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The Town, critique

posté le 14/09/2010 FredP

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Après un essai fructueux, Ben Affleck repasse à nouveau derrière la caméra pour un film de braquage plutôt réussi : The Town.

On ne peut pas dire que Ben Affleck soit un grand acteur. Pourtant, il a surprit son monde en passant derrière la camĂ©ra pour Gone Baby Gone qui s’est avĂ©rĂ© ĂŞtre un très bon polar intimiste, dans la lignĂ©e de Mystic River. Évidemment, il n’allait pas en rester lĂ  et tenter de confirmer cette première impression. Il revient donc cette fois avec une histoire de braquage Ă  Boston, The Town.

On entre directement dans le vif du sujet en assistant Ă  un braquage de banque plutĂ´t audacieux et sous tension qui permet de planter le dĂ©cor, les personnages principaux et quelques enjeux pour la suite puisque toute l’histoire va en dĂ©couler. Car le leader va revoir et se rapprocher peu Ă  peu de la directrice qu’il avait prit en otage.

Ben Affleck continue sur la lancĂ©e intimiste de son premier film. Car on sent bien que ce qui l’intĂ©resse ici, c’est plus l’esprit qui règne dans ce quartier de Boston que l’intrigue policière. Le rĂ©alisateur dĂ©peint parfaitement la proximitĂ© entre les personnes du quartier et son isolement du reste de la ville, tout en s’attachant Ă  ses personnages. A Charlestown, on est braqueur et si on se fait pincer, mieux vaut crever que d’aller en prison. Du coup, on se fout bien du plan pour le prochain braquage pour ne nous intĂ©resser qu’aux personnages.

Alors qu’il avait mit son frère en scène dans Gone Baby Gone, Ben Affleck s’est cette fois-ci octroyĂ© le rĂ´le principal du braqueur au grand cĹ“ur. Un rĂ´le qui lui sied parfaitement, de part son caractère, rĂ©servant une part d’ombre mais aussi de gentillesse propre Ă  Ben Affleck (qui ne pourrait pas jouer un mĂ©chant). Du coup, il confie la tache du bad boy Ă  un Jeremy Renner violent et imprĂ©visible (qui confirme le bien qu’on penses de lui depuis DĂ©mineurs). A cĂ´tĂ©, les autres sont un peu plus effacĂ©s, que ce soit Rebecca Hall ou John Hamm. Mais on remarquera tout de mĂŞme les prestations de Chris Cooper (qui n’a qu’une scène, mais une scène intense sur la relation père-fils Ă©voquĂ©e, ou l’on sent bien que pour eux, la prison, c’est l’horreur) et Pete Postlethwaite.

Mais n’ayez crainte, ce n’est pas parce que Ben Affleck s’intĂ©resse avant tout Ă  ses personnage qu’il oublie de filmer ses scènes de braquage correctement. Au contraire, celles-ci sont bien pensĂ©es et intenses. Sans avoir besoin de nous montrer tout le plan Ă  la Ocean’s, il entre dans le vif du sujet et, Ă  dĂ©faut de grande originalitĂ© (en cela il respecte bien les codes), se rĂ©vèle d’une sacrĂ©e efficacitĂ©. On regrettera seulement quelques touches d’humour pas forcĂ©ment bienvenues Ă  certains instant et diminuant l’impact dramatique et la tension du film.

Avec The Town, Ben Affleck confirme donc qu’il est un rĂ©alisateur sur lequel on peut dĂ©sormais compter, honnĂŞte dans on propos comme dans sa mise en scène, naviguant avec une grande justesse et habilitĂ© dans ces histoires intimistes et authentiques, montrant un aspect peu connu de certaines banlieues amĂ©ricaines avec des personnages attachants.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 15/09/2010 Ă  09:38 | #1

    IntĂ©ressant, tu es plus enthousiaste que d’autres. Et tu donnerais quelle note ?

  2. 15/09/2010 Ă  15:46 | #2

    Oui Ă  quel point faut-il le voir ?

  3. FredP
    15/09/2010 Ă  15:57 | #3

    @Vance & @Caroline oh, je lui mettrai bien 7.5/10. MĂŞme si ce n’est pas un grand film, c’est un bon film, efficace et honnĂŞte qui vaut le coup d’Ĺ“il.

  4. Noel
    23/09/2010 Ă  18:54 | #4

    Si c’est effectivement pas le film de l’annĂ©e – chose que j’aurai pu dire de Gone Baby Gone si il n’Ă©tait pas sorti en 2007 – ça reste un film efficace je suis bien d’accord.

    Ce que j’ai aimĂ© particulièrement c’est que comme dans Gone (que j’ai adorĂ© donc), ce film est imprĂ©gnĂ© d’un lieu mais aussi de son Ă©poque. J’avais un peu envie et un peu peur de me retrouver devant Heat II, mais c’Ă©tait sans compter sur la fraicheur de Ben Affleck qui distille son affect pour les US white trash a grand coup de survĂŞts, de budweiser et de stigmates sociaux habilement filmĂ©s.

    On sent bien que le personnage de Ben n’est pas Ă  l’aise dans un Starbucks Ă  essayer de charmer la miss et tout ça n’empiète pas sur le rythme du film – ça lui donne toute sa richesse. Idem pour le personnage de Jeremy Renner (qui crève l’Ă©cran d’ailleurs), un cas social bien de notre Ă©poque, un vrai lascar vicieux et incontrĂ´lable sans ĂŞtre un clone de Joe Pesci, qui implique que GTA a bien eu la peau de Mario Puzzo et que le polar amĂ©ricain peux sortir de l’ombre du Parrain et de ses dinosaures … sans se compromettre en mettant en scène The Rock.

    Donc j’ai bien aimĂ© Gone, et puis j’aime bien Heat aussi, si c’est pareil pour vous et que vous voulez un polar rĂ©aliste et pas rĂ©tro, sans s’attendre Ă  Un Prophète non plus, ça vaux largement le dĂ©tour selon moi.