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Melancholia, critique

posté le 08/08/2011

melancholia critique

L’un des films les plus courus du Festival de Cannes s’apprête enfin à sortir dans les salles. Après la polémique de Lars Von Trier et la récompense de Kirsten Dunst, nous découvrons enfin sa vibrante vision de la fin du monde dans Melancholia.

Comme souvent, la polémique a occulté l’œuvre et nous avons plus parlé des propos de Lars Von Trier au Festival de Cannes que de son Melancholia et de la performance remarquée de Kirsten Dunst. Pourtant le film mérite bien mieux pour faire parler de lui car la vision de fin du monde par le fiévreux danois a de quoi déconcerter autant qu’éblouir. Dans un récit peut-être plus universel et grand public que ses films précédents, le réalisateur filme une fête de mariage qui vire au désastre alors qu’un planète menace d’entrer en collision avec la Terre. Ainsi il mêle l’intime à l’apocalypse avec une vision cosmique. Après Terrence Malick et son Tree of Life, c’est au tour de Lars Von Trier de nous présenter son 2001.

Melancholia débute de manière magistrale. Lars Von Trier, son fond de Wagner, nous présente des images magnifiques de fin du monde dignes des tableaux des grands maîtres. Des projections picturales qui chamboulent et nous emportent dans un univers à la fois malsain et somptueux, visions dantesques qui prendront tout leur sens dans la suite du film. A n’en pas douter, il s’agit certainement de l’introduction la plus sidérante de ses dernières années au cinéma.

Lars Von Trier décompose ensuite son histoire en deux parties, centrées chacune sur les deux sœurs sur lesquelles se concentre l’histoire. Deux sœurs que tout oppose et qui sont pourtant intimement liées. Le premier chapitre se concentre donc sur Justine, qui vient de se marier et donne une grande réception dans la demeure de son beau-frère. Mais très vite, la fête tourne au cauchemar, entre la mère de Justine odieuse comme pas permis ou même Justine qui cache derrière un sourire de façade le désespoir qui l’envahit. Le second chapitre se focalise lui sur Claire et la fin du monde qui approche et décompose de plein fouet sa famille.

Un peu à la manière de Tree of Life qui avait du mal à trouver le juste équilibre et s’étalant sur des choses sans intérêt mais avec des images magnifiques, Melancholia, de par sa composition en 2 parties, peine aussi à trouver son rythme. En effet, la première partie  traine en longueur sans rien apporter au récit. Car si nous avons ici le portrait d’une famille divisée et d’une femme en plein doutes, le réalisateur insiste bien trop dessus et avec trop de lourdeurs pour nous embarquer. Une fois que nous avons compris que Justine n’allait pas bien, il n’y a pas besoin de le répéter 10 fois pour nous le redire. Cependant Kirsten Dunst s’y montre magnifique et tragique, à l’image des performances qu’elle pouvait offrir chez Sofia Coppola, avec une vision ici encore plus sombre, dérangée et désespérée.

Heureusement, lorsque la seconde partie commence, le réalisateur attaque enfin le sujet central de Melancholia. Celui de la fin du monde avec une vision intimiste. Dans un lieu clos (la propriété du beau-frère incarné par Kiefer Sutherland qui sera ici loin de sauver le monde) dont on ne peut s’échapper par quelque moyen que ce soit. En montrant comment les différents membres d’une famille vivent cette approche de la fin du monde, entre l’acceptation, la fascination et le refus d’y faire face, Lars Von Trier va au bout de son sujet pour nous offrir une seconde partie vraiment aboutie et dans laquelle les tableaux vus en introduction prennent tout leur sens jusqu’au final grandiose.

