de les suivre. Mais c’est surtout Cameron Diaz qui va tirer son Ă©pingle du jeu. Jamais l’actrice n’est meilleure que quand elle doit jouer la vipère odieuse et manipulatrice et dans Cartel, elle se rĂ©vèle plus diabolique que jamais, rendant justice aux personnages fĂ©minins forts de Ridley Scott et aux personnages que l’on adore dĂ©tester de McCarthy. En ce sens, le film ne vaudrait presque le coup d’œil que pour la voir Ă  l’œuvre.

DĂ©ception pour certains, fascination sur la nature dĂ©plorable de l’homme pour d’autres, Cartel ne laissera pas indiffĂ©rent et en mĂŞme temps porte Ă  merveille les univers et savoir-faire de ses deux auteurs dans une association bancale mais restant parmi ce qui peut se proposer de plus intĂ©ressant et en marge de ce qui se fait Ă  Hollywood depuis quelques temps.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 21/11/2013 Ă  16:05 | #1

    J’ai Ă©normĂ©ment Ă©tĂ© déçu par ce film. J’Ă©tais pourtant très enthousiaste Ă  l’idĂ©e de le voir.

  2. 26/11/2013 Ă  17:12 | #2

    MitigĂ©, un Scott mineur mais un thriller au-dessus de la moyenne tout de mĂŞme. Sans doute un peu trop « propre» … 2/4