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Machete, critique

posté le 03/12/2010 ChrisC

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Ola, burritos et bad muchachos, venez découvrir comment Robert Rodriguez nous raconte une histoire mexicaine. Ou comment l’une des gueules burinées les plus mémorables du cinéma d’action arrive enfin en tête d’affiche.

Flics ripoux, gardes frontières complètements extrémistes, politiciens couards et véreux et enfin sympathiques clandestins venant faire tous les sales boulots de l’Amérique : MACHETE est au-delà de son personnage principal marquant (magnifique Danny Trejo), une tranche de vie social et humaniste sur les soumis et les puissants de ce monde. Néanmoins, la réalité dépeinte ici se révèle au cours de l’histoire, bien édulcorée par rapport aux événements survenant à la frontière américano-mexicaine. Et le tableau trop fun risque fort d’en laisser plus d’un sur le bord de la route.

Pour cette fable violente d’un manichéisme plutôt amusant mais qu’il vaut mieux embrasser d’entrée de jeu, prémunissez-vous également de votre meilleur second degré afin d’apprécier ce désopilant et très auto-parodique MACHETE. A l’origine, pour ceux qui étaient dans le coma ces derniers mois, MACHETE était une bande-annonce singeant les films d’actions américains types western des temps modernes dont raffolent Quentin Tarantino et Robert Rodriguez (pour ne pas dire « pillent abondamment »).

L’histoire est celle d’un homme sans nom et plutôt silencieux (si cela vous fait pensez à quelqu’un…) ancien policier mexicain trahit par son administration, laissé pour mort par un puissant trafiquant de drogue. Vivant de petits boulots peu enviables, il devient petit à petit un genre de redresseur de torts/soldat de fortune. Traversant la frontière pour gagner sa vie, il se voit un offrir un contrat juteux et simple : éliminer un sénateur gênant. La tâche se révélera une étape dans le complot ourdi par la pègre locale très impliquée dans la région (non non, ne vous inquiétez pas tout ceci ne vous gâchera en rien le plaisir de l’histoire). Au passage, l’homme à la machette va croiser une amazone vendeuse de burritos qui aide les immigrés clandestins et un agent des frontières au grand cœur qui tentera de faire la lumière sur tous ces événements ainsi que le dirigeant d’une milice de gardes-frontières zélés plutôt excités.

Comme Ă  son habitude, Robert Rodriguez Ă©gaie un scĂ©nario simple par des personnages charismatiques incarnĂ©s par des acteurs (que dis-je, des Guests-Stars : Robert DeNiro, Steven Seagal, Don Johnson, Lindsay Lohan, Michelle Rodriguez, Jessica Alba,…) qui le sont tout autant. Et ils ont tous leur part Ă  jouer dans cette fresque mexicaine, ne se cantonnant pas juste Ă  des apparitions de 2 secondes n’apportant rien Ă  l’histoire, ce qui crĂ©e une mixitĂ© et une richesse gĂ©niale pour le spectateur.

Après, le format de MACHETE est clairement le film d’action post-western-pseudo-série B, car finalement, aucun élément du film nous fait comprendre que cette production est autant un nanar que les 2 GRINDHOUSE Boulevard de la Mort et Planète Terreur (oui faut-il préciser que MACHETE tenait en un trailer jouissif de 3 minutes s’intercalant normalement entre les 2 films projeté originellement à la suite !) : on est vraiment face à un « vrai » film parodique, mais qui se prend au sérieux. Là où l’intérêt des 2 précédentes productions résidaient dans l’hommage plus que manifeste (les Tarantino ne sont-ils pas toujours un patchwork d’influences asiatiques, western, polar US des années 50-70, séries Z & B ??) aux films à budget plus modeste, MACHETE débute comme un bon gros pastiche, se transmutant rapidement en une banale histoire de règlement de comptes. Se faisant, une bonne poignée de personnages vivent et meurent dans un second degré constant, très bon enfant voire indispensable pour digérer les 60 dernières minutes du film.

Cette galerie de personnages hauts en couleur, corrompus, vaniteux et irrationnels pour les hommes, sexy en diable, fortes et débrouillards pour les femmes n’est bientôt qu’un élément de plus, cliché dans le cliché. Oui c’est la « grande trouvaille » scénaristique des 20 dernières années : et si au lieu de donner le rôle de potiche aux femmes dans les films d’actions à burnes, on leur donnait le pouvoir ? Oui mais voilà, ça n’étonne plus personne. Et surtout dans MACHETE qui se promettait un grand moment de gros bras vengeur affectionnant plus particulièrement les armes blanches aux flingues, on s’attendait à un film d’action pur Bad Ass, un peu marrant évidemment, avec tout ce que Rodriguez sait apporter d’ambiance cool & fumante (Une Nuit en Enfer, Desperado,…).

Au final, le message politique qui donne à réfléchir aurait été malvenu dans une tout autre production sans prise de tête mais ici, vu qu’on passe à côté du spectacle western débilisant, il se révèle un sérieux plus pour aimer ce long-métrage jusqu’au bout.

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