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The Irishman, Requiem pour les gangsters

posté le 04/12/2019

L’un des films les plus attendus de ces dernières annĂ©es arrive enfin. Et l’attente ne doit pas dĂ©cevoir. Normal quand Scorsese, De Niro et Pacino sont rĂ©unis. Et voilĂ  que ça dĂ©barque sur Netflix et ce n’est pas forcĂ©ment le film de gangsters que l’on attendait… mais tant mieux car the Irishman propose un requiem du genre.

Martin Scorsese qui rassemble Robert De Niro, Al Pacino, Joe Pesci et Harvey Keitel dans un film de gangster… tout le monde attendait ça depuis Casino. Enfin pas tout le monde puisque les studios, devant le budget Ă©levĂ© que reprĂ©sente la post-production du film, ont tournĂ© le dos au cinĂ©aste qui n’a plus trouvĂ© que Netflix pour oser s’aventurer dans l’Ă©popĂ©e fleuve de the Irishman.

AdaptĂ© du livre sur l’homme de main Franck Sheeran qui aurait tuĂ© Jimmy Hoffa que De Niro a fait dĂ©couvrir Ă  Scorsese, the Irishman revient sur 40 ans d’histoire pendant 3h30 … mais centrĂ©e vraiment sur trois personnage au crĂ©puscule de leurs vies.

Le film commence par un plan sĂ©quence comme Scorsese l’avait fait pour les Affranchis … Ă  ceci près qu’il se dĂ©roule dans une maison de retraite pour aboutir sur un De Niro vieilli prĂŞt Ă  nous raconter sa vie et ses remords. Oui, le message est clair, le rĂ©alisateur ne va pas traiter son sujet avec le dynamisme et la dynamique des affranchis, ni de manière opĂ©ratique comme l’Ă©tait Casino. Non, avec the Irishman sera un film qui prendra son temps et qui regardera la vie passer.

Adieu les gangsters

C’est ainsi que pendant 3h30 nous allons dĂ©couvrir la vie de Franck Sheeran et son entrĂ©e dans la pègre, homme de main qui n’a pas Ă  mener sa vie et qui se fera diriger par les autres. Un format long, d’autant plus que le film reste très intimiste et on y sent clairement les longueurs. Mais c’est un complètement adaptĂ© au sujet du temps qui passe, des disparitions qui vont clairsemer la vie et des regrets qui vont y ĂŞtre associĂ©s.

En ce sens, la dernière partie du film verse pleinement dans une mĂ©lancolie douce-amère, Ă©mouvante, inĂ©dite dans le cinĂ©ma de Scorsese. La fin forcĂ©e d’une amitiĂ©, une famille qui s’est dĂ©tournĂ©e de son patriarche, une fin seule et misĂ©rable … voilĂ  toute la tristesse qui nous envahi pour un gangster qui a vĂ©cu trop longtemps.

Au delà du maquillage numérique

Si le rĂ©alisateur s’approprie le matĂ©riaux pour en faire le requiem touchant du film de gangster, qui permet d’oublier la technique parfois loupĂ©e mais souvent bluffant, il ne faut pas oublier les acteurs qui portent cette histoire. Enfin nous avons un De Niro investi et qui, s’il n’arrive pas Ă  nous faire oublier sa dĂ©marche de 70 ans mĂŞme lorsqu’il incarne le Sheeran de 50 avec le maquillage numĂ©rique le moins rĂ©ussi, donne Ă  Ă©mouvoir dans sa solitude. Mais ce son surtout Al Pacino et Joe Pesci qui retiennent l’attention. Avec un processus de de-aging incroyable sur les deux acteurs, le premier vole le show dès son apparition charismatique avec son personnage obstinĂ© et aveugle au système alors que le second vĂ©hicule une douceur qu’on ne lui connaissait pas.

Bien entendu, avec sa longueur et son cĂ´tĂ© intimiste, son visionnage Ă  la tĂ©lĂ© sur Netflix n’est pas optimal, mais il n’empĂŞche que the Irishman est un superbe portrait intimiste doublĂ© d’un adieu Ă©mouvant d’une troupe Ă  un genre qui aura marquĂ© le cinĂ©ma. En somme, l’un des plus beaux drames de l’annĂ©e.

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