En plus de la performance de Kirsten Dunst, il ne faudrait pas non plus oublier le rôle primordial et fragile que tient Charlotte Gainsbourg. Elle est aussi exceptionnelle et méritait bien de partager le prix d’interprétation avec Kirsten. Mais plus qu’un directeur d’acteur jusqu’au-boutiste, Von Trier va au bout de ses idées dans sa réalisation, tragique, parfois malsaine mais fascinante. Contrepoids parfait aux éternelles apocalypses explosives d’Hollywood, Melancholia est dans son final certainement la plus belle fin du monde proposée au cinéma et malgré son déséquilibre et sa froideur qui retiennent les émotions, laisse assez de questions en suspend pour y réfléchir encore bien après sa vision.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 13/08/2011 à 16:43 | #1

    Belle analyse, j’avoue avoir été moins sensible à la deuxième partie du film qu’au prologue, époustouflant comme tu le soulignes.

  2. Cyril2063
    20/08/2011 à 00:32 | #2

    NUL !
    Il est évident que ce film est NUL : toutes les critiques positives ne parlent que de l’esthétique, du jeu d’acteurs, et encore, pour Charlotte, désolé, mais je ne vois pas bien où se trouve son jeu d’acteur… mais personne ne parle du scénario, de l’histoire, qui sont totalement absents : c’est la fin du monde, oui et alors… Une soeur « voyante » qui désespère de savoir ce qui nous attend à la fin du film, mais qui m’a profondément ennuyé ! C’est beau(f)… C’est mièvre… C’est à se tordre de rire au second degré, tellement cela l’est : NULLISSIME !
    LVT se prend pour KUBRICK, hélas il n’arrive pas à sa cheville, juste à son talon (Sic !), il ne raconte rien, sinon de l’ennui. Aucune surprise, on en devine la fin dès le début du film, normal, tout est en effet dit durant les 10 premières minutes, pour le reste, allez donc voir du « vrai » cinéma : « Une Séparation » par exemple… Ou revoir « Dancer In The Dark » !

  3. FredP
    20/08/2011 à 12:25 | #3

    le but du film n’est pas de deviner la fin mais bien de voir comment les personnages se préparent psychologiquement à cette fin du monde, entre l’acceptation et la peur. Cet aspect est très bien rendu dans la seconde partie du film qui s’avère bien plus intéressante que la soirée du mariage qui est en effet longue et sans intérêt. Mais on peut au moins reconnaître la beauté de l’ouverture et des dernières images car c’est là du pur cinéma. Le comparer avec un film intimiste et sociétal comme Une Séparation (que nous avions chroniqué) est par contre ridicule tant ils n’ont rien à voir. LVT se prend pour Kubrick, oui, comme Malick aussi cette année.

  4. pahpah
    23/08/2011 à 18:14 | #4

    Allez, je veux aider Cyril 2063.
    Un indice dans le titre, la mélancholie est une formee grave de la dépression. Et si ça parlait davantage de maladie que de fin du monde?

  5. Anonyme
    24/08/2011 à 11:59 | #5

    Film de merde !

  6. lina
    12/09/2011 à 00:03 | #6

    Grandiose, estéthiquement beau,un petit bijou à ne pas manquer, bien filmé, ce filme provoque un frisson d’émotion
    Les acteurs très attachants.

  7. babette
    23/10/2011 à 01:54 | #7

    Je regrette que mon francais ecrit soit si pauvre, mais je veux quand meme dire que j’ai beaucoup aime se film. J’aime, d’ailleurs, presque tout les films de Von Trier.

    Il n’est pas Kubrick. Personne ne le sera jamais!

    Une chose de plus, Keifer etait tout a fait insupportable. Il ne sait plus, semble t’il, parler a voix haute. Il ne fait que chuchoter depuis « Dark City » et cela m’enerve. S’il n’etait pas fils de Sutherland pere, on ne verait pas son visage Pinocchio-esque a l’ecran.

  8. lana
    13/06/2012 à 12:55 | #8

    Pour moi ce film est un pur chef d’oeuvre. La photographie est magnifiques, Kristen Dunst et Charlotte Gainsbourg jouent merveilleusement bien et puis la fin du film m’a laissé bouche- bée, j’en avais des frissons tellement c’était intense.
    Mais par contre je peut comprendre que peu de gens apprécient ce film, à mon avis il faut aimer les film lent et surtout les film d’auteur .