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The Hour, dans les coulisses de la BBC

posté le 28/03/2013

Après la première saison qui vient d’ĂŞtre diffusĂ©e, revenons sur l’intĂ©grale de la sĂ©rie The Hour, nouvelle perle british retranscrivant Ă  travers les yeux de journalistes, une Ă©poque rĂ©volue pour l’Angleterre.

2 saisons et The Hour s’en va dĂ©jĂ . Et c’est bien dommage Ă©tant donnĂ© la qualitĂ© de cette sĂ©rie crĂ©Ă©e  par Abi Morgan pour la BBC. En effet, avec the Hour, les anglais montrent encore qu’ils sont particulièrement douĂ©s pour produire de bonnes sĂ©ries avec des personnages intĂ©ressants, des intrigues percutantes et une rĂ©alisation de grande classe. Ici, nous retournons dans les annĂ©es 50, dans une Angleterre d’après guerre oĂą un groupe de journaliste de la BBC lance une nouvelle Ă©mission d’investigation qui va rĂ©volutionner le milieu de l’information : the Hour.

Tout de suite, on se retrouve dans l’ambiance des 50’s avec une reconstitution assez prĂ©cise mais aussi dans une atmosphère propre au milieu de la presse, entre la recherche de la vĂ©ritĂ© et les machinations politiques internes Ă  la BBC et les complots du gouvernement. La sĂ©rie prend ainsi le temps de s’installer dans la première saison pour poser des personnages plus qu’intĂ©ressants oĂą mĂŞme les plus clichĂ©s se rĂ©vèlent moins manichĂ©ens qu’on ne le pense, tous Ă  la recherche d’un but : informer, mĂŞme si cela leur coute leur vie personnelle.

Ainsi, l’un des personnages les plus intĂ©ressants est sans conteste celui de Abbie, interprĂ©tĂ©e par Romola Garai. Productrice de l’Ă©mission et journaliste hors paire mais cĂ©libataire, elle doit se montrer forte dans ce milieu d’hommes oĂąle sexisme a toujours ses droit. Sans ĂŞtre une figure fĂ©ministe revendiquant ses droits, elle se montre forte et apte Ă  gĂ©rer son Ă©quipe et Ă  faire face aux pressions de la hiĂ©rarchie sans pour autant renier ses sentiments. A ces cĂ´tĂ©, c’est Ben Wishaw qui attire forcĂ©ment la lumière dans son rĂ´le de journaliste ambitieux et obstinĂ© Ă  dĂ©couvrir la vĂ©ritĂ©. Il se rĂ©vèle encore ici particulièrement charismatique et son personnage connais une belle Ă©volution sur les deux saisons en restant fidèle  lui mĂŞme. Et dans ce trio, il ne faut pas oublier Dominic West incarnant le journaliste vedette du show, en apparence superficiel mais qui trouve finalement sa raison d’ĂŞtre dans l’information.

Si la première saison se rĂ©vèle haletante mais parfois confuse dans son intrigue politique en cherchant Ă  dĂ©loger un complot Ă  grande Ă©chelle, elle peine par contre Ă  trouver son rythme en laissant trop de temps de discussion pas forcĂ©ment utile Ă  ses personnages. Un Ă©quilibre qui sera trouvĂ© dans la seconde saison oĂą les aspect journalistiques et personnels seront traitĂ©s sur un mĂŞme pied d’Ă©galitĂ© et qui se retrouveront mĂŞme adroitement mĂŞlĂ©s. Ainsi, si le nouveau complot a une Ă©chelle moins importante, les dĂ©cisions personnelles de notre Ă©quipe a des consĂ©quences plus directes sur l’histoire.

Mais plus passionnant dans the Hour, en dehors des complots politiques et des personnages, reste tout de mĂŞme cette chronique sur les coulisses de la tĂ©lĂ©vision. On y dĂ©couvre au travers des deux sessions de 6 Ă©pisodes les rouages de l’information comme rarement exposĂ©s dans une fiction. La crĂ©ation de cette nouvelle Ă©mission d’investigation qui doit d’abord se faire une place sur la grille de la chaĂ®ne malgrĂ© les pressions gouvernementales puis lutter contre la concurrence est passionnante et on aimerait bien rester dans l’envers du dĂ©cor bien plus longtemps.

VoilĂ , avec un casting 3 Ă©toiles et un savoir-faire tout britannique, la BBC nous ouvre ses portes avec une nouvelle sĂ©rie historique passionnante, reflet d’une Ă©poque et d’une profession passionnante quand elle est exercĂ©e par des passionnĂ©s. Dommage qu’une nouvelle saison n’ai pas Ă©tĂ© demandĂ©e.

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