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Hugo Cabret, critique

posté le 19/12/2011 FredP

hugo cabret critique

Martin Scorsese se lance dans le conte de Noël pour enfants, mais Hugo Cabret, c’est bien plus que cela, un véritable hommage à Méliès et à la magie du cinéma.

hugo cabret afficheLorsque l’on a appris que Martin Scorsese allait adapter le roman de Brian Selznick, Hugo Cabret, tout le monde fut surpris. Qu’arrivait-il au maitre du film de mafia New-Yorkais pour se lancer dans le conte pour enfant et en plus en 3D ?  Mais à y regarder de plus près, Scorsese est avant tout un cinéphile averti. Aviator était en quelque sorte la démonstration de ce qu’il aime et redoute dans le cinéma Hollywoodien de la grande époque et l’homme, via sa fondation, cherche à tout prix à préserver les grands classiques du cinéma. Finalement, Hugo Carbret découle complètement de cette logique.

Le film débute ainsi comme un pur conte de Noël dramatique, dans la lignée des histoires de Dickens comme Oliver Twist. Hugo est un orphelin qui a trouvé refuge dans la gare Montparnasse, vivant seul avec l’unique objet que lui a laissé son père, un automate qui ne peut fonctionner qu’avec une clé en forme de cœur. Un conte de Noël qui n’est pas sans rappeler ce que Zemeckis abordait avec Scrooge. D’ailleurs, l’introduction de Hugo Cabret n’est pas sans rappeler l’utilisation de la caméra virtuelle que le réalisateur du Pôle Express manie à la perfection, sauf que Scorsese le fait dans un film entièrement live. Le réalisateur ne pose pas sa caméra et va dans tous les recoins de la gare pour nous faire découvrir le décor immense dans lequel évolue le jeune Hugo. Une immersion au cœur de la gare renforcée par une 3D parfaitement maitrisée.

Mais si l’histoire de cet orphelin qui va trouver chez un vieux marchand de jouets grincheux une figure paternelle qui lui permettra de faire son deuil ressemble à du déjà vu et pourra plaire enfants, la suite sera toute différente dès le moment où l’on apprend que ce vieillard est George Méliès. Car c’est là que l’on s’aperçoit que finalement, Hugo Cabret est loin d’être pour les enfants. Il est au contraire plutôt destiné aux cinéphiles … ou au parents désireux de faire connaitre les débuts de la magie du cinéma à leurs enfants (et bien leur en prendra).

Car finalement, à la fois à travers l’histoire de ce gamin qui cherche spirituellement à retrouver son père et à travers le parcours de George Méliès, magicien oublié qui n’a pu trouver sa place dans la France de l’après-guerre, le message du film est bien plus profond que ce à quoi on pouvait s’attendre à entrant dans la salle. On parle ici de création, de magie et de commémoration autour des œuvres d’art que l’on ne doit pas laisser s’effacer avec le temps. A travers cette histoire des dernières années de Méliès, c’est même plus qu’à l’inventeur des effets visuels au cinéma que Scorsese rend hommage. Il nous transmet toute sa passion pour le 7e art et partage avec nous ce qui le rend magique. Logique donc de revenir là où tout à commencer, au studio de verre à Montreuil et aux images du Voyage dans la Lune.

Alors bien sûr, certains trouveront à redire. Le film peut paraitre trainer en longueur, les enfants risque de s’ennuyer ferme, et le Paris carte-postale vu à travers les personnages arpentant la gare sur de l’accordéon en rebutera d’autres. Mais au fond, la mise en scène de Scorsese qui sublime la 3D et l’histoire à tiroirs renfermant plus que l’aventure d’un orphelin font leur effet. La relation qui se noue entre Hugo et Méliès (parfaitement joué par un Ben Kinglsey touchant) nous touche car leur recherche d’un passé perdu (le père pour l’un, la magie pour l’autre) nous rappelle ce que nous pouvons avoir vécu ou désiré, en particulier pour les amoureux du 7e art.

Bien plus qu’un conte de Noël, avec Hugo Cabret, Martin Scorsese a fait un film poétique sur la magie du 7e art, un hommage à Méliès bien plus puissant et sincère que n’importe quel biopic classique n’aurait pu délivrer. Une merveille.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 19/12/2011 à 18:27 | #1

    Scorcese réalise un film très beau mais réussit surtout un superbe hommage à Méliès et au cinéma. Des erreurs de reconstitutions sur Paris où les perspectives de la ville depuis la gare sont toutes plus ou moins fausses. Un si bel hommage que j’en ai pleuré à la scène de visionnage de film ! 3/4

  2. 20/12/2011 à 10:11 | #2

    Tout à fait d’accord avec critique, Scorsese nous replonge dans la magie du cinéma et nous prouve que la 3D n’est pas juste un procédé technique mais bel et bien un levier créatif d’une folle puissance.

  3. NoA
    01/01/2012 à 18:59 | #3

    « j’aime» , tu as encore une fois tout bien dit ;)

  4. 23/02/2012 à 20:27 | #4

    j’aime bien ce film , mais à la fin on ne sait pas si hugo
    retrouve son carnet

  5. ELIES
    24/02/2012 à 16:41 | #5

    Ce film est génial et j’ose penser peut-être le meilleur de Scorcese, tant il est porté par un souffle d’amour envers le cinéma et envers les gens. La salle était subjuguée, y compris les enfants qui n’ont pas soufflé mot (mais ri souvent) durant la projection ! L’ambition de Scorcese est clairement, au-delà de l’émouvant hommage à Méliès et au cinéma, de donner aux spectateurs l’envie et l’audace de se jeter dans la création artistique et donner corps à leurs rêves, malgré les difficultés et la cruauté du monde. C’est le genre de film qui peut marquer à vie les enfants, révéler des vocations et faire dans leur vie un avant et un après, exactement comme le critique fut marqué à vie par sa rencontre avec Méliès lorsqu’il était enfant. C’est un très grand film, qui est beaucoup plus qu’un conte de Noel. On pourrait digresser à l’infini sur les références explicites et implicites contenues dans le film (hommage aussi aux romans du XIX et à Victor Hugo, via le jeune graçon qui vit dans les horloges de la gare comme le bossu dans les tours de Notre-Dame, etc.). Et, pour une fois, la 3D était autre chose qu’un gadget de mise en scène : un prétexte à l’émerveillement avec une merveilleuse mise en abîme lors de la scène du train entrant en gare de La Ciotat !
    Nota pour inconnue17 : en fait, après avoir trouvé la clef, il n’a plus besoin de son carnet, qui n’était qu’un moyen scenaristique de faire entrer en contact Hugo et monsieur George !