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Blanche-Neige, critique

posté le 13/04/2012 FredP

Blanche Neige revient au cinĂ©ma avec Julia Roberts en tĂŞte d’affiche devant la camĂ©ra de Tarsem Singh. Loin des contes sombres, ici c’est le kitsch assumĂ© qui l’emporte !

Mais que se passe-t-il Ă  Hollywood ? Après les zombies, les vampires… c’est le revival des contes de fĂ©es ! Après la relecture du Chaperon Rouge Ă  la sauce Twilight, Alice au « Pays de Narnia»  par Tim Burton et les deux sĂ©ries TV Once Upon a Time et Grimm, cette annĂ©e, deux princesses vont se crĂŞper le chignon sur grand Ă©cran. Et toutes deux se nomment Blanche Neige. La première Ă  sortir l’Ă©pĂ©e est donc celle de Tarsem Singh incarnĂ©e par Lily Collins et qui va devoir affronter une mĂ©chante Julia Roberts.

Étonnant de voir que cet esthète de Tarsem varie si rapidement les genres. A peine nos yeux ont-ils le temps de se remettre de son pĂ©plum next-gen Les Immortels aux accents gores qu’il plonge Ă  pieds joints dans le kitsch du conte de fĂ©es. Sa relecture de Blanche Neige est colorĂ©e,  enfantine, agitĂ©e, comme un bonbon acidulĂ© qui pĂ©tille dans la bouche. Autant dire qu’elle est aussi lumineuse que la version originelle est sombre.

En gĂ©nĂ©ral, l’univers des contes sied parfaitement aux imaginaires visuels dĂ©calĂ©s. Il n’y avait qu’Ă  voir les images de Tim Burton s’accordant parfaitement Ă  Alice au Pays des Merveilles (tout du moins c’est ce qu’on pensait avant de voir le film). Inutile donc de dire que les influences picturales de Tarsem Singh Ă©taient attendues au tournant. Pourtant avec Blanche Neige, on sent que le rĂ©alisateur s’est assagi.
Si nous reconnaĂ®tront sa patte au travers de certains designs (les casques des gardes) ou Ă  travers l’importance donnĂ©e aux costumes (les immenses robes de la Reine), Ă  travers l’introduction animĂ©e en porcelaine ou les marionnettes qu’emploie la reine (rappelant Ă©trangement l’univers de Hellboy 2), on dĂ©chantera rapidement en voyant qu’il s’est surtout moulĂ© dans le projet de commande. Loin de la poĂ©sie de The Fall, Blanche Neige tente vainement de rĂ©actualiser le conte en donnant Ă  la belle l’occasion de se battre Ă  l’Ă©pĂ©e.

Faisant un peu ce qu’il veut avec le conte en donnant une grande importance au prince, en faisant presque de la Reine l’hĂ©roĂŻne et donnant un autre regard sur les nains tout en changeant (heureusement) la philosophie de Blanche Neige (qui n’est au moins plus obligĂ©e de faire le mĂ©nage pour ĂŞtre respectĂ©e), l’auteur nous perturbe et donne vraiment une dimension très positive au conte, oubliant sa dimension adulte pour se concentrer sur un public enfantin. Un parti-pris qui fera surement grincer des dents les adeptes des contes et des tendances actuelles cherchant Ă  rendre les histoires des blockbuster les plus sombres possibles.

Il faut dire que sa manière de diriger ses acteurs rajoute encore Ă  la douce hystĂ©rie du conte. Le goĂ»t kitsch assumĂ© de l’esthĂ©tique du film s’accorde parfaitement au surjeu de Julia Roberts ou au cabotinage (au sens figurĂ© comme au sens propre) de Armie Hammer. A cĂ´tĂ©, Lily Collins, moins haute en couleur se fond dans la neige, aussi innocente que lĂ©gèrement en retrait. MĂŞme les nains ont des traits de caractères lĂ©gèrement forgĂ©s dans l’excès pour leur donner de l’Ă©paisseur et apporter une touche supplĂ©mentaire de comĂ©die.

En fait, pour apprĂ©cier cette Blanche Neige il faut vraiment se mettre dans un esprit junior. Car Tarsem apporte une Ă©nergie Ă  chaque instant, dans ses personnages, dans sa mise en scène, dans l’humour. Peut-ĂŞtre trop, trop rapidement et trop souvent. RĂ©sultat, on attend la fin avec impatience puisque l’histoire n’est au font pas si renversante qu’il voudrait nous le faire croire.

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