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Le Loup de Wall Street, critique

posté le 30/12/2013

On l’a attendu toute l’ann√©e et il est arriv√© √† point nomm√© pour No√ęl, le Scorsese nouveau est arriv√©, plus d√©jant√© que jamais ! Le r√©alisateur nous embarque dans une √©pop√©e financi√®re domin√©e par un Leonardo DiCaprio ph√©nom√©nal avec Le Loup de Wall Street.

Avec Hugo Cabret, on aurait pu penser que Martin Scorsese s’√©tait assagi, pr√©f√©rant maintenant rendre hommage au cin√©ma qui l’a berc√©. Rassurez-vous, ce n’est pas le cas et du haut de ses 71 ans, il n’a pas fini de nous surprendre et se montre surtout plus en forme et virulent que jamais ! Et pour parler de notre crise actuelle, le voil√† parti dans un film fleuve comme il aime en faire r√©guli√®rement, replongeant dans le milieu de la finance d√©brid√© des ann√©es 80.

En adaptant les m√©moires de Jordan Belfort avec un sc√©nario ample de Terrence Winter (complice de Martin Scorsese sur Boardwalk Empire), le r√©alisateur va donc nous raconter la gloire et la chute du courtier en bourse depuis ses d√©but √† Wall Street √† son fin en prison en passant par la fondation de sa propre soci√©t√©, l’arnaque des boursicoteurs, son couple qui bat de l’aile et son addiction aux drogues. Un programme charg√© qui s’√©tendra sur 3 heures.

En effet, galvanis√© par son sujet, Scorsese nous embarque dans un long trip m√©langeant dollars, sexe, drogue et rock’n’roll avec une mise en sc√®ne plus que dynamique qui arrive, malgr√© quelques petites longueurs, √† nous emporter et √† nous faire adorer d√©tester Belfort. Le r√©alisateur ne porte aucun jugement sur les personnages (une belle galerie de seconds r√īles avec Jonah Hill, Matthew McConaughey, Kyle Chandler et m√™me Jean Dujardin) qu’il pr√©sente et qui se comportent tous de mani√®re odieuse. Finalement, dans la finance des 80’s, il trouve des personnages encore plus d√©testables que ceux des ses films de gangsters. D’ailleurs, au m√™me titre que les fresques qu’√©taient les Affranchis ou Casino, le Loup de Wall Street comporte d√©j√† ses propres s√©quences cultes qui marquent vraiment les esprits.

Compl√®tement lib√©r√© des contraintes des gros studios (le film a √©t√© produit en toute ind√©pendance), le r√©alisateur se l√Ęche compl√®tement et on ne comptera plus le nombre de ¬ę¬†fuck¬†¬Ľ, de nanas √† poil, de snifs, bref, c’est vulgaire, √† la limite du grotesque, mais sacr√©ment galvanisant. Car Scorsese d√©passe cette vulgarit√© et la simple com√©die d√©brid√©e pour y apporter un discours et une vision critique de la soci√©t√© de l’√©poque et donc de notre soci√©t√© en crise d’aujourd’hui et du syst√®me compl√®tement perverti.

Mais il faut dire aussi que le Loup de Wall Street ne pourrait pas non plus √™tre la r√©ussite qu’il est sans Leonardo DiCaprio. En effet, compl√®tement dans la peau de Jordan Belfort, l’acteur prouve une nouvelle fois (si il en √©tait encore besoin) qu’il est bien le plus dou√© de sa g√©n√©ration et le meilleur com√©dien du moment. Galvanis√© par Scorsese (ou est-ce Scorsese motiv√© par son acteur ?) pour leur cinqui√®me collaboration, DiCaprio apparait ici aussi √† l’aise dans le jeune premier des d√©buts que lorsqu’il doit motiver ses troupes de traders aux dents longues, aussi poss√©d√© que le gourou d’un secte dont le dollar serait la religion, et la drogue et les prostitu√©es seraient les ap√ītres. Jamais on n’a vu l’acteur aussi d√©cha√ģn√© et il nous offre un v√©ritable show √† chaque instant, portant ais√©ment les trois heures de spectacles avec un charisme √©norme.

Scorsese n’a dont pas encore donn√© son dernier mot et a de quoi √©lectriser les spectateurs avec ce Loup de Wall Street d√©chain√© port√© par un DiCaprio au sommet !

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 31/12/2013 à 19:27 | #1

    Excellent film en effet, Scorcese au plus haut… 3/4

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