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Culte du dimanche : les Inconnus dans la ville

posté le 31/03/2013 FredP

On le sait, l’Ă©diteur Carlotta fait revivre les classiques du cinĂ©ma Hollywoodien et en avril, c’est Richard Fleischer qui a droit Ă  cette honneur. L’occasion de se replonger dans Les Inconnus dans la Ville.

Si Richard Fleischer est bien connu pour sa carrière Ă©clectique entre 20 000 Lieues sous les Mers pour Disney, Tora! Tora! Tora! et Soleil Vert, il ne faudrait pas oublier qu’il s’Ă©tait aussi très bien illustrĂ© dans le film noir en y apportant une touche de drame personnel. C’est le cas des Inconnus dans la Ville qui dĂ©passe ainsi le simple film de braquage pour s’intĂ©resser Ă  une communautĂ© renfermĂ©e.

Dans une petite ville, trois gangsters débarquent et planifient soigneusement un casse. Pour cela, ils se mêlent à la population locale et vont petit à petit apprendre les secrets des habitants qui vont exploser au grand jour.

En nous attrapant dès les premières images avec un sens du cadrage d’une redoutable efficacitĂ©, Richard Fleischer marque tout de suite des points. Les premières scènes nous prĂ©sentent des personnages trouble dans un environnement fermĂ© (jamais nous ne sortiront de la ville, ou seulement pour ĂŞtre enfermĂ© ailleurs) et bizarrement, seuls les gangsters ont des intentions bien prĂ©cises alors que nous dĂ©couvrons des habitants cachant de nombreux secrets et de mauvaises habitudes (un père qui a des problèmes avec son fils, un employĂ© de banque qui ne peut s’empĂŞcher d’espionner une cliente Ă  sa fenĂŞtre, …).

Très attachĂ© aux personnages, le rĂ©alisateur retarde donc l’aspect polar du film (rares sont les scènes centrĂ©es spĂ©cifiquement sur les gangsters, mais leur menace n’est pas pour autant oubliĂ©e) pour dĂ©velopper un drame sur une ville soudĂ©e mais oĂą chacun garde une face sombre et cherche Ă  se montrer sous son meilleur jour en public. La communautĂ© renfermĂ©e sur elle-mĂŞme Ă©voque ainsi certains aspects de l’AmĂ©rique de l’après-guerre et sont accentuĂ© par l’innocence d’une famille amish Ă  proximitĂ© oĂą se dĂ©roulera le climax explosif du film, faisant voler en Ă©clats de manière imagĂ©e tous les secrets qui gangrenaient les habitants.

Cet aspect personnel très dĂ©veloppĂ© dans le film nous permet alors de nous identifier aux futures victimes du braquage et Ă  leurs failles, rendant alors la menace des gangsters plus prĂ©gnante que dans n’importe quel film. L’arrivĂ©e du groupe dans la banque crĂ©Ă© d’ailleurs un moment de tension surprenant car, chacun des otages ayant des reproches Ă  ses faire, tous pourraient y passer et effectivement, il y aura des victimes.

En plus d’ĂŞtre un polar et un drame particulièrement bien Ă©crit, les Inconnus dans la ville est aussi un film Ă  l’image maitrisĂ©e. En effet, Fleischer utilise le cinĂ©mascope de façon particulièrement efficace. Il se passe ici toujours quelque chose dans le cadre bien composĂ© avec des plans parfaitement Ă©tudiĂ©s. Il y a sans doute peu de place pour l’improvisation mais le film est ainsi d’une propretĂ© technique aussi draconienne que le sont les gangsters du film, ne nous laissant jamais nous Ă©chapper jusqu’Ă  la fin.

Un peu plus qu’un polar, Les Inconnus dans la ville est donc un drame passionnant et maĂ®trisĂ© dans lequel on se retrouve enfermĂ© pour un bon moment de cinĂ©ma.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

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