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Culte du dimanche : Rencontres du Troisième Type

posté le 07/08/2011

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Pour la sortie de Super 8, magnifique hommage à Steven Spielberg, revenons sur l’un des films les plus personnels du réalisateur qui a réinventé Hollywood, Rencontres du Troisième Type.

Après le succès phénoménal des Dents de la Mer au cinéma, Steven Spielberg a le champ libre pour réaliser le film qu’il voudra. Plutôt qu’une suite ou un blockbuster plus fou, il va s’orienter vers une histoire qui lui tient particulièrement à cœur et qui lui permettra de parler de ses thèmes de prédilection, ceux qui font la quintessence d’une partie de son cinéma.

Avec Rencontres du Troisième Type, Spielberg raconte pour la première fois au cinéma une histoire d’extra-terrestres. Mais comme à son habitude, il parle surtout de la famille décomposée. Une constante dans l’œuvre de l’entertainer que l’on retrouvait déjà dans Duel (un père sur la route, loin de sa famille), dans Sugarland Express (deux parents irresponsables à la recherche de leur enfant) ou dans Jaws (comment un requin se met à jouer avec les peurs d’un père). Ici c’est Roy Neary qui croise la route d’extra-terrestres et, obésdé par cette vision et à l’idée de les revoir, va détruire sa famille malgré lui.

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C’est un sujet très personnel que le réalisateur aborde ici. Très marqué dans sont enfance par le divorce de ses parents, il accouche à l’écran d’un trauma qu’il a vécu et dont il aura du mal à se remettre. Mais, doté d’un don de conteur exceptionnel, il trouve la manière juste de raconter son histoire sans pathos et avec une dimension fantastique accrocheuse. C’est donc dans une banlieue américaine typique que l’histoire prend racine, l’une de celles où le réalisateur a grandit. Et il imagine ici une raison au départ du père, une obsession étrange pour un phénomène inexpliqué.
Les extra-terrestres sont donc la représentation de cette obsession. Mais étrangement, contrairement à la mode qui était aux méchants aliens (contexte de guerre froide oblige), Spielberg préfère faire de ses E.T. des êtres pacifiques en simple quête de connaissance. Ils sont l’un des plus beaux messages de l’acceptation de l’autre qu’il amplifiera ensuite dans E.T. mais aussi dans d’autres travaux qu’il produira comme la série tv Taken, avant d’en voir le côté sombre (la Guerre des Mondes). Ici, le côté rêveur l’emporte, à l’image de Roy.

Représentatif de tout un pan du cinéma de Spielberg, Rencontres du Troisième Type l’est aussi par son casting. Après les Dents de la Mer, il s’agit de la deuxième collaboration entre le réalisateur et Richard Dreyfuss (avant de récidiver dans Always). Cette fois, il a le premier rôle et incarne parfaitement cet homme à la limite de la folie mais attachant puisqu’il vit un moment extraordinaire. Mais c’est surtout la présence de François Truffaut au générique qui surprend autant qu’elle marque. En effet, éternel admirateur de l’acteur-réalisateur français, Spielberg a souhaiter le faire jouer dans son film. Un honneur qu’il lui accordera au prix d’avoir un interprète dans le film. Il s’agit du seul film dans lequel Truffaut jouera sans mettre en scène. Le réalisateur phare de la Nouvelle Vague incarne ici un scientifique loin de tout cliché, juste curieux de voir où ses découvertes vont le mener, mais sans vouloir faire de mal. C’est ainsi qu’était le Spielberg des années 70-80, profondément humain et trouvant toujours une part de bonté dans chaque être.

Étrangement, malgré son aspect très personnel, la version de Rencontres du Troisième Type n’est pas celle voulue directement par le studio et verra de nombreuses version en vidéo avant que le director’s cut officiel ne soit édité à la fin des années 90, apportant surtout des informations complémentaires sur les extraterrestres du film. En pleine vague Star Wars, le film bénéficie du regain du public pour la science-fiction et fonctionne très bien au box-office sans pour autant être son plus grand succès. Celui-ci viendra quelques années plus tard avec E.T. avec qui Rencontres du Troisième Type obtient de nombreux points communs (extra-terrestres, banlieues, famille décomposée, …).
Mais c’est surtout dans l’inconscient collectif geek que l’on remarquera la portée de Rencontres du Troisième Type (et dans Paul en particulier). Comme le lanscinant thème des Dents de la Mer, John Williams impose 5 notes qui résonnent encore dans les esprits et sont fréquemment reprises dans la culture populaire. Il en est de même avec cette montagne du Diable devenue culte, aussi bien pour ses extra-terrestres que pour ses intérprétations à base de mousse à raser ou de purée . Et c’est avec de petites anecdotes comme celles-là que cette rencontre se révèle très touchante en posant définitivement les bases du cinéma de Spielberg.

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